Tourisme : la suspension des vols d'EasyJet, une nouvelle tuile pour les fêtes de fin d’année
EasyJet a décidé de suspendre tous ses vols à destination du Maroc, et ce jusqu'à janvier 2022. Différents acteurs du tourisme craignent que d'autres compagnies suivent son exemple pour ne pas avoir à rapatrier, à leur charge, les passagers testés positifs.
Depuis le début de la crise, le tourisme en aura vu de toutes les couleurs, et le moins que l’on puisse dire est que ce secteur vital n’est pas un long fleuve tranquille, mais plutôt une montagne à gravir indéfiniment. Explications.
Sans alternative des autorités, EasyJet a étendu sa décision de suspendre ses vols vers le Maroc
Ainsi, quelques jours après la décision des autorités marocaines d’obliger les compagnies aériennes à rapatrier à leur charge tous leurs passagers testés positifs à l’arrivée dans les aéroports du Maroc, le transporteur EasyJet a, dans un premier temps, décidé d’annuler ses vols entre le 25 et le 30 novembre avant d’étendre, lundi 22 novembre, cette suspension des liaisons jusqu’à janvier 2022.

En effet, la compagnie a décidé d’étendre la période d’arrêt de ses vols, après avoir constaté que le Maroc n’avait pas assoupli ses conditions d’entrée en proposant une solution satisfaisante pour tous.
Contactée par nos soins, la compagnie a confirmé avoir suspendu ses vols à destination du Maroc.
« Les passagers de la compagnie ont commencé à annuler leur séjour hôtelier au Maroc »
Selon plusieurs hôteliers de Marrakech joints par Médias24, des clients qui avaient réservé un séjour dans leurs établissements, pour la période des fêtes du 26 décembre au 2 janvier, les ont contactés pour annuler leur réservation, après avoir été avisés par EasyJet de l’arrêt de ses dessertes vers le Maroc.
« Dès qu’ils ont reçu un courriel les informant de l’impossibilité de les transporter, ces clients, qui avaient payé à l’avance leur séjour, ont demandé le remboursement pour trouver une autre destination qui n’impose pas autant de conditions sanitaires », nous explique le gérant d’un grand hôtel de la ville ocre.
« Des vols supprimés qui sont en train de vider des hôtels presque complets pour les fêtes »
"Pour la seule journée du lundi 22 novembre, ce sont 9 vols d'EasyJet vers Marrakech qui ont été annulés, soit au moins 400 vols par mois avec toutes les autres destinations (Essaouira, Agadir, Fès…)."
Sachant que ces vols étaient presque complets, avec des dizaines de milliers de passagers à la clé, la reprise tant espérée a été une nouvelle fois suspendue par une décision des autorités prise sans aucune concertation préalable avec les opérateurs, et notamment les hôteliers. Ces derniers, qui avaient déjà réalisé un taux de remplissage minimal de 60%, tablaient sur un chiffre d’au moins 90%, voire 100% durant les fêtes.
« Le retrait d’EasyJet du Maroc pourrait faire boule de neige »
De plus, notre interlocuteur, qui a préféré garder l'anonymat comme tous ses confrères interrogés, se dit très inquiet de l’effet boule de neige susceptible d'être provoqué par la décision du transporteur anglais. En effet, d'autres compagnies aériennes, comme Ryanair ou Transavia, pourraient être tentées de suivre l’exemple de leur concurrent.
"Si jusqu’à aujourd’hui aucun passager n’a été testé positif dans nos aéroports, en cas de découverte d’un seul cas, le risque peut s’avérer important pour les transporteurs qui seront obligés de le rapatrier", précise notre hôtelier en ajoutant que cette nouvelle règle d’admission est simplement inapplicable.
« Une règle d’admission et de rapatriement totalement impraticable »
"En effet, sachant qu’aucun commandant de bord ou simple voyageur n’acceptera de voyager aux côtés d’une personne positive, son rapatriement s’avérera tout simplement impossible à réaliser, d’autant plus que quelle que soit la compagnie, celle-ci ne risque pas de mobiliser un avion pour un seul passager.
Si nous comprenons la volonté des autorités de préserver la santé de nos concitoyens en évitant d’importer des cas qui provoqueraient une nouvelle vague de contaminations, il y a cependant lieu de s’inspirer de nos concurrents comme l’Espagne ou Dubaï qui ont tous prévu des lieux de confinement."
« Un confinement à la charge des passagers éviterait une chute brutale des arrivées »
"À l’image de ce qui avait été fait au Maroc durant le pic de la vague Covid, ces hôtels médicalisés accueilleront pendant une période donnée ces cas positifs qui s’acquitteront des frais d’hébergement et de nourriture.
