Cannabis légal. Une coopérative se prépare à la commercialisation de ses produits
Développement de produits alimentaires, cosmétiques et de textile issus de la plante du cannabis, tests, formations et négociations de partenariats… La coopérative Bio Cannat se prépare à l’application de la loi sur les usages licites du cannabis.
La coopérative Bio Cannat, qui ne commercialise pas encore ses produits développés à base de plante de cannabis, a été créée en avril 2021. Elle est présidée par Aziz Makhlouf, un natif de la région de Chefchaouen, connue pour la culture illicite du cannabis.
Encouragé par la loi 13-21 qui a fait basculer ce secteur dans la légalité, M. Makhlouf dit vouloir participer au développement de la région qui se trouve, selon lui, "dans une situation misérable".
"Des personnes ou familles qui gagnaient, via la culture illégale de cannabis, entre 100.000 à 150.000 DH par an il y a plus de quatre ans, ont vu leur revenu annuel chuter à 20.000 DH, voire 30.000 DH au mieux. Cette situation a empiré à cause de la pandémie", précise M. Makhlouf, joint par Médias24.
"C’est l’occasion de redonner à la plante sa valeur en termes de vertus thérapeutiques", estime-t-il. Dans ce sens, la coopérative développe diverses catégories de produits à partir de la plante de cannabis.
Du cosmétique au textile, tout à base de cannabis
"Nous suivons un procédé d’extraction qui permet de retirer le THC (tétrahydrocannabidiol) et d’utiliser le reste de la plante pour développer des produits alimentaires, cosmétiques et de textile”, indique Aziz Makhlouf.
Selon lui, la coopérative a d’ores et déjà effectué "tous les tests nécessaires" pour l’huile de chanvre alimentaire. "Nous n’attendons plus que la création de l’Agence nationale de régulation pour déposer la demande d’autorisation auprès de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires", assure-t-il.
Quant à l’huile de chanvre cosmétique, qui leur permet de fabriquer des shampoings, des savons naturels et des baumes à lèvres, entre autres, la coopérative utilise également la plante du cannabis dont elle retire totalement le THC.
Tous ces produits font l’objet de tests, dont la première phase a été lancée il y a quatre mois et dure quatre mois également. La deuxième devrait durer autant.
"Ces tests sont effectués par une fondation de recherches scientifiques, partenaire de la coopérative. Cette fondation se charge d’analyser nos échantillons afin de vérifier que le taux de THC est de 0%", affirme M. Makhlouf.
La coopérative Bio Cannat vise à commercialiser ses produits après obtention des autorisations nécessaires, à la fois sur le marché interne, dont M. Makhlouf escompte le développement au fil des prochaines années, mais aussi à l’étranger, notamment en Europe.
M. Makhlouf cible aussi la promotion du tourisme via des produits du textile et du terroir, également à base de cannabis.
Chapeau fabriqué à partir du fil de cannabis, par des artisans marocains
Unités industrielles, formations des agriculteurs... Les négociations sont en cours
Outre le développement de produits issus de la graine de cannabis, le président de la coopérative essaie, "en collaboration avec les pouvoirs publics, d’attirer le maximum d’investisseurs en vue de créer des unités industrielles dans la région".
M. Makhlouf estime qu’une coopérative est "le noyau du système. Elle encadre les agriculteurs d’une part, et s’associe à des clients que sont les groupes pharmaceutiques d’autre part".
Pour encadrer les agriculteurs et coopératives de la région, Bio Cannat s’active, en collaboration avec des chercheurs et spécialistes internationaux de la culture du cannabis, à leur assurer des formations et à les sensibiliser pour améliorer leur façon de cultiver le chanvre afin de tirer profit, au mieux, de leurs parcelles de terres et, ainsi, de les aider à se développer.
Confiant et optimiste quant à l’avenir de ce secteur, M. Makhlouf prévoit une période d’un à deux ans avant le lancement officiel des activités de la coopérative. Et ce, en raison des phases de tests que les autorités seront amenées à effectuer avant de délivrer les autorisations.
Un temps d’attente qui, pour M. Makhlouf, représente "l’occasion de se préparer et de tester la qualité des produits ainsi que la compétitivité de la coopérative".
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