Transporteurs touristiques : Risque croissant de saisie des véhicules puis de faillite

A l’arrêt total depuis quatre mois, les 1.450 sociétés de transport touristique qui emploient 11.000 personnes doivent à présent faire face aux menaces des sociétés de crédit et de leasing de saisir leurs véhicules acquis à crédit. Selon Rachid Bouamara, président délégué de la FNTT-CGEM, 75% d’entre eux risquent la saisie et 30% la faillite, sans le report d’un an des échéances et le maintien de l’indemnité CNSS pour leurs employés.

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Transporteurs touristiques : Risque croissant de saisie des véhicules puis de faillite

Le 28 juillet 2020 à 17:00

Modifié le 28 juillet 2020 à 21:31

Si la crise du Covid-19 a montré la dépendance du tourisme à l’ouverture des frontières, le transport touristique est certainement le secteur d'activité qui a le plus pâti de l’arrêt des arrivées de visiteurs étrangers.

La chute du tourisme interne n’aura aucun impact sur le transport touristique

Joint par Medias24, Rachid Bouamara, président délégué de la fédération nationale du transport touristique (FNTT) affiliée à la CGEM, confirme que ses membres ne sont pas concernés par le tourisme interne, car les Marocains ne font pas appel à leurs 9.165 véhicules en préférant louer des voitures sans chauffeur.

« La récente décision d’interdire les déplacements à partir et vers 8 villes du Maroc n’aura aucun impact sur notre branche d'activité, sachant que les 1.450 sociétés de transport touristique réalisent plus de 90% de leur chiffre d'affaires avec les touristes étrangers pour des navettes aéroport-hôtel ou alors pour des excursions.

Menaces de saisie des véhicules par les établissements de crédit

« Si la situation au sein de notre profession était déjà terrible avec zéro recette, engrangée depuis la fermeture des frontières aériennes, le 15 mars dernier, nous devons aujourd'hui faire face à de nouvelles difficultés quasi insolubles.

« Depuis quelques semaines, des sociétés de crédit et de leasing ont en effet adressé à plusieurs confrères des mises en demeure avec des huissiers avant de commencer la procédure de saisie des véhicules.

« Le problème est que nos membres sont incapables de faire face aux échéances de leurs créanciers alors que le comité de veille économique leur avait pourtant demandé de reporter le paiement des traites en question.

« En effet, comment pourraient-ils rembourser ces crédits alors que l’activité est totalement à l'arrêt et qu’ils n’ont aucune entrée d'argent mais plusieurs charges fixes prioritaires (loyers, salaires …).

CVE et ministère de tutelle aux abonnés absents

« Etant totalement à l'arrêt et sans visibilité sur la réouverture des frontières, nous avons donc demandé à la ministre du Tourisme et au CVE de maintenir pour nos employés jusqu'à décembre 2020 l'indemnité CNSS de 2.000 dirhams/mois et de faire en sorte de reporter d'un an les échéances sans intérêt et sans majoration.

« Malgré les nombreux courriers de la FNTT-CGEM à l'association professionnelle des sociétés de financement, au comité de veille économique et au ministre des Finances, il n'y a eu aucune réaction.

1.000 entreprises menacées de saisie

« Cette menace de saisie est inquiétante, quand on sait qu’au moins 75 % des 1.450 transporteurs touristiques, soit 1.087 sociétés ont acquis à crédit un ou plusieurs véhicules, et que 80% de notre tissu économique est constitué de petites entreprises qui exploitent entre 1 et 5 véhicules.

« Ainsi, sans réaction rapide des autorités, ce sont donc plus de 1.000 entreprises qui risquent de se faire saisir leur outil de production à savoir leur parc de véhicules.

En attendant la reprise, au moins 30% des acteurs vont disparaître

« Sachant que nous attendions l'ouverture des frontières pour le mois de juin, puis pour juillet, et qu'avec la fermeture des 8 grandes villes marocaines, cela ne se fera certainement pas en août, nous n’attendons pas de reprise avant la fin de l'année, voire même en avril 2021 », conclut Bouamara. En ajoutant que d’après les nombreux appels de détresse reçus, par la FNTT-CGEM, de transporteurs sans recettes et acculés à payer leurs dettes, il estime qu’au moins 30% des acteurs du transport touristique vont disparaitre.

