Face à la flambée des cas Covid, des entreprises reviennent ou envisagent le retour au télétravail
La flambée des nouveaux cas quotidiens de Covid inquiète le milieu professionnel. Sociétés et multinationales sont nombreuses à envisager un retour au télétravail après l'Aid Al Adha ou encore en septembre, d'après nos informations. L’Association des gestionnaires et formateurs en ressources humaines (AGEF) estime de son côté que le retour vers ce mode de travail n'est pas exclu, vu l'aggravation de la situation sanitaire.
Le nombre de nouveaux cas ne cesse de flamber depuis environ trois semaines, atteignant plus 2.000 cas quotidiennement. Le nombre de cas en réanimation a atteint 505 cas dimanche 18 juillet, dont 21 intubés et 276 sous ventilation non invasive.
85 nouveaux cas sévères ont été enregistrés dimanche. Des chiffres inquiétants, qui poussent de nombreuses entreprises et multinationales à envisager le retour au télétravail, notamment après l'Aid Al Adha ou après les vacances du mois d'août, périodes qui connaîtront une grande mobilité, ainsi que les rassemblements, et donc un grand risque de contamination au Covid.
Vers un retour au télétravail en septembre
Joint par nos soins, Zakaria Rbii, président de l’AGEF, pense que la tendance, à l'issue de la saison estivale, sera à l'hybride à 80%. C'est-à-dire 80% en présentiel, et 20% en distanciel. "Vue l'évolution de la situation sanitaire et le risque de recrudescence des cas positifs de Covid-19, et notamment de cas atteints du variant indien (Delta), je pense qu'un retour au télétravail à 80% pour le personnel des sièges est fort probable au début du mois de septembre", nous confie-t-il.
"La majorité des sociétés sont actuellement en mode hybride à 50% - 50% ou à 70% présentiel contre 30% distanciel, mais cela risque de changer dès le retour des vacances en fin août".
Même son de cloche auprès de son confrère Anouar Alaoui Ismaili, vice-président de l’AGEF. "Les entreprises ont adopté le mode hybride ces derniers temps, soit un mix entre présentiel et télétravail pour leurs employés. Certaines sociétés sont à 70% en présentiel et à 30% en télétravail, alors que d'autres n'ont pas encore repris le travail dans les bureaux, et sont à 100% en télétravail".
"Toutefois, avec l’évolution que connaît la pandémie, les entreprises sont de plus ne plus draconiennes sur les mesures de sécurité sanitaire, notamment la distanciation, le port du masque, et le gel hydroalcoolique…. Egalement, elles sensibilisent d'avantage" sur les risques de contamination.
"Les DHR continuent d'observer la pandémie, et rappellent constamment que celle-ci est toujours là, avec d'autres variants encore plus sévères. La vigilance reste donc de mise".
Après Aid Al Adha, ou après les vacances du mois d'août, "un éventuel retour au télétravail n'est pas exclu. Tout dépendra de l'évolution de la situation sanitaire interne dans chaque société (nombre de cas, NDLR), de celle au niveau national, mais aussi du secteur d'activités. Certains secteurs, comme l'industrie, les services, la grande distribution ou encore le secteur bancaire, n'ayant pas la possibilité d'adopter le télétravail."
"Pas de règle ni de directive"
"En revanche, ceux qui peuvent se permettre ce luxe (le télétravail, NDLR), vont certainement continuer à l'adopter. Il n'y a donc pas de règle".
Un constat confirmé par Hicham Zouanat, président de la Commission sociale de la CGEM. "Il n'y a pas de règle, ni de directive, loi ou norme. Chaque société adopte le mode de travail qui lui convient le mieux".
"Certains groupes n'ont pas encore repris le travail en présentiel, tandis que d'autres ont repris partiellement, ou en shift...".
"Cela ne concerne que les sièges. Les opérationnels, agences commerciales, usines ou plateformes, travaillent à 100% en présentiel. Ils ne peuvent pas adopter le télétravail", de par la nature de leur activité.
Tout comme le président et le vice-président de l'AGEF, M. Zouanat estime que la flambée des cas pourrait encourager le retour vers un mode de travail à distance, justement pour éviter la contamination.
Il faut dire que le télétravail a trouvé sa place et s’imposera dorénavant comme un mode de travail classique dans les entreprises marocaines. Il n’a pas impacté la productivité et a prouvé que même en temps de crise, il est possible d’inventer d’autres modes de travail tout aussi efficaces que le présentiel.
Nous observons également un changement de mentalité chez les DRH et managers, qui étaient très réticents à adopter le télétravail partiel avant la pandémie. A présent, ils sont beaucoup plus enclins à le faire.
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