Nouveau modèle de développement : Tout reste à faire, expliquer, convaincre, réaliser
La commission Benmoussa a rendu sa copie. "Les acteurs du développement", publics et privés, devront prendre le relais. Un pacte national pour formaliser leurs engagements autour du nouveau modèle.
On y est. Créée il y deux ans par le Roi Mohammed VI, la Commission spéciale sur le nouveau modèle de développement a livré son rapport. Synonyme, ou presque, de fin de mandat pour cette entité éphémère, terme utilisé par son président Chakib Benmoussa. Une commission qui « n’a pas vocation à se substituer aux institutions », ajoute-il ce mercredi 26 mai en conférence de presse. Manière de renvoyer la balle dans le camp des concernés. Et de rappeler que désormais, tout reste à faire.
Le rapport ne prétend pas à l’exhaustivité, mais pose un diagnostic global des principaux maux du présent, propose des leviers de changements et les moyens pour la mise en œuvre du nouveau modèle. Lequel se veut axé sur « l'humain ». Son application effective passera par « l’appropriation » qu’en feront les citoyens, mais aussi par la diligence des décideurs.
Car le défi est de taille : Atteindre « la moitié supérieure des différents classements mondiaux des Nations d’ici 2035, voire dans le tiers supérieur dans certains domaines », espère-t-on du côté de la CSMD
Concrètement, il s’agira de doubler le revenu national par habitant, d’assurer que 90% des élèves maîtrisent les apprentissages de base à la fin du cycle primaire, de former plus de 3.600 médecins et 7.100 aides-soignants en moyenne annuellement, afin d’atteindre les normes OMS en matière de densité de personnel soignant, de réduire à 20% la part de l’emploi informel, d’augmenter à 45% le taux de participation des femmes, et d’atteindre 80% de satisfaction des citoyens envers l’administration et les services publics.
D’où l'intérêt d’un « Pacte national pour le développement », une première au Maroc. Proposée par la CSMD et validée par le Souverain, cette idée consiste à engager « les acteurs du développement » (partis politiques, institutions constitutionnelles, secteur privé, collectivités territoriales etc.) autour du futur projet. Un engagement « moral et politique », affirme M. Benmoussa, écartant l’hypothèse d’un mécanisme légal.
« Pour qu’il puisse avoir une force obligatoire ou impérative pour l’ensemble des acteurs, il faudrait qu’il soit constitutionnel, ou qu’il soit traduit en loi, loi organique ou loi-cadre particulières. Ce n’est pas ce que préconise la commission », précise l’intervenant.
Un mécanisme « consensuel », donc, mais tout aussi « responsabilisant ». « La commission a préconisé un pacte établi avec la participation des acteurs concernés par l’acte de développement, mais un pacte qui, de par sa solennité, peut avoir une dimension morale et politique engageante », explique M. Benmoussa.
D’autant qu’il « est proposé qu’il soit [le Pacte] établi sous le suivi et la supervision de sa Majesté le Roi et devant l’ensemble de la nation », poursuit-il. « C’est, de manière démocratique, à l’opinion publique et aux électeurs de dire comment les uns et les autres s’inscrivent ou non dans cette orientation ».
L’intervenant se montre rassurant. L’écoute « des acteurs nous encourage à penser qu’il y a une attente, que ce mécanisme suscite un intérêt et peut susciter un engagement des acteurs pour le mettre en place et pour créer cette plateforme et ce socle commun ».
Au-delà du Pacte National de développement, la CSMD recommande la mise en place, sous l’autorité directe du Chef de l’Etat, d’un outil de suivi du NMD, qui assurerait également « l’impulsion des chantiers stratégiques et d’appui à la conduite du changement ». Il « mettra en responsabilité les acteurs concernés et renforcera la performance globale », lit-on dans le rapport.
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