Les élections 2021 vues par Driss Lachgar
Invité de la fondation Lafqui Titouani, ce mercredi 21 avril, Driss Lachgar a présenté le programme de l'USFP et commenté les sujets brûlants, de la période pré-électorale. Détails.
La Fondation Lafqui Titouani a organisé, ce mercredi 21 avril, le second épisode “discussion Ramadanesque autour des sujets de société”, en présence de Driss Lachgar, premier secrétaire de l’USFP.
Ce dernier a, non seulement, présenté le programme de son parti et fait le point sur les candidatures à présenter, dans le cadre des prochaines élections mais a aussi commenté les réactions sur la position de l’USFP, quant au quotient électoral, ainsi que la polémique, autour de la fondation Joud, pour le développement. Voici ses principales déclarations.
“Pour un nouveau relais à la portée sociale et démocratique”
“Notre dernier conseil national nous a conduit, vers une théorie complète sur l’avenir. Il ne s’agit pas d’une étude académique, à laquelle nous avons pensé ou que nous avons produite par l’intervention d’experts. Cette théorie est le fruit d’un cumul politique, de réflexions et d’actions, placé, sous le slogan clair: pour un nouveau relais à la portée sociale et démocratique”, déclare Driss Lachgar.
“La portée sociale est celle qui permet aux marocains, de vivre une vie décente dont les fondements sont la santé, l’éducation, le travail et le développement. Et la portée démocratique est celle qui renforce les libertés, la pluralité politique et la conduite politique responsable”.
“Nous sommes heureux de voir qu’aujourd’hui, tout le monde a ressenti le besoin d’un Etat social, protecteur et meneur de projets de développement. On ne parle plus du secteur privé. Nul doute que vous vous rappelez des sacrifices rendus par la santé publique, tandis que le privé s’est mis en retrait, durant une période difficile de l’histoire de notre pays”.
“Notre participation à l’amélioration du système électoral, pour les prochaines élections, a été de faire des propositions dont le but est de lutter contre les réticences, garantir une participation plus large, lutter contre la corruption et, en faveur, de l’intégrité et de la transparence”, explique-t-il.
“Notre programme électoral se base sur les déterminants suivants: la référence royale; à savoir les programmes, orientations, et initiatives du Roi qui visent à améliorer l’action politique, renforcer la gouvernance publique et réaliser le développement. Ainsi que la référence socialiste, car nous nous considérons comme un parti démocratique et social, qui fait de la portée sociale, un axe essentiel de son programme, avant même la crise actuelle”.
“Nous sommes le seul parti marocain qui peut dire que, sa référence socialiste, trouve son appui dans l’internationalisme socialiste et dans l’alliance progressiste”.
“La troisième référence est celle des décisions de nos congrès nationaux”.
“Enfin et quatrièmement, consacrer un système culturel, à portée démocratique moderne”.
“Les axes essentiels de ce programme électoral sont le renforcement des institutions, de l’Etat de droit, de l’égalité des genres, la souveraineté du droit, la mise en place d’un dispositif complet et juste, de la protection sociale ainsi que la mise en oeuvre d’un modèle économique alternatif, avec une approche intégrée”, indique-t-il.
“Lors de la précédente campagne électorale, j’ai dû enregistrer les droits d’auteur de notre programme car il y a du plagiat. On trouve un parti conservateur dont le programme électoral contient des idées qui n’ont aucun rapport avec lui, ou encore un parti libéral dont le programme est plus de gauche que le nôtre”.
Quotient électoral : “Il n’y a pas de blocage et pas de complot”
“Le calcul sur la base des inscrits est une idée, née au sein des partis de la majorité, et a pu convaincre ceux de l’opposition”.
“Le blocage a été imposé par les règles du jeu démocratique et sa gestion”.
"Il a été dit de nous que nous étions pour le quotient électoral, calculé sur la base des inscrits. Je veux corriger cela. L’USFP a choisi de baser le calcul du quotient électoral, sur le nombre de votants et nous avons continué, à défendre cette position, tout au long des négociations entre les partis”, explique M. Lachgar.
“Nous avons fait de nombreuses propositions, notamment, concernant la lutte contre les réticences ou encore la représentation des femmes, etc. Plusieurs d’entre elles ont été retenues. Lorsqu’on a vu un accord se créer, entre une partie de la majorité et une partie de l’opposition, nous n’avons pas voulu rester à l’écart. Il n’y a donc pas de complot”.
