Vaccination et risque de Covid-19: Résultats préliminaires (Pr Heikel)
Une étude est en cours pour déterminer le profil des personnes vaccinées et qui font de nouveau une COVID. Le professeur Jaâfar Heikel est en train de mener une étude en vue d’aider à construire le contenu des actions de sensibilisation et de prévention envers les personnes vaccinées et non vaccinées.
Par le Pr. Jaâfar HEIKEL, MD,PhD
Sur plusieurs milliers de cas vus depuis le début de l’année, l’équipe de chercheurs dirigée par Jaâfar Heikel a voulu analyser les cas vaccinés et qui ont développé un Covid plus de deux semaines après la deuxième dose vaccinale et n’ayant pas fait de Covid auparavant diagnostiqué.
Les critères d’inclusion sont les suivants: avoir été complètement vacciné contre la Covid 19 , avoir un test RT PCR positif à distance de deux semaines au moins de la deuxième dose, avoir des symptômes.
Sur un premier échantillon de près de 110 personnes vaccinées qui ont développé la Covid symptomatique depuis le 1er Juin 2021, les principaux résultats sont très importants à analyser car ils ne sont pas toujours ceux que l’on escompte:
- 54% de femmes alors que la COVID touche généralement plus les hommes.
- La moyenne d’âge est de 52 ans.
- 47% ont reçu deux doses d’Astra Zeneca; 48% ont reçu deux doses de Sinopharm et 5% Pfizer.
- 51% ont un ATCD de maladie chronique dont 42% diabète ou HTA.
- 52% sont obèses.
- 70% ont rapporté la participation à un événement dans la semaine précédente.
- 97% des cas se sont présentés après 3 jours des symptômes en moyenne (1j à 6j ).
- 26% des cas sont du groupe A+.
- 5 cas ont été hospitalisés dont deux en soins intensifs et aucun n’a été intubé ni ventilé.
- Le taux de guérison est de 100% sur la base des critères RT PCR et cliniques.
Ces premières données vont être soumises à l’éditeur de la revue Lancet pour faire bénéficier les scientifiques de résultats pouvant faire avancer l’état des connaissances. L’équipe est toujours en train d’étudier les données pour également expliquer l’intérêt de ce genre d’analyse au profit des décideurs.
Elle n’est pas encore généralisable à tous les cas ni à toutes les situations comme le précise le Pr. Jaâfar Heikel mais elle trace les tendances et ressort avec au moins 7 recommandations :
- Le ministère de la Santé devrait faire analyser les bases de données importantes générées tous les jours au niveau des structures de soins qui prennent en charge les patients pour adapter les stratégies de communication envers la population et coordonner avec les professionnels de santé la surveillance et la prise en charge optimale des patients (Le Pr Heikel souligne que dans ce sens, il a proposé à plusieurs reprises d’analyser les données cliniques, thérapeutiques relatives à la Covid 19 des différentes structures de soins publiques gracieusement sans obtenir de réponse du ministère).
- La vaccination au Maroc (comme cela est démontré dans d’autres pays) n’a pas uniquement un impact sur le plan épidémiologique mais également joue un rôle très probable dans la limitation des complications et des risques d’hospitalisation. Ce message est crucial à expliquer à la population pour les faire adhérer au maximum au processus. Le vaccin protège à 80% en moyenne et confère une immunité mais cela ne signifie pas qu’il n’y a plus de risque de se faire réinfecter ou de transmettre le virus d’où l’importance de se protéger et protéger les autres en attendant l’immunité collective.
- La prise en charge thérapeutique rapide et très précoce des cas donne d’excellents résultats cliniques chez les personnes vaccinées et qui font une Covid 19.
- Il y a autant de risque d’être infecté de nouveau par la Covid 19 quel que soit le vaccin reçu car cela dépend essentiellement du mode de vie ou circonstances de rassemblement, de l’adoption des mesures barrières.
- La vigilance et le maintien des mesures barrières sont encore plus essentiels chez les personnes ayant des comorbidités et l’obésité (qui n’est pas considérée par les patients marocains comme une maladie chronique).
- Le Maroc a réussi une stratégie vaccinale qui porte ses fruits et qu’il faut maintenir malgré la recrudescence des cas depuis un mois. En effet, deux facteurs importants doivent être pris en considération pour la situation actuelle: le non-port du masque chez une personne infectée augmente le risque de 90% pour les personnes en contact non masquées. A cela, il faut rajouter la transmissibilité deux fois plus importante de la souche delta par rapport à la souche classique (60% de plus par rapport à la souche alpha).
- La vaccination a et aura ses effets sur l’incidence des cas lorsque l’on s’approchera de l’immunité collective mais entre temps, elle a ses effets bénéfiques sur les cas d’hospitalisation et les cas graves. Nous sommes en train d’évaluer cet impact et la réduction des cas d’hospitalisation serait de 82 à 90%.
Pour que la population comprenne les enjeux auxquels nous sommes confrontés: Aucun vaccin quel qu’il soit n'est capable de protéger dans les 14 jours qui suivent la première dose. C’est pour cela que l’on peut se faire infecter entre la première et la deuxième dose tant que le système immunitaire n’a pas pu produire suffisamment d’anticorps.
Les vaccins actuellement disponibles ne peuvent pas provoquer la maladie car soit ils sont à base de virus inactivés ou à base de «transporteurs d’information codant pour une protéine ».
Cela étant, le coût sanitaire, social et économique doit être balancé. La vaccination a coûté jusqu'à présent 2 Milliards de DH à l’État. Un patient en soins intensifs coûte au minimum pour sa prise en charge 60.000 DH ce qui signifie 35.000 cas sérieux que l’on pourrait éviter.
En synthèse, il faut soutenir les efforts de l’Etat en matière de vaccination car aujourd’hui et dans le contexte marocain, c’est la stratégie ayant le meilleur coût bénéfice à moyen et long terme. En parallèle, les mesures barrières restent quant à elles indispensables et ont un impact clair à court terme.
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