Le 11e congrès de l'USFP commence vendredi dans un contexte favorable à Lachgar
Après l’annulation des recours en justice pour suspendre ou reporter la tenue du 11e congrès de l’USFP, le congrès du parti de la rose aura bien lieu les 28, 29 et 30 janvier. Les détails sur les enjeux, les candidats potentiels et le processus électoral.
À la veille du 11e congrès de l’USFP, le clan du leader sortant, Driss Lachgar, qui militait pour son maintien sont rassurés. Le rejet, le jeudi 27 janvier, des actions en justice pour reporter le congrès leur assure de voir le premier secrétaire se présenter et, pourquoi pas, remporter un 3e mandat. L'un des candidats, Abdelkrim Benatiq a même décidé de se retirer en signe de protestation, selon un communiqué qu'il a publié.
Contacté par nos soins, Mehdi Mezouari, fidèle parmi les fidèles de Driss Lachgar, indique ne pas avoir été surpris par la décision de justice qui a maintenu la tenue du congrès aux dates prévues.
« Le principal enjeu du résultat de ce congrès sera de se préparer aux élections de 2026 »
"Sachant que nous avions respecté toutes les procédures d’organisation du congrès, conformément à notre règlement interne et à la loi sur les partis, nous étions vraiment persuadés d’avoir gain de cause.
C’est d'ailleurs la raison pour laquelle la décision du tribunal n’a aucunement constitué une surprise pour nous", confie Mezouari visiblement satisfait du verdict.
Interrogé sur les enjeux de ce rendez-vous électoral qui a lieu tous les cinq ans, l’ancien député de Mohammédia nous explique que le principal défi sera d’ordre politique en vue de se positionner pour l’avenir.
« C’est un enjeu de refonte du discours et de la ligne politique du parti qui va nous permettre de réfléchir, et surtout de déterminer le positionnement à adopter à l’issue de la législature qui vient de commencer", avance-t-il.
Pour résumer, il s’agira donc de préparer le terrain politique pour les élections de 2026 où le parti de la rose "vise les premières places".
"À ce propos, l’USFP a beaucoup de chances d’être le premier parti de notre échiquier politique à renouveler ses instances dirigeantes dans le cadre d’un congrès, pour être vraiment prêt le jour venu", ajoute notre interlocuteur.
"Sachant que la vie d’un parti comme l’USFP n’est pas uniquement liée à des rendez-vous électoraux, nous allons également avoir le temps de mettre en place des stratégies de réseautage et d’ouverture avec la société civile et le secteur économique, pour être en mesure de présenter un programme qui colle à leurs aspirations", dévoile le membre du bureau politique. Mehdi Mezouari laisse entendre que 2026 sera l’année du grand retour de l’USFP aux affaires et au gouvernement.
Driss Lachgar certainement candidat, les opposants libres de se présenter
Du côté des opposants au clan Lachgar, le rejet des recours en justice a été plutôt mal accueilli, et sitôt les décisions de justice tombées, Abdelkrim Benatiq a publié un communiqué annonçant le retrait de sa candidature au poste de premier secrétaire.
Pour rappel, Hasnae Abouzaid avait, quant à elle, tenu un point de presse le 24 janvier pour déclarer le maintien de son intention de se porter candidate, tout en dénonçant les conditions dans lesquelles est prévu le congrès, qui "ne sont pas convenables pour une élection saine et démocratique".
En effet, elle avait notamment accusé Driss Lachgar d’avoir "fait main basse sur le parti en éliminant et en éloignant toutes les voix dissonantes".
Mehdi Mezouari a commenté que les opposants de Lachgar étaient libres de maintenir ou de retirer leur candidature dans le cadre de la compétition et du challenge démocratique.
« Qu’ils se désistent ou qu’ils se maintiennent, ce n’est pas vraiment le plus important car, au final, c’est le résultat du scrutin qui déterminera le bien-fondé de leur candidature », précise Mezouari.
À la question de savoir si Driss Lachgar avait montré des signes en faveur d’une troisième candidature au poste de premier secrétaire, notre interlocuteur a affirmé que "la base du parti en faveur de ce scénario était chaque jour de plus en plus large, sans compter la majorité du bureau politique qui est pour un troisième mandat".
« Il n’a pas encore pris sa décision finale mais comme il est très sensible aux demandes réitérées par l’ensemble des militants, je pense qu’il se présentera à nouveau pour le leadership du parti de la rose », avance sans rire Mezouari, en ajoutant que tout le monde sera fixé dès le 1er jour du congrès, ce vendredi 28 janvier.
Les différents candidats ont en effet jusqu’au vendredi 28 janvier pour déposer leur dossier "devant une commission qui devra étudier plusieurs paramètres avant de valider ou rejeter chacun des dossiers de candidature ", précise notre interlocuteur.
Le nom du nouveau premier secrétaire sera connu samedi après-midi
Sur le déroulé du congrès qui se tiendra au palais des congrès de Bouznika du 28 au 30 janvier, Mezouari nous explique que le premier jour d’ouverture sera consacré à la lecture et à l’adoption du rapport moral et financier du mandat écoulé.
"Après avoir révélé le nombre de candidats admis à participer au scrutin, la présidence du congrès va mettre en place des commissions thématiques qui discuteront du rapport organisationnel et politique."
Le lendemain matin, samedi 29 janvier, sera lancé le vote du premier secrétaire, dont le nom sera connu après les votes dans chacune des douze régions et celle des Marocains du monde.
« Après avoir recueilli les votes d’un millier de congressistes, il y aura une opération de dépouillement devant les caméras et les journalistes, avant de transmettre les résultats à la présidence du congrès qui annoncera le nom du nouveau premier secrétaire, mais aussi des 300 élus du conseil national, et enfin des 12 secrétaires régionaux, dans l’après-midi ou en début de soirée, le samedi 29 janvier », conclut Mezouari en indiquant que la dernière journée du congrès donnera lieu à une déclaration finale.
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