Sans assouplissement, il y aura une chute brutale des arrivées, car les vols de fin d’année annulés par EasyJet étaient tous complets, mais devant l’absence de réaction du Maroc, la compagnie les a annulés pour orienter ses avions vers d’autres destinations moins contraignantes", avance notre source qui n’exclut pas que le transporteur prolonge, bien après janvier, sa décision d’arrêt des vols vers le Maroc.
La ministre de tutelle essaye de régler le problème avec un protocole alternatif
Sollicitée en dernier lieu pour nous expliquer la position de son département et nous faire part des solutions envisagées pour régler ce problème qui risque de saboter les fêtes de fin d’année, la ministre du Tourisme, qui était en réunion, nous a fait une réponse laconique, bien qu'encourageante.
"Nous sommes conscients de la situation et sommes en train de travailler sur un protocole alternatif", a indiqué Fatim-Zahra Ammor.
En d’autres termes, sachant qu’elle n’est pas à l’origine de la décision ayant entraîné l’arrêt des vols de la compagnie EasyJet, la ministre essaye de convaincre ses collègues des ministères de l’Intérieur et de la Santé d’assouplir la nouvelle restriction, en adoptant peut-être un confinement à la charge du passager…
Quoi qu’il advienne, une solution devra être trouvée pour essayer de sauver les fêtes de fin d’année même si au final, un taux d’occupation hôtelier de 100% durant la haute saison des fêtes de fin d’année, n’aura pas de véritable effet bénéfique sur le bilan annuel qui ne dépassera pas les 20% de remplissage …
À découvrir
à lire aussi
Article : Incivilités : le CESE propose un plan national pour changer les comportements
Du trottoir aux stades, en passant par les services publics, l’institution présidée par Abdelkader Amara dresse un état des lieux sévère des usages de l’espace commun. Son avis, présenté le mercredi 10 juin, met en cause autant l’éducation, l’application des règles que la gestion de proximité.
Article : Marhaba 2026 : le Maroc modernise le poste-frontière de Bab Sebta
À quelques heures du coup d’envoi de l’opération d’accueil des MRE, la nouvelle zone d’entrée a été ouverte dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 juin 2026, après plusieurs mois de travaux. La voie de sortie reste, elle, provisoirement en service avant une nouvelle phase de réhabilitation prévue après l’été.
Article : Santé : lancement effectif du groupement sanitaire territorial Casablanca-Settat
Réuni le mercredi 10 juin à Casablanca sous la présidence de Aziz Akhannouch, le premier conseil d’administration a adopté le programme d’action et le budget 2026 de cette nouvelle structure, appelée à piloter une offre publique de soins qui compte 376 établissements de santé primaire et près de 4.943 lits dans la région la plus peuplée du Royaume.
Article : Industrie : à Jorf Lasfar, Falcon veut produire le graphite qui manque au Maroc
Sans graphite, pas de batterie électrique. C’est ce maillon discret, mais indispensable, que Falcon Energy Materials veut produire à Jorf Lasfar. Retardée par l’arrivée d’équipements depuis la Chine, son usine pilote s’apprête à démarrer. Mais avant la grande unité prévue à l’horizon 2028, l’entreprise doit franchir l’étape qui décidera de tout : convaincre les industriels de la batterie que le produit marocain peut entrer dans leurs chaînes d’approvisionnement. Voici tout ce qu'il faut savoir sur ce grand pari industriel pour le Maroc.
Article : Exclusif. OCP reprend sa pleine cadence de production, transformant la crise en opportunité
Depuis quelques semaines, le groupe OCP est scruté de près à cause d’un contexte tendu. Crise d’Ormuz, hausse du soufre, des milliards contractés en dette, annonce de réduction de la production… Le tout assoit l’idée que le groupe traverse une crise sans précédent. La réalité est plus nuancée et plus intéressante. Fin mai, le groupe a pris une décision qu’il nous a confirmée en exclusivité : remonter à 100% de ses capacités de production d’engrais d’ici fin juin. Une annonce à rebours de toutes les lectures faites jusque-là. Révélations.
Article : Batteries électriques. La Chine défend ses investissements au Maroc et nie tout contournement commercial
EXCLUSIF. Les investissements chinois au Maroc dans les batteries et les composants destinés aux véhicules électriques continuent d’alimenter les inquiétudes en Europe. Contactée par Médias24, l’ambassade de Chine défend une coopération industrielle alignée sur la stratégie du Royaume, tandis que la Commission européenne ne les remet pas en cause par principe, mais affirme surveiller les flux commerciaux, les structures de production et le respect des règles d’origine.