Inquiets de la hausse des cas de Covid-19, les magistrats réagissent

La hausse des contaminations covid-19 dans les juridictions fait réagir le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire. Des tests obligatoires pour les cas suspects. Des magistrats contaminés se disent isolés et se plaignent du manque d'information.

Inquiets de la hausse des cas de Covid-19, les magistrats réagissent

Le 12 novembre 2020 à 17h54

Modifié 11 avril 2021 à 2h49

La hausse des contaminations covid-19 dans les juridictions fait réagir le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire. Des tests obligatoires pour les cas suspects. Des magistrats contaminés se disent isolés et se plaignent du manque d'information.

Désormais, tous les cas suspects parmi les magistrats et personnels des juridictions seront soumis « obligatoirement » au test Covid-19. Cette décision fait l’objet d’une récente circulaire signée par Mustapha Fares, président-délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire. Elle survient dans un contexte de hausse des cas de contamination touchant le secteur de la justice, conjugué à des flottements dans la gestion de la situation sanitaire dans les juridictions. 

Pour les cas suspects, la reprise de l’activité sera conditionnée par la présentation d’un résultat négatif. « Il s’agit d’une mesure préventive nécessaire pour garantir la santé des magistrats, du personnel judiciaire ainsi que des usagers », justifie Mustapha Fares, s’adressant aux responsables des différentes juridictions (premiers présidents des cours d’appel et procureurs généraux du Roi près les cours d’appel).

Quant aux cas confirmés, le haut magistrat appelle à assurer le suivi de leur situation, tout en leur garantissant l’accès à l’assistance et aux soins médicaux. Par ailleurs, les responsables judiciaires devront remonter des rapports périodiques et permanents au conseil, qui tient à être informé de « toutes les données relatives à la pandémie et les cas d’infection au sein de la magistrature et du personnel opérant dans les juridictions ». Des mesures seront prises sur cette base.

L’homme fort du pouvoir judiciaire répond ainsi aux inquiétudes formulées par ses pairs. Ses décisions font notamment écho à l’alerte lancée début novembre par le Club des magistrats du Maroc, l’une des associations les plus représentatives de la profession. « L’activité dans l’ensemble des juridictions a lieu sur un rythme habituel, faisant fi de l’évolution de la situation épidémiologique dans le pays », déplore son président Abdellatif Chentouf.

De nombreux magistrats infectés se plaignent de l’absence de communication juste après leur contamination. Isolés, ils se voient « contraints de chercher des solutions de soins individuelles et parfois difficilement accessibles. Pourtant, ils ont été infectés lors de l’exercice de leurs fonctions », poursuit le magistrat, qui attire l’attention sur la nécessité de gérer les cas contacts dans les juridictions.

CSPJ, Présidence du ministère public et ministère de la Justice s’étaient accordés à reprendre une « activité normale » dans les tribunaux à partir du 1er septembre, se fondant sur des données épidémiologiques beaucoup moins alarmantes. Ce jeudi 12 novembre, le Maroc a enregistré un record de 6.195 cas en 24 heures. 

Les chiffres spécifiques aux juridictions demeurent, quant à eux, rarement actualisés. Arrêtées au 26 octobre, les dernières données publiques, résultant de 23.120 tests effectués, font état de 691 cas confirmés, dont 6 décès parmi le personnel judiciaire (magistrats, fonctionnaires du greffe, etc.). Mais ces statistiques ont largement évolué si on se fie à des témoignages de magistrats. La situation est particulièrement inquiétante dans les tribunaux administratifs et de commerce de Rabat, où on signale plusieurs dizaines de nouveaux cas, ces trois derniers jours.

Dans sa circulaire, le premier président insiste sur la continuité du service judiciaire, et n’évoque aucun réaménagement du rythme de travail. Dans certains tribunaux, notamment dans la circonscription de Rabat, cette latitude est laissée aux responsables judiciaires qui instaurent des alternances entre le personnel.

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