PLF 2021: reclassement de l'aviculture comme activité agricole
Le projet de loi de Finance (PLF) au titre de l'exercice 2021 prévoit, dans sa version adoptée par la Chambre des représentants, le reclassement de l'aviculture comme activité agricole. Une mesure tant attendue et revendiquée, depuis plusieurs années, par les professionnels de ce secteur.
Arrivé à point nommé pour donner une lueur d'espoir aux aviculteurs pour une relance post-coronavirus prometteuse, cet amendement de l'article 46 du code général des impôts vise à considérer l'élevage de volaille en tant que production animale tout comme l'élevage des bovins, ovins, caprins et camélidés.
Il permettra ainsi, aux éleveurs de volaille de bénéficier du régime fiscal agricole qui prévoit une série d'incitations à même de promouvoir davantage la compétitivité de ce secteur qui constitue un levier essentiel pour la préservation de l'emploi, notamment en milieu rural.
"Le reclassement du secteur avicole comme activité agricole est une revendication que la profession réclame depuis 1995, date de création de notre fédération", a affirmé Chawki Jerrari, directeur de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole au Maroc (Fisa).
La fiscalité agricole est plus favorable dans la mesure où elle prévoit notamment un impôt sur les sociétés de 20% pour les exploitants qui réalisent un chiffre d'affaires supérieur ou égal à 5 millions de DH, tandis que les exploitants dont le CA est inférieur à 5 MDH sont exonérés de cet impôt.
Cet amendement est intervenu après une série de réunions et de concertations de la Fisa, l'Association nationale des producteurs des viandes de volailles (APV) et l'Association nationale des producteurs d'œufs de consommation (ANPO) avec les groupes parlementaires pour les convaincre d'adopter ce reclassement de l'élevage de volaille.
Un secteur qui ne voit toujours pas le bout du tunnel
La crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19 a contribué à l'effondrement de l'essentiel de la demande provenant de l'écosystème entourant l'aviculture (restauration, hôtellerie, événementiel..), plaçant le secteur dans une situation délicate.
La chute de la demande s'est systématiquement traduite par une diminution considérable de l'offre, ce qui a engendré une hausse spectaculaire des prix, avant de s'orienter à la baisse.
"Nous nous sommes attendus à une baisse des prix durant la deuxième quinzaine du mois de novembre. Les aviculteurs ont repris leurs activités de production et aujourd'hui, le prix du poulet varie entre 11 DH et 11,5 DH", a fait savoir la même source.
"Nous sommes en train de revenir à des prix très bas. Si ça reste à ce niveau, les professionnels vont pouvoir s'en sortir avec les moindres dégâts. Par contre, la situation serait catastrophique en cas d'un retour à des prix de 6 à 7 DH" ajoute le président de la fédération.
S'agissant de la relance post-coronavirus du secteur, tout dépend de l'offre et de la demande. "Nous sommes dans un marché libre. Tant que les mesures sanitaires sont appliquées, la demande devrait rester faible" a-t-il expliqué.
(Avec MAP)
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