Débat autour du délai d’injection de la 3e dose après l’infection au Covid
Combien de temps faut-il attendre pour effectuer la 3e dose après une infection au Covid ? Quatre semaines après la maladie, comme préconisé par le ministère de la Santé, ou au moins trois mois, comme suggéré par les épidémiologistes, afin de profiter de son effet booster ? Le sujet fait débat.
Le délai d’injection de la 3e dose du vaccin anti-Covid après une infection fait débat. La durée de quatre semaines a été évoquée, tandis que des scientifiques et épidémiologistes expliquent qu’il faut attendre au minimum trois mois avant d’effectuer la D3.
"Un délai conditionné par l’amélioration de l’état de santé du patient"
Contactée par nos soins, une source nous explique la position du ministère de la Santé : "L’injection de la 3e dose de rappel doit se faire quatre semaines après l’infection au Covid, à la condition de l’amélioration de l’état de santé du patient."
"Ainsi, une fois diagnostiquée positive au Covid, une personne n’ayant développé qu’une forme bénigne de la maladie doit attendre quatre semaines pour se faire administrer la 3e dose. Les personnes ayant fait un long séjour en réanimation ou en soins intensifs, ou celles encore malades quatre semaines après l’infection, ne sont pas concernées par ce délai."
"Le délai d’injection de la 3e dose après l’infection au Covid est donc conditionné par l’état de santé du patient, c’est-à-dire quatre semaines, à condition que son état clinique s’améliore. Le compteur démarre le jour du diagnostic. On compte deux semaines de la maladie, en plus de deux semaines de sécurité, ce qui fait un total de quatre semaines."
Après combien de temps l’état de santé d’une personne ayant développé une forme grave de la maladie peut-il s’améliorer ? "C’est au cas par cas", fait savoir notre source. "Certaines personnes ressentent encore de la fatigue après l’infection, mais reprennent leurs activités et leur travail par exemple. Celles-ci peuvent se faire vacciner sans aucun problème. D’autres, qui ont encore besoin de soins intensifs ou d’un suivi chez un pneumologue, ou celles ayant encore des difficultés respiratoires après ce délai de quatre semaines, ne peuvent pas se faire vacciner. Elles doivent attendre que leur état de santé s’améliore. Il y a donc des gens qui ont besoin de quelques jours supplémentaires, d’autres d’une semaine ou de trois semaines…", conclut notre interlocuteur. Tout dépend de l’état de santé du patient après l’infection.
"Trois mois après l’infection pour profiter de l’effet booster"
Des scientifiques et épidémiologistes estiment, quant à eux, que pour bénéficier de l’effet booster de la 3e dose, l’injection de celle-ci ne devrait se faire que trois mois après l’infection au Covid. C’est le cas du Dr Saïd Afif, président d’Infovac-Maroc, et de Jaâfar Heikel, professeur d’épidémiologie et spécialiste des maladies infectieuses.
Joint par nos soins, le Dr Afif nous précise que "pour une personne ayant été infectée par le Covid entre la première et la seconde dose, le délai à attendre pour se faire administrer la 2e dose est de quatre semaines si elle a eu une forme bénigne de la maladie. En revanche, si elle développe une forme grave de la maladie, qui nécessite la réanimation ou un séjour en soins intensifs, ce délai est de trois mois après l’infection, le temps de récupérer", ajoutant que "lorsque l’on contracte la maladie, on est déjà protégé à hauteur de 85%".
"Lorsqu’une personne contracte le Covid entre la 2e et la 3e dose, les études ont démontré que le délai à attendre après l’infection est de trois mois minimum avant d’effectuer la dose booster, afin de profiter de ses avantages."
Même réponse du Pr Heikel. Contacté par Médias24, il nous confie que "les données scientifiques montrent que l’immunité post-infection, et particulièrement à l’ère d’Omicron, donne une protection extrêmement importante, qui est du même niveau que la protection post-vaccin".
