Atmoun : « L'arrivée des Polonais dans le Sud fera venir d'autres investisseurs européens »
Cinq jours après la réunion virtuelle des directeurs des CRI des provinces du Sud avec des hommes d’affaires polonais désireux d’investir au Maroc, certains observateurs spéculent déjà sur l’ouverture d’un consulat polonais à Laâyoune ou Dakhla. S’ils refusent de se prononcer sur ce sujet, l’ambassadeur marocain en Pologne et le directeur du CRI de Dakhla avancent que l’installation programmée d’entreprises polonaises dans la région aura pour effet d’attirer de nombreux investisseurs européens.
Après avoir initié une offensive qui a permis d’ouvrir 21 consulats de pays d’Afrique et du Moyen-Orient dans les deux capitales des provinces du sud, la diplomatie marocaine multiplie les initiatives d'accueil d’investisseurs étrangers et notamment polonais pour développer l’attractivité économique de ses régions à l’international.
« 6 entreprises polonaises se sont engagées à s’installer dans les provinces du sud »
Pour cela, une rencontre par visioconférence a été organisée mercredi 7 avril par l’ambassade du Maroc en Pologne qui a réuni les directeurs des centres régionaux d’investissements des villes de Dakhla et Laâyoune avec des chefs d’entreprises polonais intéressés pour investir le marché marocain.
Joint par Medias24 à Varsovie, l’ambassadeur du Maroc Abderrahim Atmoun s’est félicité de cette réunion virtuelle avec de grandes entreprises polonaises qui vont très intéressés pour investir dans les provinces du sud.
« Ces sociétés dont certaines sont des multinationales (FlyArgo, LUG, Alumast, EV Charge, Ogniochron, EMER), qui ont participé à la rencontre par visioconférence, ont signé un document qui les engage à investir à Dakhla et à Laâyoune.
« Il est désormais aussi simple d’investir dans le grand sud qu’à Casablanca »
« Le message de notre réunion virtuelle était de montrer aux entreprises polonaises, et partant de là, européennes, l’état d’avancement de la politique marocaine de décentralisation et de régionalisation qui a permis de mettre sur le même pied d'égalité les CRI du sud et ceux de grands centres urbains comme Casablanca.
« Pour faciliter leurs investissements, les entreprises marocaines devront également jouer le jeu avec notamment des projets B to B qui encouragent ces investisseurs à s’installer dans les provinces du sud.
Les provinces du sud, un tremplin polonais pour le marché africain
« C’est d’ailleurs une première que les directeurs des CRI de ces régions négocient directement avec des présidents d’entreprises européennes pour montrer l’efficacité de leurs institutions.
« Derrière ce mémorandum censé développer les relations économiques et commerciales, entre nos deux pays, se cache aussi le privilège polonais de rentrer et d’investir dans les marchés des pays africains proches.
« En effet, le choix de la localisation géographique des provinces du sud par les entreprises polonaises comme, par exemple, LUG qui fabrique des éclairages publics n’est pas du tout anodin sachant qu'il permettra d’exporter une partie de leur production en Afrique », conclut l’ambassadeur qui préfère attendre l’arrivée de la délégation polonaise avant de révéler le montant des investissements.
Au programme, des investissements aéronautiques, agroalimentaires et en équipements
Interrogé à son tour, le directeur du CRI de Dakhla, Mounir Houari, nous détaille les secteurs d’activité qui devraient faire l’objet d'investissements importants par des industriels polonais, dans les provinces du sud.
« Lors de notre réunion, nos interlocuteurs nous ont présenté une société de construction d’hélicoptères légers destinés à l’agriculture, une de matériel de sécurité contre les incendies et notamment d’extincteurs, une vouée à l’industrie alimentaire et une autre pour l’équipement en éclairage urbain.
Le choix de cette région a été dicté par ses projets structurants et la proximité avec l’Afrique
« Hormis leurs investissements de production dans les régions de Laâyoune et de Dakhla, l’ambition de ces industriels polonais est d’exporter leurs produits sur le continent africain qui est tout proche.
« De plus, les provinces du sud recèlent plusieurs projets structurants, en cours de réalisation, comme le futur port de Dakhla Atlantique qui va faciliter la logistique à l’export mais, également, la présence d’infrastructures en énergies renouvelables qui permettra d’avoir des coûts de production compétitifs », énumère Houari, visiblement satisfait du futur taux d’intégration des projets industriels.
« Le montant des investissements polonais sera connu en mai prochain »
« En dehors du mémorandum signé lors du webinaire, les entrepreneurs polonais se sont engagés à venir sur place entre le 16 et le 21 mai prochains.
"D'ailleurs, c'est à ce moment qu'ils devraient fournir davantage de détails sur le montant de leurs investissements et sur le nombre de recrutements d’employés marocains.
« Ainsi, s’ils investissent plus de 100 MDH ou créent plus de 250 emplois, l’Etat pourra participer à l’achat du foncier, à l’équipement d’infrastructures externes ainsi qu’aux formations des ressources humaines », conclut Houari qui, à l’image de l’ambassadeur, pense que d’autres investisseurs européens suivront.
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