Le télétravail et la labellisation des mesures sanitaires, autres ripostes au Covid-19
Le retour au télétravail, vivement recommandé par le wali de la région Casablanca-Settat et soutenu par la CGEM, est une manière de riposter à la hausse des cas de contamination dans la région, sans pour autant revenir à un confinement, ne serait-ce qu’à l’échelle régionale.
Lors d’un wébinaire intitulé ''Covid-19 dans la région Casablanca-Settat : les éléments de riposte'', organisé dimanche 25 octobre par la Société marocaine des sciences médicales (SMSM), Jalal Charaf, directeur général délégué de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a marché dans le sillage du wali de la région Casablanca-Settat, Saïd Ahmidouch.
Le représentant de la CGEM a en effet incité les entreprises de la région, particulièrement à Casablanca, à revenir au télétravail. ''Dès l’annonce de la hausse des cas dans la région Casablanca-Settat, le président de la CGEM a incité les entreprises à privilégier le télétravail lorsque c’est possible. Cela a déjà été dit par M. le Wali. Nous sommes sensibles à son message. Alors nous le redisons : que les salariés restent chez eux et poursuivent le télétravail'', a déclaré Jalal Charaf. Au passage, il a rappelé les ''kits de télétravail'' conçus par la CGEM pour permettre aux entreprises marocaines de poursuivre leurs activités de façon ''digitale''.
Il a aussi souligné la coopération des entreprises dans la mise en place des mesures barrières. ''Cela s’est concrétisé par un taux de positivité extrêmement faible lors de la campagne de dépistage massif dans les entreprises, coordonnée par la CGEM, le ministère de la Santé et de l’Intérieur'', a-t-il salué, rappelant que ''l’activité économique est intimement liée au niveau de maîtrise de la propagation de la pandémie par les autorités sanitaires''.
Labelliser les mesures de prévention anti-Covid sur les lieux de travail
Dans la foulée, il a rejeté l’idée d’un reconfinement. ''Le virus fait désormais partie de notre vie. Il n’est absolument pas concevable de suspendre l’économie par un nouveau confinement général. On ne peut pas se permettre un reconfinement, économiquement parlant. Les entreprises se démènent pour concilier les contraintes sanitaires et la poursuite de l’activité économique. Elles nous interpellent souvent lorsqu’elles ne savent plus comment agir. Beaucoup semblent d’ailleurs perdues. Il appartient donc désormais aux autorités de penser à de nouvelles stratégies pour ralentir la propagation du virus'', a-t-il prévenu, estimant que ''la difficulté provient de l’interaction des gens dans les sphères autres que professionnelles, et [que] c’est très certainement ce qui justifie les mesures de couvre-feu''.
''Reste à s’intéresser à des outils qui permettront de tracer, de piloter et de vérifier l’application des gestes barrières dans les entreprises'' qui ne peuvent pratiquer le télétravail, a poursuivi Jalal Charaf. A ce titre, il a annoncé la signature prochaine d’une convention entre la CGEM et l’Institut marocain de normalisation (Imanor), avec les ministères de la Santé et de l’Intérieur, afin de ''promouvoir l’utilisation du label Tahceine, octroyé aux entreprises qui appliquent les gestes barrières correctement''.
Et d’ajouter : ''La CGEM avait annoncé une labellisation sur les mesures de prévention contre le Covid. Nous nous sommes rapprochés de l’Imanor, qui a travaillé sur la base des guides élaborés par les équipes de la CGEM, du ministère de l’Intérieur et de la Santé. Nous voulions lancer un label, mais comme celui-ci existe déjà et qu’il est opérationnel, pour ne pas en créer un énième, nous avons décidé d’en faire la promotion.''
Le label Tahceine ''fixe les exigences devant être satisfaites pour assurer la continuité des activités dans des conditions sanitaires maîtrisées, et permettre de faire face, dans la durée, à la propagation de la maladie. Le référentiel propose également des lignes directrices et des recommandations permettant de satisfaire ces exigences'', indique l’Imanor sur son site. Ce dernier précise la procédure à suivre pour effectuer une demande de certification.
Une association pour gérer les services interentreprises
Mohammed Fikrat, président du Groupement interprofessionnel de prévention et de sécurité (GIPSI), a quant à lui indiqué avoir adopté ce label au sein de son entreprise, le groupe Cosumar. Une disposition qu’il juge ''utile'' compte tenu du fait que ''nous n’avons pour l’heure pas de vaccin, seulement des outils de prévention''.
L’entreprise a par ailleurs mis en place ''toutes les dispositions sanitaires nécessaires, notamment la distanciation, la désinfection des locaux, les précautions relatives aux différentes populations qui composent nos employés et, dans une certaine mesure, le télétravail''. Tout salarié qui s’absente est également testé ''de façon systématique'' à son retour.
Or, toutes les entreprises n’ont pas les moyens de tester leurs salariés, ni même parfois de mettre en place les dispositifs sanitaires comme le Plexiglas, les distributeurs de gel hydroalcoolique ou la distribution de masques. Autre problème : l’écrasante majorité du tissu entrepreneurial marocain est composé de TPE, et ces très petites entreprises n’ont pas la possibilité d’implanter dans leurs locaux un service médical de travail.
Pour pallier cette déficience, Mohammed Fikrat a annoncé la création de l’association ''Assist'', basée à Casablanca, à laquelle ont participé le GIPSI et l’Association des industriels de la zone Aïn Sebaa et Hay Mohammadi (AZIAN), entre autres parties prenantes. Son rôle est de ''gérer et porter les services interentreprises au service des PME et TPME''. Fraîchement créée il y a un mois environ, l’association devrait être prochainement opérationnelle, et déployée dans un premier temps uniquement à Casablanca.
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