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Mustapha Baitas (RNI): « Les partis qui étaient en hibernation n'ont pas de leçon à nous donner »

ENTRETIEN. Le RNI se prépare tambour battant aux prochaines élections du 8 septembre. Medias24 est partie à la rencontre de son directeur et membre du bureau politique Mustapha Baitas. Verbatim et vidéo intégrale.

Mustapha Baitas (RNI): « Les partis qui étaient en hibernation n'ont pas de leçon à nous donner »

Le 8 juillet 2021 à 13h55

Modifié 8 juillet 2021 à 14h43

ENTRETIEN. Le RNI se prépare tambour battant aux prochaines élections du 8 septembre. Medias24 est partie à la rencontre de son directeur et membre du bureau politique Mustapha Baitas. Verbatim et vidéo intégrale.

Après le PPS et l'Istiqlal, la troisième interview avec les chefs de partis nous mène au RNI. Aziz Akhannouch, en déplacement, s'est fait représenter par le membre du bureau politique et directeur du siège central Mustapha Baitas. Au menu de l'échange: objectifs électoraux, financement, programme du parti, rôle des technocrates, positionnement idéologique, relations dans le gouvernement et recrutement des notables.

Le financement du programme électoral

Le RNI a été le premier parti à rendre public son programme électoral. C'est un programme détaillé et chiffré, mais il a été jugé trop ambitieux par certains observateurs. Mustapha Baitas assume : « Notre programme a été complet, avec un calendrier précis, un financement bien calculé et sans nouveaux impôts. C’est un pacte entre nous et les Marocains, si on arrive premiers, on va réaliser ce programme et ces chiffres ».

Le financement de ce programme a été évalué par le RNI à 55 milliards de DH supplémentaires par an. La question de son financement se pose bien sûr. Pour lui, «il y a plusieurs mécanismes qui nous permettent de financer ce programme, il existe encore des marges de manœuvre dans le budget que l'on peut exploiter, nous comptons aussi sur l’élargissement de l’assiette fiscale ».

Interrogé sur la proposition d'introduire un fonds « zakat » pour mobiliser l'aumône légale, il estime qu’ « elle pourra rapporter quelque 3 milliards de DH, dont 50% financeront le secteur de la santé. Nous avons consulté les Marocains et 99% d'eux disent que le sentiment de "hogra" ils le ressentent dans l'hôpital public. Avec la vie moderne, beaucoup de Marocains ne savent pas pour qui donner la « zakat », nous proposons donc de l'organiser. Cela devra passer bien entendu par une consultation des autorités compétentes comme le conseil supérieur des oulémas ».

Objectifs électoraux

Le parlementaire élu comme tête de la liste des jeunes du RNI en 2016, ne veut pas se risquer au jeu des chiffres quant au nombre de sièges ou des circonscriptions ciblés. Mais il assure : « nous ambitionnons d'arriver premiers et si on y arrive, ce sera grâce à notre effort exceptionnel de communication avec les citoyens; ces dernières années ».

« Nous avons fait le tour de 100 villes au Maroc, où nous sommes allés à la rencontre des Marocains et nous avons compris leurs problèmes. Nous sommes un parti actif, nous avons fait un grand travail, nous avons préparé un programme et nous l’avons présenté aux Marocains. Notre victoire ne sera pas une surprise », poursuit-il.

« Dans ces élections, le jeune qui est né en 2003 pourra voter, c’est une nouvelle génération et il a fallu qu’on comprenne ses besoins », estime-il.

Les technocrates dans le parti

Le RNI a toujours été un parti qui intègre des technocrates qui n'étaient pas, jusque-là, destinés à la politique. Mustapha Baitas confirme cette position décomplexée de son parti vis-à-vis de cette questions : « Le phénomène des technocrates est bénéfique, on n’a pas de problème avec. Je n’ai pas de problème à ce qu’un cadre choisisse d’intégrer un parti et qu’il devienne ministre ».

