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AGRICULTURE

Semis-direct : un million d’hectares ciblés en 2030 pour un coût global de 1,1 milliard de DH

Intensifier les superficies des céréales semées sans recours aux labours, c’est le challenge porté par le gouvernement. L’objectif est d’atteindre 1 million d’hectares en semis-direct d’ici 2030, soit environ 25% des surfaces réservées actuellement aux céréales. Le coût global du projet est évalué à 1,1 milliard de DH et la valeur ajoutée attendue atteindrait 1,6 MMDH.

Semis-direct : un million d’hectares ciblés en 2030 pour un coût global de 1,1 milliard de DH
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Le 16 novembre 2021 à 12h58 | Modifié 17 novembre 2021 à 9h43

Pour l’actuelle campagne, le ministère de l’Agriculture a programmé 50.000 ha répartis sur les régions de Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat, Fès-Meknès, Marrakech-Safi et Beni Mellal-Khénifra.

Avec ce programme, "la tutelle entend promouvoir une agriculture durable et éco-efficiente, conformément aux dispositions de la nouvelle stratégie Génération Green 2020-2030", est-il souligné.

Et pour cause, le Maroc étant un pays semi-aride, l’adoption des techniques économes de la ressource hydrique est un choix incontournable pour s’inscrire dans la durabilité. L’orientation s’accommode également de la nouvelle stratégie Génération Green. Dans ce sens, le semis-direct des céréales est l’un des packages technologiques qui a montré son efficacité, dans les zones arides et semi-arides.

La technique désigne un mode d’installation des cultures sans recours aux travaux des sols. Ce qui permet la sauvegarde des micro-organismes ainsi que la conservation de l’humidité du sol. Pratiquée par des semoirs spécifiques, cette technique assure aussi des gains substantiels en termes de rendement et de réduction des coûts d’exploitation.

Une série de mesures incitatives et d’accompagnement

L’amélioration du rendement des céréales est estimée à plus de 30% en moyenne, avec leur stabilisation notamment en année sèche. Et la réduction des coûts d’installation des cultures est de 60%. La réduction des quantités des semences par rapport aux techniques conventionnelles peut aussi atteindre 30%. Il en est de même de la sauvegarde des terres contre l’érosion des sols, dont l’incidence pourrait être réduite de moitié.

Pour promouvoir le projet, le gouvernement a mis en place une série de mesures incitatives et d’accompagnement. Il s’agit de subventions dans le cadre du Fonds de développement agricole (FDA) pour l’acquisition des semoirs de semis-direct. Le coût d'un semoir de taille moyenne fabriqué au Maroc s'élève à  120.000 DH alors les prix des semoirs importés varient entre 180.000  et 300.000 DH. L’aide peut atteindre 50% du coût du matériel. Mais elle est plafonnée selon la taille du semoir. Elle est fixée à 50.000 DH pour les semoirs de moins de 2 mètres et passe à 90.000 DH pour ceux d’entre 2 et 3 mères, et au-delà, elle est plafonnée à 100.000 DH.

Parallèlement, il sera procédé au renforcement des actions de conseil agricole à travers les plateformes de démonstration, les écoles aux champs, la formation des conseillers et des agriculteurs. A noter que ce type d’accompagnement a été largement adopté par l’OCP via son programme Al Moutmir.

Le ministère de l’Agriculture annonce également des actions d’encouragement ciblant la création de sociétés de prestation de service. S’ajoute aussi la création d’une entité dédiée au niveau du Centre international du conseil agricole (CICA). Sa mission sera centrée sur l’accompagnement des jeunes entreprises agricoles dans le domaine du semis-direct, le transfert de technologies et de savoir-faire aux agriculteurs, et la formation des exploitants et des conseillers agricoles.

Le tout, en poursuivant le programme de recherche et développement à travers, notamment, la mise en place de plateformes d’innovation et la réalisation de cartes de viabilité du sol au semis direct.

Pour l’actuelle campagne agricole, le ministère table sur une superficie de près de 50.000 ha à réaliser sur cinq régions. Toutefois, un programme pilote visera cette année la région de Rabat-Salé-Kénitra, qui se distingue par quelques avancées en la matière.

Forte d’un cumul de 9.000 ha en 2020-2021, la région devrait représenter le cinquième de l’objectif arrêté pour l’horizon 2030, soit 200.000 ha. A cet effet, elle devrait multiplier le nombre de semoirs par dix fois, pour le porter de 54 unités actuellement à 570 en 2030. Pour les cultures, les rotations projetées seront réparties à hauteur de 70% de céréales, et le reste d’oléagineux, légumineuses et fourrages.

A noter que les agriculteurs de la région sont bien édifiés sur les retombées positives du semis-direct. Les résultats au titre de la dernière campagne font état d’une plus-value qui résulte de l’absence des travaux du sol et varie entre 800 et 1.000 DH/ha. Le gain sur les semences est estimé entre 100 et 130/DH/ha et le rendement a atteint 46 quintaux à l’hectare, contre 40 quintaux pour le conventionnel.

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Le 16 novembre 2021 à 12h58

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