L'agriculture dans la région de Fès-Meknès moins affectée par la sécheresse
La deuxième région de production céréalière du Maroc a moins souffert que la plupart des autres régions. Le constat est dressé par le responsable de la direction régionale de l’Agriculture, Kamal Hidane. Ainsi, sur les 660.000 ha semés en céréales cette année, 25% à 30% sont considérés comme "médiocres à perdus". Et la situation peut évoluer favorablement avec la pluviométrie enregistrée ces derniers temps.
A l’origine, la région est réputée pour le savoir-faire des agriculteurs qui ont adopté, massivement, des variétés de semences résistantes à la sécheresse, et des itinéraires techniques mieux adaptés. "C’est particulièrement le cas de l’orge et du blé dur", précise Kamal Hidane.
Ce qui explique également le report des enquêtes d’évaluation des inspecteurs de l’assurance agricole. Celles-ci ne devraient démarrer que vers fin avril. Au total, pas moins de 156.000 ha de céréales sont couverts, lors de cette campagne, par l’assurance agricole multirisques.
Néanmoins, le programme de réduction de l’impact du retard des pluies vient d’être lancé dans la région. Dans une première tranche, il porte sur la distribution de 190.000 quintaux d’orge subventionnée et de 11.375 q d’aliments composés. L’opération est également appuyée par la vaccination et le traitement de 3,9 millions de têtes d’ovins et caprins.
S’ajoutent aussi le traitement de 56.000 ruches contre la varroase, la création et l’équipement de 15 points d’eau pour l’abreuvement du cheptel, la distribution de 9 citernes tractées ainsi que l’aménagement et la réhabilitation de 103 km de seguias.
Fait marquant de cette campagne, les surfaces menées en semis direct ont fait preuve de résilience accrue à la sécheresse, même en comparaison avec des parcelles irriguées.
Pour la saison actuelle, le programme du semis direct de la région a porté sur 12.400 ha, pour un total national de 50.000 ha.
"Et la technique devrait être généralisée à 200.000 ha au niveau régional d’ici 2030", anticipe Kamal Hidane.
Le semis direct est en effet une technique qui permet le maintien de la fertilité et l’humidité du sol, et repose sur l’installation des cultures par des semoirs spécifiques, sans avoir recours au travail de préparation du sol avant le semis. Elle permet l’amélioration des rendements des céréales de 30% en moyenne et leur stabilisation notamment en année sèche, la réduction des coûts d’installation des céréales de 60%, des doses de semis de 30% ainsi que la limitation de l’érosion du sol de plus de 50%.
Avec une contribution de 21,1% au PIB agricole national, la région de Fès-Meknès occupe le 2e rang après Casablanca-Settat. Ceci s’explique par ses atouts en termes de diversité du climat, de fertilité des sols et de savoir-faire de ses agriculteurs.
Ces potentialités confèrent à la région un cadre approprié à l’investissement, et favorisent une diversité des filières de production agricole. Céréales, arboriculture fruitière, légumineuses et maraîchage distinguent la région avec des niveaux de production performants.
Avec 360.000 ha de plantations d’olivier, Fès-Meknès réalise en moyenne une production annuelle de près de 550.000 tonnes, soit le tiers du volume national. Cette proportion atteint 35% pour les autres variétés arboricoles comme la pomme, la poire, la vigne…
En ce qui concerne les légumineuses, la région arrive en tête avec 40% de la superficie nationale, et la réalisation de 34% de la production, soit près de 80.000 tonnes. Le maraîchage n’est pas en reste. Il assure une production annuelle de plus de 1 million de tonnes sur une superficie de 33.850 ha. En particulier les oignons et les pommes de terre.
Le Plan Maroc vert (PMV) a constitué le principal vecteur de développement du secteur de l’agriculture dans la région, au cours de la dernière décennie. Le bilan qui s'en dégage fait ressortir une valeur ajoutée de 17,6 milliards de DH, en forte hausse de 70% par rapport à la date du lancement de la stratégie agricole (2008).
A fin 2019, le montant des investissements agricoles réalisés avait atteint 19 milliards de DH, dont 60% assuré par l’Etat et 40% par les opérateurs privés. L’apport public en termes d’investissement a concerné tous les maillons des filières, depuis l’aménagement et l’équipement des exploitations jusqu’à la valorisation et l’exportation des produits.
S’agissant de l’agriculture solidaire, 159 projets ont été réalisés avec un investissement public de 2,4 milliards de DH, au profit d’environ 96.000 bénéficiaires. Ces investissements ont concerné la plantation de 122.000 ha et la mise en place de 62 unités de valorisation des produits agricoles.
à lire aussi
Article : Bourse de Casablanca : les minières sauvent un semestre marqué par la correction du marché (bilan)
Après un semestre marqué par une correction du marché, quelles valeurs ont résisté ? Quels secteurs ont tiré leur épingle du jeu ? Et où les investisseurs ont-ils concentré leurs échanges ? Voici le bilan des six premiers mois de 2026 à la Bourse de Casablanca à travers les principales performances de la cote.
Article : Textile : le déficit de main-d’œuvre dans la confection pèse sur les exportations
Les exportations textiles reculent de 9,1% à fin mai 2026, une baisse que les perturbations logistiques du premier trimestre ne suffisent plus à expliquer. L’aggravation de la baisse en avril et mai montre que le problème dépasse désormais le seul facteur logistique. La cause principale est aujourd’hui le déficit de main-d’œuvre, qui pèse directement sur la production, les délais de livraison et la capacité des entreprises à honorer leurs commandes.
Article : Traitement de l'eau. Le britannique Hydro Industries s'implante au Maroc avec Hydro Services Morocco
Le britannique Hydro Industries Limited s’implante au Maroc avec la création de Hydro Services Morocco, une SAS au capital de 1 MDH dédiée aux métiers du traitement de l’eau, de l’assainissement et du dessalement.
Article : Le Maroc face au choix du Rafale : les clés d'un arbitrage géopolitique contre le tout-américain
Si la volonté d'éviter une dépendance exclusive envers les États-Unis est réelle, l'équation budgétaire et le défi du nombre face à la flotte d'Alger imposent un examen attentif des réalités du terrain.
Article : Maroc-Chine : en attendant le Sahara, la relation bilatérale économique s'accélère
Dix ans après l'établissement d’un partenariat stratégique entre Rabat et Pékin au cours de la visite royale en Chine en 2016, l’ambassadrice chinoise au Maroc a célébré cet événement en déclarant que les relations économiques bilatérales ont connu une progression exceptionnelle. Si les perspectives industrielles et touristiques apparaissent plus que prometteuses, la question d'une éventuelle reconnaissance chinoise de la marocanité du Sahara au Conseil de sécurité de l'ONU demeure toujours entourée de précautions diplomatiques. Explications.
Article : IDE : le flux net progresse de 41,8% à fin mai 2026
Les investissements directs étrangers (IDE) au Maroc poursuivent leur progression à fin mai 2026. Porté par une hausse des recettes et un recul des dépenses, leur flux net atteint 23.319 MDH, en hausse de 41,8% par rapport à la même période de 2025. Dans le même temps, les investissements directs marocains à l’étranger (IDME) enregistrent également une nette progression.