Le déficit budgétaire en baisse à fin septembre 2021

Les recettes de l'État ont été stimulées par le redressement de l'activité économique, tandis que les dépenses ont été aggravées par les charges de compensation relatives au prix du gaz. Pour financer ce déficit, le Maroc a eu recours principalement à la dette intérieure.

Le déficit budgétaire en baisse à fin septembre 2021

Le 21 octobre 2021 à 11h30

Modifié 21 octobre 2021 à 11h30

Les recettes de l'État ont été stimulées par le redressement de l'activité économique, tandis que les dépenses ont été aggravées par les charges de compensation relatives au prix du gaz. Pour financer ce déficit, le Maroc a eu recours principalement à la dette intérieure.

Le déficit budgétaire à fin septembre 2021 s’est établi à 42,4 milliards de dirhams, s’améliorant par rapport à la même période de l’année 2020, où il était à 43,5 milliards de DH, ainsi que par rapport au mois précédent (août 2021) où il était de 43,4 milliards de DH. C’est ce qu’indique la Situation des charges et ressources du Trésor (SCRT) du mois de septembre, publiée par le ministère de l’Économie et des finances.

Le déficit budgétaire prévu dans la loi de Finances pour l’exercice de 2021 est de 71,13 milliards de DH.

Les recettes ordinaires, sur une base nette des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, totalisent 185,97 milliards de DH. Elles ont augmenté de près de 19,6 milliards de DH, l’équivalent de 11,8% en comparaison avec la même période en 2020. Leur taux de réalisation, par rapport aux prévisions de la loi de Finances, est de 78,5%.

Quant aux dépenses ordinaires, elles sont en hausse de 7,8%, totalisant 189,37 milliards de DH, avec un taux de réalisation de 76,7%. Ce qui donne un solde ordinaire négatif de 3,4 milliards de DH contre 9,3 milliards de DH, à fin septembre 2020, soit une amélioration de 5,9 milliards de DH. Les dépenses globales, elles, ont totalisé la somme de 228,41 milliards de DH, représentant un taux de réalisation de 74,2%.

Ainsi, le redressement de l’activité économique, suite à l’assouplissement des mesures liées à la crise sanitaire, a eu un impact positif sur les recettes des impôts liés à la consommation et de l’importation. En revanche, le renchérissement des cours internationaux des produits énergétiques, dont le gaz, a fait augmenter les dépenses liées à la compensation.

Des recettes fiscales en hausse de 10,3%

Les recettes fiscales sont en nette amélioration, passant de 147,33 milliards de DH en 2020 à 162,50 milliards de DH en 2021. Cette situation s’explique par l’arrêt de l’activité en 2020, notamment durant la période du confinement, qui a eu un impact sur les recettes fiscales.

Les recettes de l’IS, à hauteur de 33,95 milliards de DH, ont quant à elles régressé de 8,3% par rapport à la même période en 2020. Cela s’explique par la baisse de l’activité économique en 2020, conséquence de la crise sanitaire.

Quant aux recettes de la TVA, qui constituent 30,78% du total des recettes fiscales, elles se sont établies à 50,02 milliards de DH. Elles ont ainsi enregistré une augmentation de 22,6% par rapport à la même période de 2020, dont celle des produits à l’importation qui ont bondi de 25,8%. Leur taux de réalisation, par rapport à la loi de Finances, est de 82,1%.

Les recettes de l’IR ont également enregistré une hausse de 12,5% pour atteindre 34,42 milliards de DH. Tandis, que les recettes de la taxe intérieure de consommation (TIC) ont augmenté de 16,3%, totalisant 22,47 milliards de DH.

Les recettes des droits de douanes ont enregistré une nette amélioration de 31,1%, par rapport à la même période de 2020, pour atteindre 8,72 milliards de DH. Alors que les recettes des droits d’enregistrement et de timbre (DET) se sont établies à 11,75 milliards de DH, représentant une hausse de 20,3%.

Les recettes non fiscales progressent de 22,5%

Par ailleurs, les recettes en provenance des établissements et entreprises publics se sont établies à 9,2 milliards de DH, en hausse de 17,1%. L’OCP et l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie y ont contribué à hauteur de 4,1 et 2,5 milliards de DH, respectivement.

Les recettes de cession des participations de l’État ont, quant elles, totalisé 5,41 milliards de DH. A ce titre, elles ont dépassé les prévisions de la loi de Finances, qui étaient de l’ordre de 4 milliards de DH.

5,3 milliards de DH proviennent de la cession de 35% du capital de Marsa Maroc, et 110 millions de DH de la cession de la totalité de la participation de l’État dans le capital de la société « Foncière Université internationale de Rabat ».

Les dépenses globales en hausse de 8,8%

A 106,68 milliards de DH, les dépenses de personnel ont augmenté de 6,7% par rapport à la même période de 2020, et représentent 56,33% du total des dépenses ordinaires. 

Quant aux dépenses d’investissement, elles ont atteint 48,07 milliards de DH, en hausse de 8% par rapport à la même période de 2020, ce qui représente un taux de réalisation de 70,6%, par rapport aux prévisions de la loi de Finances 2021.

Les intérêts de la dette publique sont en hausse de 1,7% atteignant 22,82 milliards de DH, à fin septembre, dont 13,88% sont relatifs à la dette extérieure. Les intérêts de cette dernière ont augmenté de 554 millions de DH (+21,2%), alors que celles de la dette intérieure ont régressé de 177 millions de DH (-0,9%).

La charge de la compensation a, par ailleurs, enregistré une hausse de 4 milliards de DH (+38%), en raison notamment de la hausse du cours du gaz butane, qui a atteint une moyenne de 583 $/T contre près de 357 $/T un an auparavant. 

Un financement principalement par le marché intérieur

Le besoin de financement s’est établi à 57 milliards de DH à fin septembre, en hausse de 16,5% et représentant un taux de réalisation de 80,1%. Cela est notamment dû à la réduction des opérations en instance de 14,6 milliards de DH.

Ce besoin a été couvert à hauteur de 49,62 milliards de DH par le recours au marché de la dette intérieure, ce qui dépasse les prévisions de la loi de Finances de 34,9% pour l’ensemble de l’exercice de 2021.

Tandis que 7,39 milliards de DH ont été mobilisés par des financements extérieurs, ce qui représente une baisse de 72,3% par rapport à la même période en 2020 et un taux de réalisation de 21,5% seulement.

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