Le Roi a placé le Nouveau modèle de développement au cœur des priorités du gouvernement
Si quelqu'un avait le moindre doute, celui-ci est levé. Le Nouveau Modèle de Développement doit être mis en œuvre. C'est une réforme majeure, qui a été élaborée, selon une méthodologie participative, qui est essentielle pour l'avenir du Maroc.
Ce nouveau gouvernement ne sera pas un cabinet parmi tant d'autres. Cette législature ne sera pas simplement la 11e du nom. Les 5 prochaines années seront, en effet, celles de la mise en œuvre des réformes prévues par le Nouveau Modèle de Développement (NMD) dont l'horizon est 2035. Autrement dit, ce mandat couvrira le tiers de la mise en œuvre du NMD.
Après le 8 septembre, la perspective d'un nouveau gouvernement avait alimenté des débats autour d'une question centrale : quelle allait être la place du NMD dans le programme gouvernemental ?
Le programme sera examiné ce lundi 11 octobre, au cours du premier conseil de gouvernement du nouveau cabinet. Il n'est pas besoin de sagacité particulière pour deviner d'ores et déjà que le NMD y occupera une place centrale. Le même jour, à 17H, Akhannouch présentera la Déclaration gouvernementale et le programme du nouveau cabinet, au cours d'une assemblée plénière conjointe des deux chambres.
Dans l'équipe gouvernementale, trois ministres viennent de la CSMD (Commission spéciale sur le nouveau modèle de développement): Chakib Benmoussa, Leila Benali et Abdellatif Miraoui. Le premier (président de la CSMD), devient ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et du sport. La deuxième, ministre de la transition énergétique et du développement durable. Le troisième, ministre de l'enseignement supérieur, la recherche scientifique et l'innovation.
Vendredi 8 octobre, le Roi a prononcé le discours fondateur des cinq prochaines années, aussi bien pour le gouvernement que pour les parlementaires. Il a fourni un cadrage pour l'action du gouvernement, ainsi que des mécanismes d'action.
Le Roi a érigé "l’opérationnalisation du modèle de développement" et le "lancement d’une nouvelle génération de projets et de réformes intégrés" comme l'une des priorités du quinquennat. Il a ajouté que "cette dynamique volontariste ambitieuse, [incarne] l’intelligence collective des Marocains".
Pour la mise en œuvre de ce modèle, le Roi a cité le Pacte national pour le développement, signé par les différents partis, comme un levier essentiel. Le HCP sera, en plus de ses prérogatives actuelles, un mécanisme d'accompagnement de la mise en œuvre du modèle de développement.
La présence de Benmoussa, à la tête du ministère de l'Education nationale et de Miraoui, à la tête de l'enseignement supérieur, ne sont pas un hasard. Ce secteur est stratégique et ils devront y appliquer les recommandations du NMD.
Le Roi a également énuméré d'autres objectifs, que l'on retrouvera dans le projet de Loi de Finances qui doit être déposé à la Chambre des représentants au plus tard le 20 octobre. Citons parmi ces objectifs:
- la mise à niveau du système de Santé "conformément aux meilleurs standards et en synergie totale entre secteurs public et privé";
- la généralisation de la protection sociale (un rappel);
- la réforme fiscale : une confirmation que les milieux d'affaires espéraient;
- la réforme du secteur public;
-la charte de l'investissement qui devra être une charte "compétitive" selon les mots du Roi.
- refonte substantielle du HCP.
L’État continuera à appuyer la relance "à travers l'investissement public, l'appui apporté aux entreprises et l'adoption de mesures incitatives en leur faveur" (le Roi)
En évoquant la relance, le Roi a été mesuré en matière de prévision. Il a retenu le niveau le plus bas de la fourchette: un taux de croissance de 5,5% au minimum en 2021.
En 2020, le Maroc a subi une récession de 6,3%, c'est-à-dire une croissance négative, une baisse du PIB.
Pour effacer ces 6,3%, il faudrait réaliser 6,7%.
L'année 2020 a été doublement difficile: d'un côté la sécheresse. De l'autre, la pandémie.
Cette année, la campagne céréalière record ainsi que la bonne pluviométrie, ont effacé la contre-performance agricole de 2020.
Selon plusieurs économistes qui suivent de près les indicateurs macro-économiques, la performance économique du 4e trimestre dépendra de deux facteurs:
-la levée des restrictions sanitaires à la mobilité;
-la manière avec laquelle le gouvernement va rassurer les acteurs économiques et rétablir la confiance.
Le HCP qui est le dépositaire et le pilote des comptes de la nation, a publié les arrêtés (donc chiffres définitifs) des deux premiers trimestres 2021:
*1er trimestre 2021: taux de croissance de 1%.
*2e trimestre 2021 : taux de croissance de 15,2%.
Pour ce qui concerne T3 et T4, il a établi les estimations-prévisions suivantes:
*3e trimestre 2021: 5,9% de croissance.
*4e trimestre 2021: 4,3%.
Tous ces chiffres corrigés des variations saisonnières, sont en prix constants et en glissement annuel.
T3 et T4 sont établis sur la base d'enquêtes de conjoncture et non d'une manière comptable. Ce sont des estimations, qui peuvent être améliorées fortement, en cas de retour de la confiance des acteurs économiques et de levée des restrictions sanitaires.
En prenant comme hypothèse les deux prévisions T3 et T4, le taux de croissance de 2021 serait de 6,3%. Un chiffre élevé si l'on tient compte du fait que cette année, également, il y a eu des restrictions sanitaires et que des secteurs comme le tourisme, la restauration, les cafés, les salles de sport ... ont continué à souffrir pour la deuxième année consécutive.
Le Roi a cité également les différents indicateurs encourageants cette année, tels que les comportements des exportations, les recettes des MRE, la hausse des IDE, ou les réserves de change. Tout indique effectivement que la relance économique est en route.
Le Roi Mohammed VI fixe les trois priorités de la nouvelle législature
Les principaux points du rapport de la Commission sur le modèle de développement (CSMD)
Le gouvernement et la commission Benmoussa: Keynes vs Schumpeter?
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