Forte baisse attendue des superficies réservées aux cultures du printemps
Le programme des cultures du printemps est-il déjà compromis ? La question n’est pas encore tranchée bien que certaines régions affichent un déficit accentué dans le lancement de ces cultures. En particulier dans les zones du bour favorable où sont généralement cultivées les céréales tardives et les légumineuses. C’est principalement le cas des régions au Sud de Casablanca déjà considérées comme sinistrées.
La période couvrant les mois de janvier-février qui coïncide avec le lancement des travaux du sol pour l’installation de ces cultures s’est révélée pratiquement sèche. C’est ce qui a découragé de nombreux agriculteurs à investir dans ces cultures, après avoir subi de grosses pertes en céréales d’automne.
Baisse des superficies des légumineuses
Selon les estimations de sources professionnelles, la superficie des légumineuses alimentaires qui porte généralement sur 400.000 ha sur l'ensemble du territoire atteindra tout au plus, cette année 300.000 ha, soit un plongeon de 25%.
Outre l’absence des pluies durant la période propice d’installation des cultures du printemps, le manque d’intérêt observé par les agriculteurs s’explique aussi par le renchérissement des intrants, notamment les semences des légumineuses, les fertilisants et les produits de traitement. Et certains d’entre eux préfèrent réserver leurs terres au parcours pour l’élevage.
Par espèces, les légumineuses restent dominées par la fève qui accapare 56% de la surface dédiée car elle en assure 64% du rendement total. Elle est suivie par le pois chiche (19%), les lentilles (12%%) et les petits pois (11%).
La filière est présente dans toutes les régions agricoles du pays, avec une grande concentration dans le Nord. Elle prédomine en particulier dans les zones du Saïss, le Rif, le Gharb et la Chaouia. La production moyenne annuelle est d'à peine 3,2 millions de quintaux et le rendement moyen à l'hectare ne dépasse pas les 8 quintaux à l’hectare.
Les cultures du printemps portent également sur les oléagineux, notamment le tournesol et le maïs. Or si la première est cultivée, en alternance dans la région du Gharb, le maïs n’est rentable qu’avec l’irrigation d’appoint durant le début d’été.
Espoirs portés sur les maraîchages
Mais la mise peut être sauvée par la filière maraîchère. Avec ces pluies de printemps, le secteur, selon ses deux composantes de cultures de plein champ et sous serres pourrait largement assurer, aussi bien, en ce qui concerne l’approvisionnement du marché local qu’à l’export.
Pomme de terre, tomates, oignons, courgettes, haricot vert, pastèque, melon et divers légumes enregistrent une tendance favorable, rassurent des sources professionnelles de la région du Souss-Massa.
Présente dans toutes les régions du Maroc, la filière maraîchère joue un rôle important au plan socio-économique.
C'est une source majeure d’emploi avec 60 millions de journées de travail par an (12,2% du secteur agricole) et un levier de rentrée de devises avec plus 12 milliards DH par an (42% des exportations agricoles). Elle assure la satisfaction des besoins du pays à hauteur de 100%.
Le maraîchage de primeurs contribue à hauteur de 26% à la production maraîchère. La région du Souss-Massa arrive en tête avec 57% de la production. Elle est suivie par Rabat-Salé-Kénitra(17%), Casablanca-Settat (8%) et le reste par le Nord. La production destinée à l’export couvre 15% de la superficie maraîchère, soit environ 1,4 million de tonnes.
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