Rapport. Voici les cinq risques encourus par le Maroc en 2022 et 2023
L’érosion de la cohésion sociale, les crises des moyens de subsistance et la dégradation de la santé mentale sont considérés comme les menaces parmi les plus préoccupantes pour le monde au cours des deux prochaines années. Au Maroc, la crise des ressources naturelles s’annonce comme étant le risque le plus saillant durant cette même période.
Le Forum économique mondial (Forum de Davos) a publié, mardi 11 janvier, la 17e édition du rapport sur les risques mondiaux (2022). Ils dévoilent les résultats de la dernière enquête sur la perception des risques mondiaux dans le contexte des perspectives mondiales actuelles.
Un sondage d'opinion a été effectué auprès des dirigeants dans 124 économies étudiées par le Forum économique mondial, entre mai et septembre 2021. Plus de 12.000 dirigeants ont ainsi répondu à la question suivante : « Quels sont les cinq risques qui constitueront une menace pour votre pays au cours des deux prochaines années ? »
Sur la base des réponses à cette question fournies par les personnes sondées, les principaux risques auxquels fera face le Royaume pendant les deux prochaines années, par ordre de préoccupation, sont les suivantes : la crise des ressources naturelles, la crise de l'emploi et des moyens de subsistance, la prolongation de la stagnation économique, l'inégalité digitale, le conflit inter-étatique et le risque d'événements météorologiques extrêmes.
Au niveau mondial et selon les personnes interrogées, les risques sociétaux et environnementaux se sont le plus aggravés depuis le début de la pandémie. Seulement 11% des personnes interrogées pensaient que le monde connaîtrait une reprise mondiale accélérée vers 2024, tandis que 89% percevaient les perspectives à court terme comme volatiles, fracturées ou de plus en plus catastrophiques.
Au moins 84% des répondants ont exprimé des sentiments négatifs à l'égard de l'avenir. Un pessimisme omniprésent pourrait créer un cycle de désillusions qui rende l'action galvanisante encore plus difficile, notent les auteurs du rapport.
D'autre part, « l'érosion de la cohésion sociale », les « crises des moyens de subsistance » et la « dégradation de la santé mentale » sont trois des cinq risques considérés comme les menaces les plus préoccupantes pour le monde au cours des deux prochaines années.
La santé de la planète reste quant à elle une préoccupation constante. Les risques environnementaux, en particulier les « conditions météorologiques extrêmes » et « l'échec de l'action climatique », apparaissent comme les principaux risques dans les perspectives à court, moyen et long termes.
À moyen terme, des risques économiques tels que des « crises de la dette » et « l'éclatement d'une bulle d'actifs » apparaissent également, tandis que les gouvernements luttent pour équilibrer les priorités budgétaires.
À long terme, les personnes interrogées signalent à nouveau que les risques environnementaux ont le potentiel de causer le plus de dommages aux personnes et à la planète, suivis par les défis sociétaux. Les « crises de la dette » et les « affrontements géoéconomiques » figurent également dans le top 10 des risques par gravité au cours des dix prochaines années.
Une déception quant à l'efficacité des efforts internationaux d'atténuation des risques
D'autre part, les points de vue des personnes interrogées sur 15 domaines de gouvernance différents témoignent d'une grande déception quant à l'efficacité des efforts internationaux d'atténuation des risques.
La « facilitation du commerce », la « criminalité internationale » et les « armes de destruction massive » ont été classées comme les domaines où les efforts fournis ont été les plus efficaces, mais seulement par 12,5% des répondants.
En revanche, « l'intelligence artificielle », « l'exploitation de l'espace », « les cyberattaques transfrontalières et la désinformation » et « la migration et les réfugiés » ont été considérés, par la plupart des répondants, comme les domaines où l'atténuation internationale n'a pas commencé.
Une reprise divergente menace la prospérité à long terme pour tous
Le défi le plus sérieux est la stagnation économique. Les perspectives macroéconomiques restent faibles : l'économie mondiale devrait être inférieure de 2,3% d'ici 2024 à ce qu'elle aurait été sans la pandémie. Les prix des produits de base, l'inflation et la dette augmentent aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement.
Parallèlement aux déséquilibres du marché du travail, aux politiques protectionnistes et aux disparités croissantes en matière d'éducation et de compétences, les retombées économiques de la pandémie risquent de diviser le monde en trajectoires divergentes.
La dépendance croissante vis-à-vis des systèmes numériques, intensifiée par la réponse au Covid-19, a fondamentalement modifié les sociétés. Dans le même temps, les menaces de cybersécurité se multiplient et dépassent la capacité des sociétés à les prévenir ou à y répondre efficacement. Alors que les attaques deviennent de plus en plus graves et ont un impact plus large, des tensions déjà vives entre les gouvernements touchés par la cybercriminalité et les gouvernements complices de leur commission augmenteront, à mesure que la cybersécurité deviendra un autre point de divergence, plutôt que de coopération, entre les États-nations.
D'autre part, la conséquence la plus immédiate de l'augmentation de l'activité spatiale est un risque plus élevé de collision entre les infrastructures géocroiseurs et les objets spatiaux, ce qui pourrait affecter les orbites sur lesquelles reposent les systèmes clés de la Terre, endommager de précieux équipements spatiaux ou déclencher des tensions internationales dans un domaine avec peu de structures de gouvernance.
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