Tourisme: Les conditions d'accès au Maroc seront la clé de la reprise (Bentahar)
Après l’annonce de la réouverture prochaine des frontières aériennes, le président de la Confédération nationale du tourisme rappelle la nécessité de rassurer les visiteurs et opérateurs étrangers sur la pérennité de cette décision, et de proposer des modalités d’accueil qui ne les découragent pas. Explications.
Visiblement satisfait de la décision gouvernementale de rouvrir les frontières le 7 février, Hamid Bentahar se veut toutefois prudent quant aux modalités de sa mise en œuvre.
Simplifier la procédure d’accueil
"La Confédération nationale du tourisme (CNT) ne peut que se féliciter de cette excellente nouvelle qui répond à la demande répétée depuis deux mois de l’ensemble de l’écosystème du tourisme, mais le plus important sera de mettre en œuvre des conditions d’accès au territoire qui soient satisfaisantes en interne et aussi à l’international", explique-t-il.
"Si ces conditions sont simples et fluides, l’activité, qui mettra quoi qu’il advienne un certain temps à reprendre, pourra s’accélérer. Mais si on remet les mêmes conditions d’accès qu’avant la fermeture, par exemple obliger un voyageur étranger testé positif à l’arrivée à reprendre l’avion pour rentrer chez lui, certaines compagnies aériennes ne seront pas tentées de desservir à nouveau le Maroc", met en garde le président de la CNT.
"Pour cela, il faudra rester vigilant au niveau sanitaire en mettant en place un protocole d’accueil simplifié qui a fait ses preuves dans les destinations concurrentes du Maroc, qui réclament à leurs visiteurs un certificat de vaccination valable, assorti d’un test PCR négatif de moins de soixante-douze heures", ajoute notre interlocuteur.
Rassurer les partenaires
"Le deuxième levier consistera à pérenniser cette décision de réouverture, en mobilisant tous les efforts au niveau sanitaire pour ne plus jamais avoir à refermer nos frontières", ajoute Bentahar. Il faudra, d'après lui, assurer aux partenaires étrangers (T.O., compagnies aériennes…) qu’il n’y aura plus de retour en arrière.
Concernant l’agenda de reprise d’activité, le président avance qu'il dépendra des conditions d’accès qui seront annoncées avant la réouverture effective des frontières prévue pour le lundi 7 février.
"Si elles sont conformes à ce qui se fait partout ailleurs, et qu’il n’est plus question de refermer nos frontières, il est probable que les compagnies aériennes reviendront progressivement l’été prochain."
"En réalité, les conditions d’accès sont plus importantes que la décision d’ouverture, car il est nécessaire de rétablir la confiance pour ces transporteurs étrangers qui ont plus que jamais besoin de visibilité", avance Bentahar en tablant, dans l’idéal, sur un niveau d’activité correct pour la saison estivale.
Cette décision va permettre au secteur de se remettre à travailler certes, cependant le président de la CNT tient à préciser que les destinations concurrentes du Maroc ont déjà réussi à atteindre 60% du taux d’activité de la période pré-crise de 2019.
Il faut intégrer les opérateurs exclus au plan d’urgence
"Pour revenir au plus vite sur la scène touristique mondiale, il ne faudra pas oublier de mettre en œuvre le récent plan d’urgence en intégrant les opérateurs exclus des aides bancaires et fiscales, comme les agents de voyages et les restaurateurs qui sont des maillons essentiels de la chaîne de notre industrie".
"Ce sont en effet les agents de voyages qui contribueront, avec l’ONMT et la RAM, à reconquérir marché par marché et à rétablir la confiance avec nos partenaires internationaux. Idem pour les restaurateurs touristiques, dont l’écosystème aura grandement besoin lors du retour effectif des visiteurs étrangers", conclut Bentahar en insistant sur la nécessaire intégration de ces opérateurs essentiels à la reprise.
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