Transporteurs touristiques : Risque croissant de saisie des véhicules puis de faillite
A l’arrêt total depuis quatre mois, les 1.450 sociétés de transport touristique qui emploient 11.000 personnes doivent à présent faire face aux menaces des sociétés de crédit et de leasing de saisir leurs véhicules acquis à crédit. Selon Rachid Bouamara, président délégué de la FNTT-CGEM, 75% d’entre eux risquent la saisie et 30% la faillite, sans le report d’un an des échéances et le maintien de l’indemnité CNSS pour leurs employés.
Si la crise du Covid-19 a montré la dépendance du tourisme à l’ouverture des frontières, le transport touristique est certainement le secteur d'activité qui a le plus pâti de l’arrêt des arrivées de visiteurs étrangers.
La chute du tourisme interne n’aura aucun impact sur le transport touristique
Joint par Medias24, Rachid Bouamara, président délégué de la fédération nationale du transport touristique (FNTT) affiliée à la CGEM, confirme que ses membres ne sont pas concernés par le tourisme interne, car les Marocains ne font pas appel à leurs 9.165 véhicules en préférant louer des voitures sans chauffeur.
« La récente décision d’interdire les déplacements à partir et vers 8 villes du Maroc n’aura aucun impact sur notre branche d'activité, sachant que les 1.450 sociétés de transport touristique réalisent plus de 90% de leur chiffre d'affaires avec les touristes étrangers pour des navettes aéroport-hôtel ou alors pour des excursions.
Menaces de saisie des véhicules par les établissements de crédit
« Si la situation au sein de notre profession était déjà terrible avec zéro recette, engrangée depuis la fermeture des frontières aériennes, le 15 mars dernier, nous devons aujourd'hui faire face à de nouvelles difficultés quasi insolubles.
« Depuis quelques semaines, des sociétés de crédit et de leasing ont en effet adressé à plusieurs confrères des mises en demeure avec des huissiers avant de commencer la procédure de saisie des véhicules.
« Le problème est que nos membres sont incapables de faire face aux échéances de leurs créanciers alors que le comité de veille économique leur avait pourtant demandé de reporter le paiement des traites en question.
« En effet, comment pourraient-ils rembourser ces crédits alors que l’activité est totalement à l'arrêt et qu’ils n’ont aucune entrée d'argent mais plusieurs charges fixes prioritaires (loyers, salaires …).
CVE et ministère de tutelle aux abonnés absents
« Etant totalement à l'arrêt et sans visibilité sur la réouverture des frontières, nous avons donc demandé à la ministre du Tourisme et au CVE de maintenir pour nos employés jusqu'à décembre 2020 l'indemnité CNSS de 2.000 dirhams/mois et de faire en sorte de reporter d'un an les échéances sans intérêt et sans majoration.
« Malgré les nombreux courriers de la FNTT-CGEM à l'association professionnelle des sociétés de financement, au comité de veille économique et au ministre des Finances, il n'y a eu aucune réaction.
1.000 entreprises menacées de saisie
« Cette menace de saisie est inquiétante, quand on sait qu’au moins 75 % des 1.450 transporteurs touristiques, soit 1.087 sociétés ont acquis à crédit un ou plusieurs véhicules, et que 80% de notre tissu économique est constitué de petites entreprises qui exploitent entre 1 et 5 véhicules.
« Ainsi, sans réaction rapide des autorités, ce sont donc plus de 1.000 entreprises qui risquent de se faire saisir leur outil de production à savoir leur parc de véhicules.
En attendant la reprise, au moins 30% des acteurs vont disparaître
« Sachant que nous attendions l'ouverture des frontières pour le mois de juin, puis pour juillet, et qu'avec la fermeture des 8 grandes villes marocaines, cela ne se fera certainement pas en août, nous n’attendons pas de reprise avant la fin de l'année, voire même en avril 2021 », conclut Bouamara. En ajoutant que d’après les nombreux appels de détresse reçus, par la FNTT-CGEM, de transporteurs sans recettes et acculés à payer leurs dettes, il estime qu’au moins 30% des acteurs du transport touristique vont disparaitre.
à lire aussi
Article : Coupe du monde 2026. Les éclairages de Mohamed Ouahbi
Un brin fataliste puis agacé par la tournure que prenait la conférence de presse organisée ce mardi 14 juillet au Complexe Mohammed VI de Salé, Mohamed Ouahbi a tenté d’apporter sa version des faits à des questions auxquelles il n’avait pas toujours les réponses. Mais le sélectionneur a tout de même affiché une foi inébranlable en l’avenir après l’élimination en quart du Mondial 2026.
Article : Pour responsabiliser les livreurs, Glovo va numéroter ses sacs
Dès le second semestre 2026, 10.000 équipements dotés d’un identifiant visible seront progressivement déployés au Maroc.
Article : Al Haouz : un avion militaire léger s'écrase après une panne moteur, le pilote indemne
L'ancien pilote de Mirage F1, qui était aux commandes de l’appareil, a été contraint de tenter un atterrissage d’urgence dans un douar proche de Marrakech.
Article : Après les crues de 2026, un barrage à 1,145 milliard de DH pour protéger Ksar El Kébir
Implanté sur l’oued Loukkos, en amont d’Oued El Makhazine, le futur ouvrage pourra retenir jusqu’à 400 millions de m³ et devrait entrer en service à l’horizon 2030.
Article : La station de dessalement de Casablanca sera opérationnelle en février 2027, annonce Nizar Baraka
D’une capacité initiale de 200 millions de mètres cubes par an, portée ensuite à 300 Mm³, l’infrastructure doit renforcer la sécurité hydrique du Grand Casablanca.
Article : Reprise de la guerre au Moyen-Orient : quel impact pour le Maroc ?
Le répit aura été bref. Moins d’un mois après l’accord entre Washington et Téhéran, les frappes ont repris et le Brent a bondi de 77 à 87 dollars en vingt-quatre heures. Pour un pays qui importe près de 90% de ses besoins énergétiques, l’enjeu dépasse largement le prix à la pompe. Transport, industrie, inflation et budget de l’État pourraient rapidement subir le contrecoup d’un conflit qui menace aussi les routes maritimes.