Transporteurs touristiques : Risque croissant de saisie des véhicules puis de faillite

Le 28 juillet 2020 à17:00

Modifié le 28 juillet 2020 à 21:31

A l’arrêt total depuis quatre mois, les 1.450 sociétés de transport touristique qui emploient 11.000 personnes doivent à présent faire face aux menaces des sociétés de crédit et de leasing de saisir leurs véhicules acquis à crédit. Selon Rachid Bouamara, président délégué de la FNTT-CGEM, 75% d’entre eux risquent la saisie et 30% la faillite, sans le report d’un an des échéances et le maintien de l’indemnité CNSS pour leurs employés.

Si la crise du Covid-19 a montré la dépendance du tourisme à l’ouverture des frontières, le transport touristique est certainement le secteur d'activité qui a le plus pâti de l’arrêt des arrivées de visiteurs étrangers.

La chute du tourisme interne n’aura aucun impact sur le transport touristique

Joint par Medias24, Rachid Bouamara, président délégué de la fédération nationale du transport touristique (FNTT) affiliée à la CGEM, confirme que ses membres ne sont pas concernés par le tourisme interne, car les Marocains ne font pas appel à leurs 9.165 véhicules en préférant louer des voitures sans chauffeur.

« La récente décision d’interdire les déplacements à partir et vers 8 villes du Maroc n’aura aucun impact sur notre branche d'activité, sachant que les 1.450 sociétés de transport touristique réalisent plus de 90% de leur chiffre d'affaires avec les touristes étrangers pour des navettes aéroport-hôtel ou alors pour des excursions.

Menaces de saisie des véhicules par les établissements de crédit

« Si la situation au sein de notre profession était déjà terrible avec zéro recette, engrangée depuis la fermeture des frontières aériennes, le 15 mars dernier, nous devons aujourd'hui faire face à de nouvelles difficultés quasi insolubles.

« Depuis quelques semaines, des sociétés de crédit et de leasing ont en effet adressé à plusieurs confrères des mises en demeure avec des huissiers avant de commencer la procédure de saisie des véhicules.

« Le problème est que nos membres sont incapables de faire face aux échéances de leurs créanciers alors que le comité de veille économique leur avait pourtant demandé de reporter le paiement des traites en question.

« En effet, comment pourraient-ils rembourser ces crédits alors que l’activité est totalement à l'arrêt et qu’ils n’ont aucune entrée d'argent mais plusieurs charges fixes prioritaires (loyers, salaires …).

CVE et ministère de tutelle aux abonnés absents

« Etant totalement à l'arrêt et sans visibilité sur la réouverture des frontières, nous avons donc demandé à la ministre du Tourisme et au CVE de maintenir pour nos employés jusqu'à décembre 2020 l'indemnité CNSS de 2.000 dirhams/mois et de faire en sorte de reporter d'un an les échéances sans intérêt et sans majoration.

« Malgré les nombreux courriers de la FNTT-CGEM à l'association professionnelle des sociétés de financement, au comité de veille économique et au ministre des Finances, il n'y a eu aucune réaction.

1.000 entreprises menacées de saisie

« Cette menace de saisie est inquiétante, quand on sait qu’au moins 75 % des 1.450 transporteurs touristiques, soit 1.087 sociétés ont acquis à crédit un ou plusieurs véhicules, et que 80% de notre tissu économique est constitué de petites entreprises qui exploitent entre 1 et 5 véhicules.

« Ainsi, sans réaction rapide des autorités, ce sont donc plus de 1.000 entreprises qui risquent de se faire saisir leur outil de production à savoir leur parc de véhicules.

En attendant la reprise, au moins 30% des acteurs vont disparaître

« Sachant que nous attendions l'ouverture des frontières pour le mois de juin, puis pour juillet, et qu'avec la fermeture des 8 grandes villes marocaines, cela ne se fera certainement pas en août, nous n’attendons pas de reprise avant la fin de l'année, voire même en avril 2021 », conclut Bouamara. En ajoutant que d’après les nombreux appels de détresse reçus, par la FNTT-CGEM, de transporteurs sans recettes et acculés à payer leurs dettes, il estime qu’au moins 30% des acteurs du transport touristique vont disparaitre.

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