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BUSINESS

En cas d'ouverture des frontières, la RAM espère revenir à 40% de son activité 2019

Même avec la réouverture des frontières, la RAM ne reviendra au niveau de 2019 qu'en 2024. Le lancement de 4 nouvelles lignes Marrakech-Europe est gelé.

En cas d'ouverture des frontières, la RAM espère revenir à 40% de son activité 2019
Samir El Ouardighi
Le 9 octobre 2020 à 17h56 | Modifié 11 avril 2021 à 2h48

Alors que l’espoir d’une reprise des vols internationaux de la RAM avait filtré après une réunion entre la ministre du Transport aérien, le DG de la RAM et les présidents de la RAM et de la CNT, une source fiable révèle à Médias24 que la situation n’a pas du tout évolué depuis le 8 septembre dernier et que l'avenir de la compagnie publique se présente plutôt mal en l'absence d'assouplissement rapide des obligations sanitaires.

Aucun assouplissement des contraintes sanitaires dans l’immédiat

Etant favorable à une réouverture totale des frontières avec des tests à l’arrivée, notre interlocuteur préfère donc s’exprimer sous couvert d’anonymat pour ne pas s’attirer les foudres de sa hiérarchie du ministère du Transport aérien qui se doit de respecter la position officielle des autorités marocaines.

A l’image de plusieurs opérateurs marocains et étrangers, notre source ne comprend pas « l’entêtement » des autorités marocaines à imposer un test négatif à l’embarquement alors que, selon plusieurs études internationales, l'avion, extrêmement ventilé, n'est pas un vecteur de contagion.

A la question de savoir si ce constat influerait sur les instances décisionnaires afin d’assouplir les procédures d'accueil sanitaire, notre interlocuteur déclare qu'aucun élément ne plaide en ce sens.

L’assouplissement des règles sanitaires n’a eu aucun effet positif sur le niveau des réservations

Sur la suppression du test sérologique et l'allongement de la validité du test PCR de 48 à 72 heures, il révèle que le changement n'a pas eu le moindre effet bénéfique sur les réservations de la RAM et que par conséquent, le Maroc n’a enregistré aucune hausse d’arrivées de touristes étrangers ni de MRE.

« Sachant que l'activité aérienne est au ralenti partout ailleurs, hormis pour les vols domestiques en Chine et aux Etats-Unis, la RAM ne réalise toujours que 10 % de son activité normale, mais d’autres pays comme la France, première destination touristique de la planète, ne font pas beaucoup mieux.

« Ainsi, malgré la réouverture quasi totale de ses frontières depuis plus de 3 mois, l'aéroport parisien CDG n’est toujours pas en mesure de réaliser plus de 20 % de son trafic habituel ».

Le lancement des 4 nouvelles lignes de la RAM à Marrakech reporté sine die

À la question de savoir si le lancement des 4 nouvelles lignes reliant Marrakech à des villes européennes était maintenu, notre interlocuteur nous invite dans un premier temps à contacter le président de la RAM avant de faire part de son pessimisme devant notre insistance.

« Pour l'instant, le projet est gelé car la RAM attendait un signal fort d'ouverture sans conditions des frontières avec le remplacement du test PCR à l'embarquement pour l’effectuer à l'arrivée au Maroc.

« Sachant qu’aux dernières nouvelles, le président Addou n'a pas eu de retour des autorités de tutelle, il lui est impossible de donner des assurances aux tour-operators étrangers pour remplir ses avions.

« Personne ne sait s'il y aura un report ou une annulation pure et simple du projet car actuellement, il y a beaucoup d’interrogations sans réponse chez la compagnie qui a besoin d'un vrai signal.

Les étrangers pas rassurés à l’idée de tomber malades ou de se retrouver bloqués au Maroc

« En fait, cette obligation d’effectuer un test ne rassure pas du tout les gens, car ce qui était censé être un loisir au départ [le voyage] devient une contrainte, voire une corvée pénible avec de longues files d'attente.

« Sans compter que tout le monde a peur de se retrouver malade dans le pays de séjour ou pire, être bloqué avec des frontières internationales qui se referment pour un énième confinement.

 « Tout cela crée une ambiance extrêmement anxiogène chez les voyageurs qui ne pourra être dépassée qu'avec un vaccin vraiment efficace et surtout définitif pour changer complètement la donne.

« En fait, à moins que les gens ne s'habituent à voyager avec autant de contraintes ou qu’un vaccin soit découvert rapidement, l'industrie aérienne, dont la RAM, ne pourra pas survivre indéfiniment.

Même en cas d'ouverture totale des frontières, les Français pourraient être moins nombreux en hiver

« En effet, comme toutes les compagnies aériennes de la planète, la RAM espère que le vaccin sera découvert très vite pour lui permettre de retrouver la moitié de son activité normale en 2021.

« Si la perspective de découvrir un vaccin donne beaucoup d'espoir pour permettre une réouverture totale et rapide des frontières marocaines, l'explosion récente des chiffres à Paris qui a enregistré 18.000 nouveaux cas en une journée n’arrange rien.

« Sachant que la France est le 1er marché émetteur étranger du Royaume, l’hiver et en particulier les vacances de fin d'année risquent certainement d’être une période glaciale en termes de fréquentation aérienne et touristique pour le Maroc.

Avec un vaccin fin 2020, il faudra encore attendre 4 ans pour que la RAM retombe sur ses pieds

 « En effet, si on garde toutes les exigences contraignantes de test et que le trafic aérien reste limité indéfiniment aux vols spéciaux, il sera difficile à la RAM de convaincre les gens de venir au Maroc.

« Pour 2021, elle espère atteindre le seuil de 40 % de son activité normale qui prévalait jusqu’en 2019 et ensuite monter par palier de 20 à savoir 60 % en 2022, 80 % en 2023 et enfin 100 % en 2024.

« Bien évidemment, ce scénario idéal repose sur les données dont elle dispose aujourd'hui, c'est-à-dire basé sur un vaccin disponible en décembre et sur une ouverture totale des frontières ».

Hormis la Grèce, aucun pays n’a réussi son come-back sur la scène mondiale touristique

A la question de savoir s'il existait un pays où le secteur touristique a vraiment repris des couleurs, notre source cite sans hésiter la Grèce qui aurait, selon lui, très bien vendu durant la saison estivale.

« En effet, tout en gardant le port du masque, cette destination mondiale de premier plan n'a pas exigé de test PCR à l'embarquement en préférant procéder à des sondages par quota, c'est-à-dire tester entre 15 et 20 % des passagers de chaque avion qui atterrit dans ses aéroports internationaux.

« Cette politique a porté ses fruits en rassurant les prescripteurs comme les T.O. mais aussi les touristes étrangers, venus nombreux ; ce qui a permis à ce pays de réaliser des chiffres très corrects durant l'été.

« A contrario, notre voisin tunisien qui a non seulement assoupli les contraintes d'accueil sanitaires mais également rouvert ses frontières aux compagnies charter n'a pas vraiment bien fonctionné.

« Même scénario pour l'Espagne, où le tourisme de masse habituel n'était pas au rendez-vous », conclut notre interlocuteur qui se veut assez pessimiste sur l’avenir de la RAM sans signal rapide des autorités.

Précisons que malgré notre insistance, le président Abdelhamid Addou a refusé de répondre à nos interrogations et en particulier de confirmer le gel/annulation du lancement des 4 lignes de Marrakech et les conditions sanitaires imposées par l’Etat qui font pourtant fuir ses éventuels clients.

 

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Tags : coronavirus, covid
Samir El Ouardighi
Le 9 octobre 2020 à 17h56

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