Les répercussions économiques de la guerre en Ukraine pour l’Afrique et le Maroc (Policy Center)
Alors que l’économie mondiale est déjà aux prises avec la crise du Covid-19 et les tendances inflationnistes, le conflit russo-ukrainien risque de jeter de l’huile sur le feu. Le think tank Policy Center analyse les retombées économiques de cette guerre pour l’Afrique et le Maroc.
L’invasion russe en Ukraine aura des retombées, et non des moindres, sur l’économie africaine et sur celle du Maroc, indique le think tank Policy Center dans une récente note d’analyse. "Mauvais timing" pour l’Afrique, qui se remet à peine de la crise du Covid-19 et des tendances inflationnistes mondiales.
Une situation défavorable bien avant la guerre
Les perspectives économiques de l’Afrique n’étaient déjà pas favorables avant l’invasion russe en Ukraine. L’Afrique demeure encore très exposée à la pandémie, et selon la Banque mondiale (2022), le revenu par habitant dans la plupart des pays africains restera inférieur aux niveaux pré-pandémiques, au moins jusqu’en 2023, explique le Policy Center.
L’inflation médiane, poursuit le think tank, a été annoncée à 5,1% en glissement annuel à la fin de l’année 2021. L’Afrique, notamment du Nord, est particulièrement touchée par les prix élevés des denrées alimentaires, alors même que celles-ci représentent près de 40% du budget des ménages dans de nombreux pays.
Les niveaux de pauvreté, mesurés à 1,90 dollar par jour, sont passés de 34% avant la pandémie à 39%, d’après les perspectives économiques en Afrique (2021).
Selon la classification de la Banque africaine de développement (BAD), les 43 pays africains importateurs d’énergie souffrent aussi indirectement des prix élevés du charbon, du gaz et du pétrole, car ils augmentent les coûts de production des engrais et des denrées alimentaires qui sont tous deux à forte intensité énergétique.
Un impact économique d’abord mondial
Même s’il est difficile de prévoir l’impact économique exact du conflit actuel, cette guerre nuira globalement à l’économie mondiale. Et pour cause, les belligérants sont des acteurs majeurs dans les secteurs mondiaux de l’énergie, de l’alimentation et des engrais.
La Russie joue un rôle central sur les marchés de l’énergie : ses exportations représentent respectivement environ 11% et 9% des importations mondiales de pétrole et de gaz. Elle représente également 5% des importations mondiales de céréales et 24% de celles de blé.
De plus, les exportations russes d’huile de tournesol sont également essentielles pour le marché mondial, car elles représentent 23% des importations universelles de ce produit. La Russie est par ailleurs le premier fournisseur au monde d’engrais et l’un des premiers fournisseurs de métaux, notamment de palladium, de nickel et d’aluminium.
L’Ukraine s’accapare quant à elle 6,7% des importations mondiales des huiles végétales et 6% des céréales.
Des retombées mitigées en Afrique
En Afrique, ce sont les pays exportateurs d’énergie qui tireront plutôt profit de la guerre actuelle, note le Policy Center. Sur les 54 pays que compte l’Afrique, 11 sont de grands exportateurs d’énergie et les autres sont des importateurs nets d’énergie ou en quasi-autosuffisance, explique le think tank.
L’Algérie, l’Angola et le Nigéria sont les trois grands pays qui exportent l’énergie, alors que l’Egypte et l’Afrique du Sud sont les deux pays les plus proches de l’auto-suffisance.
Ces Etats tireront d’importants bénéfices de la hausse des cours du pétrole et du gaz recensée ces dernières semaines, prévoit le Policy Center, bien qu’ils n’échapperont pas à la hausse des prix des denrées alimentaires. Leurs économies dépendent tout de même des importations mondiales des produits comestibles.
L'impact peut atteindre 1 à 2 points du PIB au Maroc
Sur le plan économique, le conflit russo-ukrainien se fera fortement sentir au Maroc, le royaume étant exportateur à la fois d’énergie et de denrées alimentaires.
Le Maroc est ainsi la plus grande économie africaine qui devra subir un choc négatif important suite à cette guerre, selon le Policy Center. Preuve à l’appui, ses importations de pétrole, de gaz et de charbon ont représenté 6,4% du PIB en 2019.
Le royaume est également un gros importateur de céréales. Le coût des céréales importées en tant que part du PIB s’élevait à 1,4% en 2019, mais en raison d’une mauvaise récolte attendue en 2022, les importations pourraient être deux fois plus importantes.
Cela signifie que l’effet combiné de la hausse des cours du pétrole et des céréales, s’il se maintient, pourrait coûter au Maroc entre 1% et 2% du revenu national cette année, conclut le Policy Center.
À découvrir
à lire aussi
Article : La météo du lundi 13 juillet
Voici les prévisions météorologiques établies par la Direction générale de la météorologie pour le lundi 13 juillet 2026: - Temps assez chaud sur l’Oriental, la […]
Article : Electricité : le Maroc accélère ses interconnexions avec l’Europe… et vers le Sud
Le réseau d'interconnexions électriques entre le Maroc et la péninsule Ibérique fait l'objet de nouvelles études de développement par le Portugal et l'Espagne. En parallèle de ces liaisons transméditerranéennes, dont l'utilité technique a été constatée lors de la panne du réseau espagnol en 2025, le Maroc œuvre pour l'extension de ses infrastructures vers le sud en direction de la Mauritanie.
Article : Déraillement de Bouskoura : la condamnation de l'ex-Lydec à indemniser l'ONCF devient définitive
La Cour de cassation a rejeté les deux pourvois de la SRM Casablanca-Settat contre sa condamnation à verser près de 62 millions de DH à l'ONCF pour le déraillement du train Atlas n°610 en 2019. Après le rejet du recours de son assureur quelques mois plus tôt, ce contentieux de près de six ans prend fin.
Article : Ghita Mezzour : “Il ne faut pas mettre toutes les vagues de licenciements actuelles sur le compte de l’IA”
L'ancienne ministre de la Transition numérique, aujourd'hui à la tête du cabinet DecisiveAI, est revenue sur son passage au gouvernement et sur l'impact de l'intelligence artificielle sur l'emploi, à l'occasion du 12/13 de Médias24. Elle met en garde contre les licenciements précipités attribués à l'IA et plaide pour une meilleure appropriation de cette technologie par les entreprises marocaines.
Article : Législatives : le PPS dévoile la liste de ses principaux candidats
Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a dévoilé une première vague de ses candidats aux prochaines élections législatives, couvrant près de 90% des circonscriptions électorales.
Article : En images, arrivée de l'équipe nationale de football à l'aéroport de Rabat-Salé
L'équipe nationale de football a été accueillie à l'aéroport de Rabat-Salé par de nombreux supporters venus saluer les joueurs et leur exprimer leur soutien après leur participation à la Coupe du monde.