“Nous étions les seuls, avec le PJD, qui n’avaient pas proposé d’amendement concernant le quotient électoral. Mais nous avons veillé à ce que le système électoral soit en accord sur tout, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un seul parti qui ne lâchait pas cette affaire de quotient électoral. Nous avons choisi, dans le cadre de la compatibilité, de nous y rallier. Il ne s’agit pas d’un blocage”, insiste-t-il.
“Je peux dire, en toute responsabilité, que j’y vois la forme la plus équitable et juste”.
“Le PJD a eu près de 60 sièges dans 25 circonscriptions. De même pour le PAM qui, dans 20 circonscriptions a eu 20 sièges ou plus. Si on évalue tout cela, on peut y voir une rente pour ces gens. Cette méthode (de calcul du quotient électoral, ndlr) n’est pas sacrée ou constitutionnelle. C’est un outil politique. D’ailleurs, vous avez vu la décision de la cour constitutionnelle”, poursuit-il.
“Cela ne va pas mener à la balkanisation, ce qui va se passer c’est que chaque voix et chaque avis dans la société, va être pris en compte”.
“Si les membres du parti m’ordonnent de me présenter, je le ferai”
“Plus de 50% des candidatures ont été choisis à l’unanimité. Et si vous entendez une voix s’élever pour dire le contraire, sachez que ça doit être celle d’une personne qui ne fait plus partie de l’USFP, depuis une dizaine d’années”.
“Aucun bruit n’a éclaté, suite aux réunions que j’ai présidé, que ce soit au niveau du Souss, du Sahara, Marrakech-Tensift, Chaouia, à l’Oriental, ni au nord. 30% des candidatures font l’objet de rivalités”.
“Si les membres du parti me donnent l’ordre de me porter candidat, je le ferai”, informe-t-il.
“Je me suis porté candidat en 2011 et j’ai fait l’objet d’une campagne qui demandait s’il allait toujours, y avoir les mêmes dinosaures. Je me suis demandé si ces gens avaient raison et que je n'aurais, peut être pas dû, me présenter”.
“En 2016 je ne me suis pas présenté car j’avais beaucoup de responsabilités. Je n’étais pas dans cette position de sérénité. Aujourd’hui, le parti a couvert, avec de vraies demandes de candidatures, plus de 75%”.
“Ce que j’ambitionne, c’est que nous soyons les premiers et que nous travaillions à diriger toute alliance gouvernementale à venir et que nous dirigions une majorité post-2021”.
“Je peux dire que 6 partis se positionnent sur la même ligne de départ. Nous avons passé les textes de lois, sur les élections et les dates des élections commencent à se clarifier. Dès que les décrets vont paraître, la compétition va démarrer”.
“Je considère que parmi tous ces partis, celui qui aura fait une bonne présentation, responsable, aux Marocains, pourra prendre la première place. Et je n’écarte personne, car ce sont les votants et l’opinion publique qui vont tout déterminer, même si, bien sûr, mon ambition est que nous soyons premiers”.
Charité ou corruption électorale ?
“Toute personne qui veut faire de la charité, doit le faire de manière neutre, sous la supervision des autorités. Si cela se transforme en une sorte de corruption électorale et en une sorte de fraude, dans ce cas je vais dénoncer. Mais de ce que j’ai vu, plusieurs partis, dans des provinces différentes, mènent des actions caritatives”, indique M. Lachgar.
“Certains ont demandé à ce que cela cesse. Notre requête est claire; ce qui doit cesser c’est l’influence, les passages dans les médias officiels pour célébrer des inaugurations car nous sommes aux portes des élections”.
Protection sociale: Réviser les impôts et distribuer les richesses
“Le dispositif de protection sociale ne va avoir d’effets complets que dans quelques années. Il faut songer, au cas où la pandémie perdure encore une ou deux années, avec la même intensité, à procéder à la répartition des richesses. Vous avez vu que lorsque nous avons voulu rassembler de l’argent, dans le cadre du fonds de solidarité, le pays a réussi à atteindre 33 milliards de DH”.
“Nous savons que les coûts de la protection sociale, par an, vont dépasser ces 33 milliards de DH; à savoir 51 voire 55 milliards de DH. Donc, notre pays en est capable, mais il doit être plus strict. Il faut procéder à une révision des impôts, pour ceux qui gagnent des millions, et entre parenthèses, je ne veux pas de leur charité pour bâtir les mosquées, alors qu’ils ne paient pas leurs impôts”.
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