Tourisme : Les transporteurs réclament un nouveau report des crédits jusqu’à juin 2021
Réunis ce 23 novembre, la fédération nationale des transporteurs touristiques affiliés à la CGEM-CNT, les représentants du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) et le SG du ministère du Tourisme se sont mis d’accord pour reporter les échéances des crédits des transporteurs jusqu’à décembre 2020. Selon Rachid Bouamara, président délégué de la FNTT, un round final de négociations se tiendra le 30 courant pour formaliser cet accord et examiner les demandes de la profession qui réclame un nouveau report jusqu’à juin, sous peine d’avoir 75% de faillites en 2021.
Faute de clients étrangers et de pouvoir rembourser les traites de leur parc automobile, les membres de la FNTT (CNT-CGEM) se sont à nouveau réunis, ce lundi 23 novembre, avec leur ministère de tutelle et les établissements bancaires pour trouver des solutions de survie en attendant la reprise.
Première étape, faire respecter le report jusqu’à fin décembre
Au terme de cette réunion qui a duré 2 heures, Rachid Bouamara, président délégué de la FNTT tient à préciser que le numéro 2 du ministère du Tourisme, le DG du GPBM et des responsables de banques comme Bank of Africa (BMCE), la Banque populaire, Attijariwafa bank… étaient tous présents.
« Il a surtout été question du report jusqu’à décembre prochain des échéances de crédits des transporteurs touristiques sans intérêts et sans majoration, que plusieurs banques refusent de mettre en œuvre, alors que c’est une des mesures phares du contrat-programme signé en août dernier entre le gouvernement et la CNT.
« En effet, plusieurs organismes bancaires et maisons de leasing n’arrêtent pas de nous harceler pour payer les échéances sous peine de saisir des véhicules après saisine du service de contentieux.
« Après discussion, tous les participants se sont mis d’accord sur le fait que certaines banques avaient un problème de communication et qu’elles allaient désormais devoir rectifier le tir.
"Les banques marocaines à capitaux français ne jouent pas le jeu"
« Pour y parvenir, une dernière réunion a donc été programmée lundi prochain pour formaliser cet accord et soulever d'autres points d'actualité.
« En réalité, le vrai problème ne se situe pas au niveau des banques marocaines, il se pose plutôt avec celles ayant un actionnaire français et qui refusent de reporter ces crédits, comme l’avait pourtant exigé le contrat-programme », nous révèle le président-délégué de la FNTT.
Ainsi, sur 50 transporteurs touristiques opérant à Marrakech, une trentaine d’entre eux seraient, selon notre interlocuteur, confrontés à des refus de banques marocaines associées à des groupes français.
« En fait, la FNTT demande juste l’application d’une disposition du CP dûment signée par le GPBM qui concernait le report jusqu’à fin décembre de tous les crédits ou leasings des entreprises touristiques sans ajout d'intérêts ou de majoration.
Faute de reprise en septembre dernier, un nouveau report de 6 mois s’impose
« Sachant que tout le monde pensait que la relance aurait lieu en septembre et qu’au final la crise se poursuit, nous avons prévenu nos interlocuteurs que la profession ne serait pas en mesure de payer ses crédits même après la dead-line de départ qui était censée être en décembre prochain.
« C’est pourquoi, nous avons demandé un nouveau report jusqu’à juin prochain, soit six mois de plus. En effet, n’ayant aucune visibilité sur la date de fin de la crise et sur l’efficacité réelle des campagnes mondiales de vaccination, il nous faudra encore au moins un nouveau semestre de plus pour se retourner.
« D’ici-là, nous espérons que les banques et organismes de leasing accepteront de reporter les échéances, sinon les faillites démarreront dès le mois de janvier à venir.
75% des opérateurs du secteur pourraient mettre la clé sous la porte fin 2021
« En effet, sur les 1.450 transporteurs qui possèdent 9.165 véhicules, à peine 25% sont des grandes entreprises et 75% sont des PME d’autant plus fragiles que 70% de leur parc a été acquis à crédit.
« Si nous sommes ravis des promesses obtenues aujourd’hui de pouvoir reporter jusqu’à décembre nos traites, nous espérons obtenir lors de la prochaine réunion décisive du 30 novembre, un nouveau report jusqu’à juin prochain, sans quoi 75% de la profession sera en faillite à la fin 2021 », conclut Bouamara qui se dit très inquiet pour l’avenir des 11.000 employés directs du transport touristique.
En effet, sachant que 40% de l’activité du transport touristique est concentrée dans la région de Marrakech qui est complètement sinistrée, il semblera difficile voire impossible aux sociétés d’être en mesure de rembourser leurs échéances de crédits dès le mois de janvier prochain …
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