« Mais en contrepartie, il faut qu’il s’engage dans le parti, assiste au bureau politique, encadre des rencontres avec les citoyens, écoute les propositions et qu’il n’ait pas peur d’assister au parlement et de débattre avec les parlementaires. Le problème, c’est quand un technocrate arrive sans s’impliquer dans le parti et commence à donner des leçons », explique-t-il.

« Mohamed Boussaid, Lamiae Boutaleb, Amina Benkhadra, tous sont des exemples d’anciens technocrates qui se sont bien intégrés dans la vie politique », ajoute-t-il.

Le RNI et les notables

Notre interlocuteur a nié toute stratégie de conquête des notables : « Le RNI est un parti ancré dans l’histoire politique marocaine. Nous travaillons sur le terrain, nous avons fait le tour du Maroc pour écouter les Marocains. Nous sommes même allés à l’étranger pour rencontrer les Marocains du monde. C’est un effort exceptionnel de communication que nous avons fait pour arriver à ce résultat ».

« C’est normal que les Marocains affluent au parti. Nous avons maintenant environ 200.000 adhérents au RNI. Les partis qui étaient en hibernation n’ont pas le droit de nous donner des leçons ».

Le RNI, un parti d'hommes d'affaires ?

Questionné sur l'image perçue du RNI comme parti des hommes d'affaires, il déclare :« Sur les candidatures officialisées, vous trouverez au moins 7 ou 8 qui sont loin d'être hommes d'affaires. Sur le bureau politique, également c'est très varié, le parti est à l'image de la société marocaine ».

Citant son président : « Aziz Akhannouch avait déclaré que ce qui n’est pas acceptable, c’est de devenir riche en faisant de la politique, mais si tu es riche avant, où est de problème ? ».

« On n’acceptera pas qu’il y ait un conflit d’intérêts ou qu’il y ait un quelconque détournement des deniers publics », affirme-t-il.

A cheval entre le gouvernement et l'opposition

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la coalition actuelle est loin d'être solidaire. Le RNI fait souvent des déclarations contre d'autres partis au sein du gouvernement. Commentant ces positions ambiguës, Baitas réplique :« Le contrat que nous avons avec El Otmani, c’est le programme gouvernemental, en dehors de ce cadre, le parti garde son indépendance et peut émettre ses avis sur toutes les questions ».

Jetant la balle au camp du PJD, il  poursuit : « Si on avait voté contre une loi proposée par le gouvernement El Otmani, là oui vous aurez raison de nous critiquer. Pourtant c'est ce qu'a fait le PJD, c’est un scandale que le groupe parlementaire du parti en tête du gouvernement vote contre son chef».

La réponse aux propos de Abdellatif Jouahri

Au RNI, la pilule passe mal : « Ses propos sont une offense pour les partis. Son poste l’oblige à une certaine retenue », s'insurge notre invité.

Dans un semblant de contre-attaque, Baitas lance : « L’une des causes de la perte de confiance au Maroc, c’est le fait que les entrepreneurs n’arrivent pas à avoir des crédits des banques ».

En réponse à Nabil Benabdallah qui avait pensé que les propos de Jouahri étaient en réaction aux promesses démesurées du RNI, il répond : « Je ne suis pas d’accord avec les réactions selon lesquelles il ne fallait pas qu’il généralise à tous les partis. Ce n'est pas convenable de profiter de pareils propos pour régler ses comptes avec le RNI ».

Le positionnement idéologique du parti

Le RNI est souvent considéré un parti de droite, mais Baitas n'est pas du même avis : « En 2012, nous avons fait un changement pour le libéralisme, mais les militants s’y sont opposés, puis on a corrigé en retournant à la démocratie sociale ».

« La démocratie sociale est une idéologie centriste. Elle consiste à prendre ce qu’il y a de meilleur dans la gauche, comme l’éducation, le travail et la santé, mais en même  temps, encourager l’entreprise pour qu’elle crée de la richesse et de l’emploi », explique-t-il.

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