La quasi-totalité des enseignants n’ont pas achevé le programme du 1er semestre

La quasi-totalité des enseignants, au niveau national, n’ont pas pu achever le programme du premier semestre de l’année scolaire en cours. La FNAPEM exprime ses inquiétudes pour le reste de l'année, notamment pour les niveaux certifiants. 

La quasi-totalité des enseignants n’ont pas achevé le programme du 1er semestre

Le 2 février 2021 à 15h16

Modifié 11 avril 2021 à 2h50

La quasi-totalité des enseignants, au niveau national, n’ont pas pu achever le programme du premier semestre de l’année scolaire en cours. La FNAPEM exprime ses inquiétudes pour le reste de l'année, notamment pour les niveaux certifiants. 

Le conseil national de la Fédération nationale des associations des parents d’élèves (FNAPEM) s’est réuni le 25 janvier dernier, afin d’évaluer le premier semestre de l’année scolaire en cours, marquée par l’adoption d’un enseignement hydride.

Cette évaluation s’est faite sur la base de rapports établis par les présidents régionaux et provinciaux de la Fédération. Plusieurs points ont été relevés lors de cette réunion, d’après Mohamed Berazouk, vice-président de la Fédération, et président du secteur de Fès, dont le principal est relatif au niveau des élèves

« La situation est pénible dans toutes les villes du Royaume », nous confie-t-il, notant que le mode d’enseignement hydride n’a pas porté ses fruits. « Les élèves continuent à étudier par groupes, et avouons-le, lorsqu’ils ne sont pas contrôlés par les parents ou par les enseignants, ils ne sont pas assidus, et ne suivent pas leurs cours convenablement ». Or, la majorité des parents ont repris le travail au bureau, et les enseignants ne peuvent pas allouer un temps supplémentaire pour assurer le suivi individuel de chaque étudiant. 

M. Berrazouk confirme ainsi les propos dont il nous a fait part dans un article précédent concernant la baisse du niveau des enfants.   

Ce constat reste toutefois contradictoire avec celui établi, le 20 janvier dernier, par le ministre de l’Education nationale, Saaid Amzazi, devant la Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants. Le ministre avait qualifié de succès ce mode d’enseignement, et a même exprimé son souhait de le maintenir après la crise.

Un autre point important relevé est relatif au programme scolaire. « La quasi-totalité des enseignants n’ont pas pu achever le programme du premier semestre, à cause de ce mode d’enseignement », accuse notre interlocuteur. 

Ce dernier ne cache pas son inquiétude pour le reste de l’année. Avec ce mode hybride, « les horaires d’enseignement sont réduits, et ne sont pas complets. Les enseignants auront-ils le temps de terminer tout le programme? », d’autant plus que le même cours est refait deux fois. L’inquiétude est plus élevée pour les niveaux certifiants, notamment « la 6e année du primaire, la 3e année du collège, ainsi que les 1ère et 2e années du baccalauréat ».

Absence d’orientations et de référentiels correspondants au mode hybride

« Nous vivons une situation exceptionnelle actuellement. Pourquoi le ministère de l’Education nationale n’adapte-t-il pas la programmation des leçons ainsi que les méthodes d’interrogations et d’examens au contexte actuel? », s’interroge-t-il 

En effet, « le ministère se comporte avec la situation actuelle comme si elle était normale, alors qu’elle est loin de l’être », nous assure pour sa part Ali Fennach, vice-président de la FNAPEM, chargé de la communication, joint par nos soins. 

Celui-ci déplore ainsi, au nom de la Fédération, « l’absence d’orientations précises et uniformes correspondant au modèle d’enseignement en alternance, couvrant tous les cycles d’enseignement, autant pour les élèves, pour leurs parents, que pour les enseignants, ce qui a impacté négativement le processus d’achèvement des cours prévus durant le premier semestre ». 

M. Fennach déplore aussi « l’absence de référentiels compatibles avec ce rythme d’apprentissage« . En effet, le programme scolaire n’est pas adapté au système hybride. Il est trop chargé au vu du contexte actuel. Ajoutée à cela l’absence journalière des élèves, en particulier dans les établissements qui les font venir une semaine sur deux. « Ils se sentent un peu en vacances, et les professeurs sont toujours obligés de revoir des parties du cours » pour s’assurer que tout a été bien assimilé. « La pression sur les enseignants est très élevée, ils doivent achever tout le programme pour préparer les étudiants à passer les examens de fin d’année ». 

« Lorsqu’on compare le référentiel de cette année avec celui de l’année précédente, on constate que les dates d’examens sont presque les mêmes, ainsi que leurs processus », ajoute notre source. 

Par ailleurs, la Fédération signale également l’absence d’égalité des chances entre les étudiants du privé et du public, à cause de la multiplication des formules d’enseignement disponibles dans les écoles marocaines. « En général, les élèves du privé sont plus avancés dans le programme scolaire que ceux du public, en particulier dans les grandes villes comme Casablanca ou Fès, où il y a un problème de surpeuplement des classes du public ». 

LA FNAPEM réitère ainsi ses inquiétudes face à « la régression de la qualité de formation de la génération actuelle d’élèves« , et appelle le ministère à trouver des solutions dans les plus brefs délais, pour dissiper les craintes des parents d’élèves. Elle demande également à revoir ce système hybride, ou de l’accompagner avec les référentiels adéquats.  

Lire aussi: Les profs peinent à enseigner avec le modèle hybride présentiel-distanciel

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