Marrakech : Petit rush des nationaux, mais pas de miracle en cette fin d'année 2020
Quelques jours après la célébration du nouvel an, le bilan hôtelier de la ville ocre s’annonce plus que médiocre à cause de l’instauration d’un couvre-feu national qui a occasionné 30% d’annulations chez les nationaux. Selon une source fiable, sans assouplissement rapide des mesures d’accès au Maroc et sans augmentation des liaisons aériennes, la période des vacances de février sera, en termes d’arrivées internationales, tout aussi catastrophique que le mois de décembre ignoré par les autorités.
Si d'ordinaire, les fêtes de fin d’année sont très attendues par les hôteliers de la première destination touristique du Maroc, le début de la saison hivernale a été catastrophique en raison des mesures restrictives de circulation qui ont découragé les touristes locaux et internationaux.
La petite hausse d’arrivées des nationaux n’a pas sauvé les fêtes de fin d’année
Sollicitée par Médias24, une source fiable, requérant l’anonymat, nous a affirmé que malgré la légère hausse d’arrivées de touristes nationaux dans la ville ocre durant les derniers jours du mois écoulé, il n’y a pas eu de miracle avec une fréquentation bien moins importante que les années précédentes.
« Certains établissements de grand luxe ont réussi à tirer leur épingle du jeu entre le 30 décembre et le 3 janvier mais la fréquentation hôtelière globale a été très faible notamment à cause de l’interdiction des festivités et de l’instauration d’un couvre-feu national de 21 heures jusqu’à 6 heures du matin.
Les hôtels ouverts ont réalisé 20 à 30% de taux de remplissage
« Quelques très rares hôtels de grand luxe ont réalisé des taux d'occupation convenables durant les derniers jours de l’année écoulée mais en règle générale, la situation a été plus que décevante.
« En effet, si les chiffres des derniers jours de l'année ne sont pas encore disponibles, les 100 hôtels ouverts sur les 200 existants de la ville ont dû enregistrer, pour tout décembre, une baisse de fréquentation de 70 à 80% par rapport au même mois de 2019 », révèle notre interlocuteur qui met en cause des mesures restrictives exagérées par rapport à d’autres destinations concurrentes.
L’annonce de l’instauration d’un couvre-feu a occasionné 30% d’annulations hôtelières
« S’il y a eu un petit rush de réservations hôtelières chez les touristes nationaux, il y a eu beaucoup d'annulations de séjours juste après l'annonce gouvernementale d'un couvre-feu durant 3 semaines.
« En effet, si le taux d'annulation a été différent en fonction du type d’établissement d’hébergement, on estime en moyenne à au moins 30 % le nombre de séjours annulés à la dernière minute », se désole notre source en rappelant l’effet catastrophique sur le tourisme national estival d’une annonce similaire qui avait interdit aux Marocains de circuler entre 8 villes à la fin du mois de juillet dernier.
S’inspirer de la recette gagnante de Dubaï pour rebondir en février prochain
« Pour renverser la tendance, il ne faudra pas compter seulement sur la campagne imminente de vaccination qui permettra de rassurer et booster les flux de touristes car il y a d'autres conditions à remplir avant.
« Ainsi, la ville de Dubaï, concurrente de Marrakech, a attiré de très nombreux touristes durant toute la période des fêtes aussi bien pour le réveillon de Noël que pour le jour de l'an.
Nécessaire assouplissement des conditions d’accès au territoire marocain
« Cela s'explique par le fait que cette destination donne le choix aux étrangers d'accéder au territoire des Émirats arabes unis, soit en présentant un résultat négatif de test PCR à l'aéroport de départ, soit en effectuant ce test à l'aéroport d'arrivée comme celui de Dubaï par exemple », révèle notre source pour qui cette politique de facilitation permettra au moins de doubler le nombre d'arrivées au Maroc.
« En effet, plusieurs pays touristiques comme la Grèce et la Turquie qui ont assoupli leurs mesures d'admission, tout en respectant les règles sanitaires ont été en mesure de relancer leur activité touristique sans connaître d’explosion des cas de contamination”,
Rétablir 50% du trafic aérien normal contre seulement 15% actuellement
« Si les gens ont toujours autant envie de voyager, il est impératif d'augmenter le nombre de liaisons aériennes comme la Turquie qui a rétabli 50% de son trafic aérien contre à peine 15% pour le Maroc.
« Il faut donc espérer que les autorités vont assouplir les conditions d'accès au territoire marocain et augmenter le nombre de liaisons aériennes pour les prochaines vacances scolaires de février car toute la profession attend en vain l’annonce de mesures moins restrictives depuis le ramadan dernier.
Des mauvais résultats qui s’expliquent aussi par l’inaction des pouvoirs publics
« Pour être honnête, l'inaction des pouvoirs publics nous a en effet coûté la saison d'été puis d'hiver ; mais si nous donnons le choix aux voyageurs d'effectuer un test PCR à l'arrivée au Maroc et mettons à leur disposition plus de capacités aériennes, la hausse des arrivées étrangères sera automatique.
« Sachant que nous sommes condamnés à vivre encore longtemps avec ce virus et qu’il est possible de concilier la santé des touristes et leur envie de voyager, la balle est donc dans le camp du gouvernement », conclut notre interlocuteur en espérant que le Maroc prendra les bonnes dispositions pour sauver la prochaine saison de février 2021.
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