Industrie et commerce : les messages de Mezzour aux patrons

Le ministre de l'Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, était l'invité de la Confédération générale des entreprises du Maroc, lundi 6 décembre, pour une séance de travail. L'occasion pour le patronat, les différents directeurs de commissions et de fédérations d'interpeller le ministre sur différentes problématiques.

Industrie et commerce : les messages de Mezzour aux patrons

Le 6 décembre 2021 à 20h54

Modifié 7 décembre 2021 à 13h37

Le ministre de l'Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, était l'invité de la Confédération générale des entreprises du Maroc, lundi 6 décembre, pour une séance de travail. L'occasion pour le patronat, les différents directeurs de commissions et de fédérations d'interpeller le ministre sur différentes problématiques.

Ryad Mezzour a déjà rencontré plusieurs fédérations industrielles depuis qu’il a été nommé ministre de l’Industrie et du commerce. Mais il s’agit là de sa première rencontre avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Elle a eu lieu en présence des membres du Conseil national de l’entreprise (CNE), pour discuter des moyens aptes à rendre les secteurs productifs plus attractifs pour les investisseurs.

L’occasion, pour le patron des patrons, de revenir sur des messages importants à l’adresse du nouveau ministre, et pour le ministre, de rappeler deux principaux chantiers des cinq prochaines années, dans lesquels le privé est appelé à jouer un rôle majeur « avec le soutien de l’Etat ». Il s’agit de l’engagement de créer un million d’emplois, dont l’essentiel est porté par le secteur privé, et l’importance de garantir la souveraineté nationale dans plusieurs secteurs. Un domaine dans lequel le tissu productif national, privé et public, joue un rôle majeur.

Sur ce dernier point, le ministre explique que « c’est un chantier qui exige de nous d’intégrer plusieurs paramètres, comme le renforcement de notre capacité de production en profondeur pour que nous soyons en mesure de répondre à différents enjeux. Vous n’êtes pas sans savoir que la crise des semi-conducteurs a fait perdre environ 10 à 15 milliards de DH d’export cette année. Avec la pandémie et tout ce qui s’est passé, le fait de ne pas disposer de principes actifs, en termes d’industrie pharmaceutique, pourrait nous empêcher de répondre à certains besoins », explique-t-il.

« C’est une gestion active de notre stock et de notre capacité de production, et cette réflexion, nous devrions la mener ensemble », plaide encore le ministre.

La « War Room » et la « politique de substitution » laissent place à « la task force de la souveraineté industrielle »

Le ministre a également mis le focus sur le renforcement d’une production locale compétitive. « Le projet de substitution des importations était axé sur la compétitivité. Il y avait non seulement des objectifs de substitution dedans, mais les projets n’étaient pas acceptés s’ils n’avaient pas aussi un objectif d’export et de possibilité de se mesurer à la concurrence internationale », rappelle le ministre, en donnant un bilan actualisé de ce projet qui a démarré sous le mandat de son prédécesseur.

Ainsi, à fin septembre 2021, 683 projets ont été retenus pour un potentiel de substitution de 42,4 MMDH et 53,5 MMDH pour un potentiel d’export. « C’est dire l’appétence, votre appétence, et celle de vos membres. En un an à peine, on a largement dépassé les objectifs de 70% », commente le ministre.

« Ce ne sont pas que des projets : 70% des investisseurs ont acquis ou sécurisé le foncier et commencé à construire. Ce sont donc des projets qui se matérialisent avec un potentiel de création de milliers emplois », poursuit-il.

Plus important encore : 90% des projets sont portés par du capital marocain. « Ce qui montre un basculement et un retour des investisseurs nationaux vers l’industrie », tient à préciser le ministre.

Dans le sillage de ce qui précède, le ministre fait savoir que le ministère change de terminologie pour s’aligner sur le nouveau modèle de développement. Ainsi, on ne parle plus de banques de projets de substitution ou de « War Room », mais plutôt de Task Force pour la souveraineté industrielle.

Le message de Chakib Alj à Mezzour

Beaucoup de choses sont attendues de la part du secteur privé. Mais les patrons attendent également en retour des mesures concrètes pour encourager et inciter l’investissement.

« Malgré les avancées réalisées ces dernières années, nos industries et commerces continuent à faire face à différents défis, et ce depuis bien avant le Covid-19, qui n’a fait qu’accentuer certaines problématiques liées, par exemple, aux coûts de la matière première et des facteurs de production (énergie, foncier et logistique), ou encore à l’accès au financement, pour n’en citer que quelques-unes », avance Chakib Alj.

« L’avenir de notre économie est dans l’industrie. Il est aujourd’hui essentiel de faire en sorte que les secteurs productifs soient plus attractifs, en instaurant un cadre favorable et en mettant en place des incitations et un accompagnement adéquats. Les orientations sont bien tracées et la volonté est là. Il est temps de passer à la vitesse supérieure pour ne pas manquer la fenêtre de tir qui s’offre à nous de répondre largement aux besoins des consommateurs marocains », insiste le président de la CGEM, en énumérant plusieurs mesures concrètes devant le ministre :

  • Lier les programmes de financement et de subvention de l’État à un niveau d’intégration locale. En effet, afin de renforcer la compétitivité des écosystèmes industriels existants, il est important de développer l’intégration de bout en bout, partant de la matière première jusqu’au produit fini.
  • La deuxième mesure consiste à changer les codes de la commande publique de manière à stimuler la demande et à promouvoir le Made in Morocco en donnant une chance aux TPME. Afin d’atteindre ces objectifs, nous préconisons par exemple de supprimer les critères discriminants omniprésents dans les appels d’offres publics.
  • Développer un label « contenu marocain certifié » dans une démarche qualité pour son obtention, basée sur la valeur ajoutée locale.
  • L’application de la réciprocité des barrières non tarifaires liant le Maroc avec les autres pays, la surveillance des marchés et le contrôle aux frontières.
  • À court terme, deux mesures sont proposées, à savoir amender la loi 60-17 de la formation professionnelle, et créer de nouveaux types de centres de compétences public-privé.
  • La libéralisation du marché de la Moyenne Tension et la promotion de l’autoproduction en énergie propre, avec une capacité de réinjection dans le réseau, peuvent contribuer à atteindre l’objectif d’un coût de 0,5 dh/kWh fixé par le nouveau modèle de développement à horizon 2035, contre 1,07 dh/kWh actuellement.
  • La décarbonation de l’industrie marocaine, à la veille de l’entrée en vigueur du Green Deal au sein de l’Union européenne.
  • Faciliter l’accès, que ce soit en termes de vente ou de location, et faire en sorte qu’il soit raccordé à l’ensemble des infrastructures requises par les industriels.

Par ailleurs, Chakib Alj a également soulevé la problématique des délais des paiements, appelant le ministre à contribuer à rendre effectives des solutions dans ce sens, car « les entreprises sont en souffrance ».

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