Blocage du canal de Suez: impact minime sur le Maroc
Le blocage du canal de Suez pendant une semaine n'a pas eu d'impacts majeurs sur les flux de marchandises et de produits à destination du Maroc en provenance de l'Asie et particulièrement la Chine.
Toute la marchandise en provenance d'Asie, et de Chine particulièrement, vers le Maroc par voie maritime passe par le Canal de Suez qui est resté bloqué pendant une semaine à cause de l'échouement du navire Ever Given.
Le trafic a finalement repris ce lundi 29 mars mais la question sur l'impact de ce blocage ayant totalement arrêté le flux de passage sur ce canal stratégique pendant des jours reste d'actualité. Au total, près de 400 navires étaient coincés dimanche aux extrémités et au milieu du canal reliant la mer Rouge à la mer Méditerranée.
Au Maroc, l'impact est minime, nous explique Aziz Mantrach, vice-président de l'Asmex et président de la commission logistique de l'association. Il est également le président de l’Association Professionnelle des Agents Maritimes, Consignataires de Navires et Courtiers d’Affrètement du Maroc (APRAM).
Pas de répercussions majeures
"Le Canal de Suez est emprunté par le flux en partance d'Asie vers l'Europe et la Méditerranée. Cela concerne tous types de produits en vrac ou marchandises,... Le flux destiné au Maroc est très faible relativement à celui qui part vers l'Europe", nous explique notre interlocuteur.
Toute proportion gardée, "les exportations vers le Maroc restent minimes", il n'en reste pas moins que le Maroc reçoit plein de produits de Chine, comme le thé, le câblage, les produits électroniques, les produits textiles, des produits de consommation courante à bas prix,...
"Lorsque le canal était bloqué, les bateaux sont restés immobilisés en attendant le dégagement du Ever Given. Ceux qui travaillent à flux tendu et ont besoin de leurs marchandises connaitront quelques petites perturbations. Si c'est le cas, l'impact n'est pas trop important car le blocage n'aura duré qu'une semaine ", nous explique Mantrach.
Selon notre source, "en matière de transport maritime, un retard d'une semaine n'est pas très grave car il arrive qu'un bateau tarde par exemple à cause du mauvais temps ou d'une grève au niveau d'un port". "L'impact aurait été réel et important si ce blocage devait durer un mois ou plus. Là, on aurait pu parler de répercussions graves", poursuit-il.
"Etant dans le flou quant au déblocage de la situation au niveau du canal de suez, certains armateurs ont pensé à faire passer leurs bateaux par l'Afrique du Sud, 9.000 km de plus, pour livrer leurs marchandises à temps", affirme le vice-président de l'Asmex.
10% du commerce mondial bloqué pendant des jours
Le Canal de Suez, long de quelques 190 km, voit passer environ 10% du commerce maritime international en provenance d'Asie vers la Méditerranée et l'Europe. C'est dire que c'est un passage stratégique reliant les deux continents et rapprochant les distances de plusieurs jours par rapport aux autres voies maritimes.
En 2020, près de 19.000 navires ont emprunté le canal, qui constitue une source essentielle de revenus pour l’Egypte, à laquelle il a rapporté 5,61 milliards de dollars l'année dernière.
Le géant navire de 400 mètres de long battant pavillon panaméen s'était échoué mardi 23 mars dans le canal, bloquant le trafic maritime pendant six jours. L'autorité du canal (SCA) est restée mobilisée pour débloquer la situation. Ce lundi 29 mars dans la matinée, la SCA a indiqué dans un communiqué que le porte-conteneurs a été remis à 80% dans la "bonne direction", ajoutant que "l'arrière du navire s'est éloigné de 102 mètres de la rive alors qu'il était à quatre mètres seulement".
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