"Plus précisément, quelqu’un qui a reçu une dose vaccinale plus une infection au Covid a le même niveau de protection qu’une personne ayant effectué deux doses du vaccin. De la même manière, deux doses du vaccin en plus d’une infection au Covid, cela équivaut à trois doses."
"Ce niveau de protection, que ce soit après le vaccin ou après l’infection, est estimé en moyenne de quatre à six mois. Nous avons en moyenne une protection qui dure 200 jours", souligne-t-il, insistant sur le fait qu’il s’agit là d’une "moyenne". "Certains sont protégés durant une période plus courte ; d’autres pendant une période plus longue."
"Néanmoins, les nouvelles études scientifiques sur les variants Delta et Omicron ont montré que cette protection baissait déjà à partir du quatrième mois."
Et d’ajouter : "En fin de compte, sur le plan épidémiologique et scientifique, le fait d’effectuer un boost un mois après l’infection n’a aucun sens. Nous savons que la protection dure au minimum quatre mois, voire six mois."
"Au niveau de notre unité de soins à la clinique à Casablanca, où nous avons suivi des centaines de patients, nous avons remarqué que la protection durait entre 65 et 300 jours, avec une moyenne de protection de 108 jours."
"À l’échelle internationale, les pays étrangers ont également constaté une baisse de la protection au bout de quatre mois. C’est pour cette raison qu’il faut attendre au moins trois mois avant d’effectuer une dose booster. C’est simplement pour une raison relative à la baisse des anticorps neutralisants", conclut-il.
à lire aussi
Article : Khalil al-Hayya élu à la tête du bureau politique du Hamas
Le Hamas a élu Khalil al-Hayya à la présidence de son bureau politique, en remplacement du défunt Yahya Sinwar, selon un communiqué publié sur son compte officiel Telegram. Le nouveau dirigeant s'est imposé avec 35 voix, contre 34 pour l'ancien chef du mouvement, Khaled Mechaal.
Article : Médicaments : la réforme des prix relance le dossier de la rémunération à l’acte
Le projet de décret révisant les prix des médicaments pourrait rouvrir un chantier longtemps resté en suspens : celui de la rémunération à l'acte pharmaceutique, qui permettrait de payer le pharmacien pour la dispensation et le conseil, et non plus seulement à travers sa marge sur les médicaments. Selon nos informations, cette piste est actuellement examinée avec les autorités concernées.
Article : Créances en souffrance : où en est le projet de marché secondaire ?
Le projet de loi encadrant la cession directe des créances a été transmis au Secrétariat général du gouvernement. Alors que leur stock atteint actuellement 102,3 milliards de DH, Bank Al-Maghrib travaille en parallèle sur les volets fiscal, judiciaire et prudentiel nécessaires à la création de ce marché.
Article : Tafilalet-Figuig : 1.276 zones minières cherchent preneurs
Le ministère relance son appel à concurrence pour attribuer des permis miniers dans cette vaste région de l’Est marocain. Le dispositif, fortement élargi, couvre désormais près de 27.000 km² et impose de nouveaux engagements sociaux et environnementaux aux candidats.
Article : Bologne : la mort d’un Marocain lors d'une arrestation secoue l’Italie
Installé en Italie depuis plus de trente ans, Abderrahim Fakir a perdu la vie le 19 juillet sous les yeux de ses voisins. Retour sur un drame qui ébranle la péninsule italienne.
Article : Bank Al-Maghrib chiffre l’effet d’éviction du financement public sur le crédit au secteur privé
Bank Al-Maghrib estime qu’une hausse de l’encours des actifs publics détenus par les banques, équivalente à un point de PIB, est associée, à long terme, à une baisse de 0,79 point de PIB du crédit aux entreprises privées. Un chiffrage officiel du canal bancaire de l’effet d’éviction, alors que le privé peine encore à prendre le relais de l’investissement public.