Céréales : Une production record mais pas de gain évident pour la balance commerciale
Le ministère de l’Agriculture vient de revoir à la hausse les prévisions de la récolte céréalière qui culminent désormais à 103,2 millions de quintaux. Avec à la clé, 50,6 millions de quintaux de blé tendre.
Le blé tendre est la céréale la plus consommée et la seule soutenue par les pouvoirs publics en termes de garantie des prix, de collecte, de stockage et de farine destinée à la boulangerie.
Avec ce niveau de production, faut-il s’attendre à un recul remarquable des importations des céréales de manière générale et du blé tendre, en particulier ? En d'autres termes, le Maroc sera-t-il autosuffisant cette année ?
Question importante, surtout en cette période marquée par de grandes incertitudes sur le marché international des céréales. Pour de nombreux professionnels, l’actuelle campagne, tout comme les précédentes d’ailleurs, n’aura pas d’impact sur le système mis en place depuis plusieurs années, faute d’achèvement de la libéralisation de la filière céréalière.
En quelques mots:
-les céréales collectées pour les circuits organisés de commercialisation ne représentent que la moitié de la production. Le reste est gardé pour l'auto consommation généralement;
-les minotiers n'utilisent le blé local que pour environ 30% de leurs écrasements. Dans la profession, on entend dire que le blé marocain n'a pas les meilleurs qualités de panification.
En gros, le système se base sur la fixation d’un prix de référence du blé tendre, le soutien aux opérations des organismes collecteurs-stockeurs, l’instauration ou le gel des droits d’importation et en cas de forte hausse sur le marché international, l’octroi d’une prime de restitution aux importateurs.
Pour la récolte de cette année, le prix de référence a été fixé à 280 DH/quintal, rendu moulin pour une qualité standard, alors qu’une subvention forfaitaire de 5 DH/quintal a été décidée au profit des quantités collectées de blé tendre. Ces mesures courent du 1er juin jusqu’au 31 octobre 2021. S’ajoute une prime de magasinage de 2 DH/quintal par quinzaine pour la quantité globale de blé tendre collectée. Octroyée aux organismes stockeurs, cette prime sera servie jusqu’à fin décembre 2021.
Pour favoriser l’opération de collecte du blé tendre local, le taux de droit d’importation a été restauré et fixé au niveau le plus élevé : 135% à partir du 15 mai 2021. De même, les droits de douane à l’importation du blé dur ont été relevés à 170% depuis 1er juin 2021.
A préciser que le taux est applicable à la première tranche de 1.000 DH. Le reste est taxé au droit réduit de 2,5%.
Parallèlement, la période de la prime de restitution à l’importation a pris fin le 15 mai 2021. Cette prime a été instaurée pour assurer l’approvisionnement du marché suite à la flambée des prix au niveau mondial.
Or, pareille situation risque de se produire cette année. Déjà sur le premier semestre, les prix du blé tendre (SRW) se sont établis à 225 dollars la tonne en moyenne, soit une hausse de 23% en glissement annuel. Et la tendance haussière risque de persister suite aux dégâts des pluies et intempéries enregistrées ces derniers temps en Europe.
Pour le moment, le marché mondial des céréales est marqué par une forte demande, alors que la Russie vient d’imposer des restrictions sur ses exportations. Aussi, la facture céréalière attendue risque-t-elle d’être assez salée.
*L’import correspond à la campagne précédente. A titre d’exemple, les 87,5 millions de quintaux importés en 2019-2020 font suite à la production de 52,3 millions de quintaux réalisés en 2018-2019.
Généralement, les écrasements des minoteries portent sur 30% de la production du blé tendre collecté, voire moins selon les années.
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