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Le gouvernement et le Crédit Agricole déploient le programme anti-sécheresse

Ce programme va servir plusieurs axes pour réduire l’impact de la sécheresse sur l’agriculteur et sauvegarder le capital animal et végétal.

Le gouvernement et le Crédit Agricole déploient le programme anti-sécheresse

Le 23 février 2022 à 10h34

Modifié 23 février 2022 à 13h24

Ce programme va servir plusieurs axes pour réduire l’impact de la sécheresse sur l’agriculteur et sauvegarder le capital animal et végétal.

Une présentation détaillée du programme de réduction des effets du déficit pluviométrique sur la campagne agricole actuelle a été faite, mardi 22 février, lors de la rencontre organisée par le ministère de l’Agriculture avec les chambres d’agriculture et les interprofessions agricoles.

Ce programme, de 10 milliards de dirhams, a pour objectif de sauvegarder les ressources animales et végétales et de maintenir les équilibres dans le monde rural. Il se décline en trois axes : l’appui au capital animal et végétal (3 MMDH), l’assurance multirisques climatique (1,12 MMDH) et l’offre de financement du groupe Crédit Agricole du Maroc (6 MMDH).

L’opération a déjà commencé, puisque les appels d’offres ont déjà été lancés. Les premières ouvertures de plis auront lieu vers la fin de cette semaine, a déclaré Mohamed Sadiki, le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, au micro de Médias24.

3 milliards de dirhams pour l’appui au capital animal et végétal

Cet axe se déploie en 7 volets :

–  L’orge subventionnée. Cette action, qui coûtera 1,5 milliard de dirhams, consiste à approvisionner le marché en orge (7 millions de quintaux) à un prix subventionné de 2 DH. La première tranche se déroulera dans les trois prochains mois et fournira 3,1 millions de quintaux.

–  Les aliments fourragers composés. Ce volet coûtera 600 millions de dirhams. Il vise à limiter la baisse notable dans la production de lait. Il consiste à approvisionner 400.000 quintaux d’aliments composés subventionnés pour les vaches laitières. D’autre part, une subvention pour l’importation des vaches laitières sera octroyée afin de reconstituer le cheptel.

–  La santé animale. D’un coût de 300 millions de dirhams, cette opération consistera à traiter les cheptels ovin et caprin (27 millions de têtes) contre les intoxications intestinales et les parasites internes et externes. Elle comprendra également le traitement de 650.000 ruches d’abeilles contre le Varroa, en plus d’un programme de recolonisation des abeilles.

–  L’équipement et le rééquipement des périmètres de petite et moyenne hydraulique. Cette action coûtera 255 MDH. Sachant que le coût du programme initial du ministère était de 223 MDH, l’enveloppe totale en 2022 sera de 478 MDH.

–  L’abreuvement du bétail. Ce volet coûtera 195 millions de dirhams. Il comprend la création de nouveaux points d’eau (110 MDH), la réhabilitation des points d’eau (54 MDH), l’acquisition des citernes en plastique (16 MDH), la réparation des camions et des citernes (8 DH), l’acquisition des camions remorques (8 MDH) et l’acquisition de camions citernes (2 MDH).

–  L’irrigation d’appoint des arbres. D’un montant de 121 millions de dirhams, cette opération concerne 55.000 hectares d’arbres fruitiers qui ont moins de 5 ans.

–  L’aménagement des pâturages. Pour 26 millions de dirhams, cette opération concerne une superficie de 9.600 hectares.

Le reste pour l’assurance et le financement

Le deuxième axe concerne l’assurance multirisques climatique. Le capital assuré atteint un montant de 1,12 MMDH pour 1 million d’hectares. D’autre part, l’indemnisation des exploitations sinistrées va s’accélérer. « Nous allons accélérer pour que l’indemnisation de l’assurance commence dès le mois d’avril, au lieu du mois de juillet », a déclaré Mohamed Sadiki à Médias24.

