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HCP : Récession économique de 7% et 530.000 emplois perdus en 2020

Le Haut-Commissariat au Plan vient de publier son budget économique prévisionnel pour l’année 2021. Une récupération partielle est prévue après la récession de 2020, mais les prévisions sont entourées d’incertitudes liées à la pandémie.

HCP : Récession économique de 7% et 530.000 emplois perdus en 2020

Le 14 janvier 2021 à 10h42

Modifié 10 avril 2021 à 23h13

Le Haut-Commissariat au Plan vient de publier son budget économique prévisionnel pour l’année 2021. Une récupération partielle est prévue après la récession de 2020, mais les prévisions sont entourées d’incertitudes liées à la pandémie.

Le Budget Economique Prévisionnel 2021 est une révision du budget économique exploratoire publié au mois de juillet 2020. Il s’agit d’une nouvelle estimation de la croissance de l’économie nationale en 2020 et d’une révision de ses perspectives en 2021 et leurs effets sur les équilibres macroéconomiques interne et externe.

Pour 2020, le HCP parle d’une crise ayant entrainé un choc sévère et inédit sur l’activité économique, accentuant l’effet de deux années successives de sécheresse et entrainant ainsi une récession économique, la plus dure depuis plus de vingt ans. 

« Il s’agit à la fois d’un choc double d’offre et de demande dû aux conséquences lourdes de l’arrêt total ou partiel des activités des secteurs économiques, en particulier la perturbation des chaînes de valeurs, la restriction de la mobilité de main-d’œuvre et sur les voyages et la fermeture des frontières ».

Selon lui, l’année 2021 s’ouvrirait, cependant, sur des perspectives favorables. Elle devrait profiter d’une reprise attendue de la demande en liaison avec l’amélioration de l’économie internationale suite aux avancements des campagnes de vaccination, favorisant ainsi l’ouverture des frontières internationales et entrainant un regain de confiance des ménages et des investisseurs.

Le HCP souligne toutefois que les perspectives pour 2021 se basent sur un scénario d’une production céréalière moyenne de 75 millions de quintaux durant la campagne agricole 2020-2021, et dépendraient aussi de la dynamique des activités non agricoles qui pourraient connaitre un plus grand souci de consolidation des entreprises par les politiques publiques.

Voici les estimations de clôture de l’année 2020

– Croissance du PIB : -7%

– Croissance de la valeur ajoutée non agricole : -6,6%

– Croissance de la valeur ajoutée primaire : -7,1%

– Inflation : -0,1%

– Chômage 12,8% en hausse de 3,6 points

– Déficit commercial : 14,4% du PIB, en baisse de 3,8 points

– Besoin de financement de l’économie : 2,2% du PIB, en baisse de 2,2 points

– Déficit budgétaire : 7,4% du PIB, en hausse 3,8 points

– Taux d’endettement global : 94,6% du PIB, en hausse 14,2 points.

 

Outre ses effets combinés à la sécheresse sur la production, le HCP note que la crise sanitaire a lourdement impacté la demande intérieure qui a baissé de 6,7% avec une contribution négative à la croissance de -7,3 points :

– Consommation des ménages en baisse historique de 9,4%, le premier depuis 1997. Sa contribution à la croissance est négative de 5,3 points.

– Consommation des administrations en hausse de 6,2% en raison des dépenses exceptionnelles de l’Etat liées à la pandémie. Sa contribution à la croissance est de 1,2 point.

– L’investissement a baissé de 9,8%, contribuant négativement à la croissance avec -3,2 points.

Au registre de la demande extérieure, le déficit courant s’est allégé en raison d’une baisse plus importante des importations que celles des exportations et d’une résilience des transferts des MRE. Le déficit courant atteint 2,2% du PIB, en baisse de 2,2 points.

Mais du côté des finances publiques, l’effort budgétaire pour soutenir l’activité, conjugué à la baisse des recettes, a conduit à la détérioration du déficit budgétaire. Ce dernier s’est creusé à 7,4% du PIB au lieu de 3,6% en 2019.

Ce besoin de financement a été satisfait en partie par un recours massif au marché extérieur de la dette. Ainsi, l’endettement public s’est accru à 94,6% du PIB, en hausse de 14,2 points.

Voici les perspectives économiques en 2021

– Croissance du PIB : 4,6%

– Croissance de la VA non agricole : 3,6%

– Croissance de la VA primaire : 11%

– Inflation : 1,1%

– Déficit commercial : 15,6% du PIB, en hausse de 1,2 point

– Besoin de financement de l’économie : 3,3% du PIB, en hausse de 1,1 point

– Déficit budgétaire : 6,4% du PIB, en baisse d’1 point

– Taux d’endettement global : 95,6% du PIB, en hausse d’1 point

Le HCP parle d’une sortie de la récession et d’une récupération partielle de l’économie, avec une reprise de la demande extérieure, une campagne agricole meilleure que la précédente et le redressement des autres secteurs d’activité.

La demande intérieure devrait connaitre une amélioration relative (+5%), avec une reprise de la consommation des ménages (+3,9%) et de l’investissement (+6,7%).

Au plan des finances publiques, un retour progressif des recettes fiscales et une accélération des ressources non fiscales devraient atténuer la poursuite de la hausse des dépenses budgétaires, d’où un allègement attendu du déficit budgétaire à 6,4% du PIB.

Enfin, le niveau des réserves de change devrait rester confortable, couvrant près de 6,4 mois d’importations.

Les recommandations du HCP

Pour l’institution d’Ahmed Lahlimi, un renforcement des recettes de l’Etat est attendu pour rétablir l’équilibre budgétaire et assurer sa soutenabilité. « Ceci interpelle sur la qualité du système fiscal en vigueur et le degré de son efficience, face notamment aux crises. Il serait ainsi, préconisé d’accélérer la mise en œuvre d’une réforme de la fiscalité en s’appuyant sur les recommandations des assises fiscales de mai 2019 ».

Pour l’endettement, le HCP estime que le Maroc a encore des marges qu’il peut utiliser, en particulier la part relativement faible de l’endettement extérieur et la tendance baissière qu’a connue son coût au fil des années.

Et pour relancer la croissance, l’Etat est dans l’obligation aujourd’hui, selon le HCP, de s’engager sur les secteurs à fort potentiel en fédérant les grandes entreprises et consolidant celles qui sont petites et moyennes, moyennant le renforcement et la contribution à leurs ressources propres. « Il est aussi illusoire de croire résoudre le problème de l’informel qui reste un secteur qui contribue dans une large mesure à la création de la valeur ajoutée et de l’emploi. Celui-ci restera utile dans les périodes de difficultés sociales que vivent les citoyens en leur apportant en particulier des services de proximité ».

Le HCP appelle à ce que les politiques budgétaire et monétaire soient coordonnées dans le cadre d’une politique anticyclique qui permettra de stimuler l’activité économique et atténuer les difficultés économiques, sociales et psychologiques que la pandémie du Covid a occasionnées.

 

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