Le troisième axe vise à accompagner les agriculteurs et les éleveurs à travers une offre de financement du groupe Crédit Agricole du Maroc. Elle se déploie en trois volets :

–  La mobilisation de 6 milliards de dirhams supplémentaires pour les crédits à travers 4 produits. Tariq Sijilmassi, président du directoire du groupe Crédit Agricole du Maroc, nous en donne les détails (vidéo ci-dessous) :

  • Kssiba, pour permettre à l’agriculteur d’acquérir l’aliment de bétail ;
  • Filaha rabiia, pour permettre à l’agriculteur de replanter afin de préparer la saison du printemps ;
  • Vaches laitières, pour reconstituer le cheptel de vaches laitières et aider l’agriculteur à reconstituer son capital en important des génisses ;
  • Lgharss, pour aider l’agriculteur dans ses plantations d’arbres fruitiers. « Le problème n’est pas encore visible, il le sera quand ils arriveront à floraison (oléiculture, agrumes).

Ce montant pourra financer également l’approvisionnement du marché en grains et aliments fourragers.

« Il y a des vases communicants entre ces produits : s’il pleut en mars, la priorité sera donnée aux cultures printanières. S’il ne pleut pas, c’est l’achat des aliments composés de bétail qui prendra le dessus », a déclaré Tariq Sijilmassi.

–  Le deuxième volet concerne le rééchelonnement de la dette des agriculteurs (petits et moyens). Tariq Sijilmassi a expliqué à Médias24 qu’une réflexion est entamée pour trouver des solutions à l’endettement de l’agriculteur, à travers des moratoires, afin de diminuer le poids financier de la dette dans la conjoncture. 

Car le défi, pour lui, s’inscrit aussi à moyen et long termes, notamment en pensant à redémarrer pendant l’année agricole 2022-2023. « Il ne faut pas que nous arrivions avec des agriculteurs épuisés et que nous ayons par la suite des phénomènes d’exode rural », prévient-il.

–  Le dernier volet concerne le financement des investissements innovants qui visent à renouveler les ressources hydriques.

L’important est de passer un message de solidarité avec le monde rural et les agriculteurs, et de leur montrer que dans cette situation difficile, ils ne sont pas seuls.

Tariq Sijilmassi, P.-DG du groupe Crédit Agricole du Maroc : « Nous sommes tous solidaires avec le monde rural. Tout doit être mis en place pour lui permettre de traverser cette période et de redémarrer la saison suivante dans les meilleures conditions. »

40 ans que le Maroc n’a pas connu pareille situation

Ce programme intervient dans le contexte d’une année marquée par un déficit pluviométrique atteignant un niveau que le Maroc n’a pas connu depuis 1981, selon le ministre de l’Agriculture Mohamed Sadiki. Ce déficit a durement impacté les cultures d’automne, les pâturages et, de manière générale, la végétation.

Il s’agit d’un manque de précipitations mais aussi de stocks d’eau dans les barrages, puisque le niveau de remplissage des barrages est très bas, selon les chiffres communiqués par le ministre. « Aujourd’hui, le taux de remplissage au niveau national est à 32%. C’est un taux trompeur car si l’on ne prend pas en compte les régions du Gharb et du Loukkos, nous sommes à seulement 12% de taux de remplissage en moyenne pour le reste des régions », signale-t-il.

« Nous avons cessé l’irrigation à partir des eaux des barrages dans plusieurs provinces ; il ne reste plus que l’irrigation à partir des eaux souterraines pour préserver le capital des arbres », ajoute le ministre.

Jusqu’à mi-février, les précipitations étaient de 76 mm, en baisse de 67% en comparaison avec la moyenne des trente dernières années (234 mm), et en baisse de 64% par rapport à l’année précédente. Le déficit est compris entre 45% et 97% selon les régions. Autrement dit, toutes les régions sont concernées.

Rachid Benali, premier vice-président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (COMADER), a encore l’espoir de précipitations qui permettent de sauver la mise. « S’il y a de la pluie dans les prochains jours, on peut dire que la campagne n’est pas ratée », affirme-t-il à Médias24 (vidéo ci-dessous). 

D’après lui, les cultures printanières peuvent compenser, notamment le tournesol, le pois chiche, les melons et l’arboriculture, alors que les pâturages pourraient réduire les charges d’alimentation du bétail pour les éleveurs.

Lahbib Bentaleb, président de la Fédération des chambres d’agriculture du Maroc, est quant à lui satisfait de ce programme. « Ces mesures contribueront, sans doute, à soulager les conséquences négatives du retard des précipitations. Elles vont aussi contribuer à sauver le cheptel et à stabiliser le prix du bétail et des aliments fourragers », estime-t-il (vidéo ci-dessous).

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