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ECONOMIE

Immobilier: les ventes redémarrent, les prix baissent (notaires)

La réduction des droits d'enregistrement et la suspension de l'application du référentiel des prix ont dynamisé les ventes immobilières. Une baisse des prix est également constatée par les professionnels qui espèrent une reconduction de ces mesures exceptionnelles.

Immobilier: les ventes redémarrent, les prix baissent (notaires)
Sara Ibriz
Le 28 septembre 2020 à 15h22 | Modifié 11 avril 2021 à 2h48

Marqué par un certain attentisme durant le mois de juin, le secteur de l’immobilier s’est libéré grâce aux apports de la loi de finances rectificative et aux décisions de l'Administration fiscale.

Il s’agit, rappelons-le, de la réduction de 50% des droits d’enregistrement relatifs à l'acquisition des logements et des terrains destinés à la construction dont la valeur ne dépasse pas 2,5 MDH et leur annulation pour le logement social. Ces dispositions sont applicables depuis fin juillet 2020 et resteront valables jusqu’au 31 décembre. 

Il s'agit également de la suspension de l'application du référentiel des prix des actifs immobiliers de la Direction générale des impôts.

"Ces mesures ont boosté les ventes"

Très attendues, les dispositions de la loi de finances rectificative visent à soutenir le pouvoir d’achat afin de relancer le secteur de l’immobilier. 

C’est donc en toute logique que leur application s’est traduite par une hausse des ventes, remarquée depuis la fin du mois de juillet comme le soulève Maître Abdellatif Yagou, président du Conseil national de l'ordre des notaires. 

"Depuis l’entrée en vigueur de la loi de finances rectificative, une hausse significative des ventes a été constatée. Cela était prévisible puisque plusieurs personnes avaient suspendu leurs projets d’acquisition en attendant la réduction ou l'annulation des droits d’enregistrement", explique-t-il. 

Un constat partagé par Maître Hassan Slaoui, notaire à Casablanca. Selon lui, "ces mesures ont boosté les ventes, surtout celles qui devaient être faites avant cette loi mais qui ont été mises en stand-by, arrêtées au stade de la réservation ou du compromis de vente, en attente de ce coup de pouce".

Cette remarque concerne également le logement social. Maître Slaoui, qui opère dans ce secteur, a noté un emballement des réservataires qui ont décidé, depuis le mois d’août, de réaliser les ventes définitives et bénéficier de l’exonération des frais d’enregistrement. 

"Si la crise sanitaire persiste, il est possible que ces mesures soient reconduites. En attendant, les gens ont pris conscience qu’il fallait concrétiser ces opérations avant le 31 décembre et se sont donc activés dans ce sens, surtout qu’en parallèle, on constate également une baisse des prix”, souligne le notaire. 

"Il y a une baisse conséquente des prix"

Après avoir fait face à une paralysie générale de l’activité pendant la période de confinement et un redémarrage lent et timide à partir du mois de juin, il a fallu baisser les prix de vente pour stimuler la demande, également impactée par la crise.

Cette baisse des prix et la reprise des transactions ont été encouragées par la suspension par la DGI de l'application du le référentiel des prix de l'immobilier depuis fin juillet 2020. Cette décision, qui vise à faire redécoller le marché sera applicable jusqu'au retour à une activité normale.

Selon Maître Yagou,"cette baisse des prix n’est pas générale et dépend de plusieurs facteurs, notamment géographiques puisque la situation diffère d’une ville à une autre". 

"L’immobilier obéit à la loi de l’offre et de la demande. Ainsi, si la demande est élevée, le promoteur immobilier n’a aucune raison de baisser le prix", explique-t-il. 

De plus, comme le précise Maître Slaoui, "les promoteurs qui ne sont pas dans le besoin ou qui ne financent pas leurs projets à travers des crédits, ne se sentent pas obligés de réduire les prix. Il ne s’agit pas d’une chute de prix ni d’une baisse générale mais d’un état d’esprit qui règne dans le secteur". 

Si elle n'est pas automatique, la baisse des prix n’en est pas moins substantielle. Elle n'épargne aucun type de biens, puisqu'elle concerne tant les appartements que les villas mais aussi les terrains nus. 

"Nous avons constaté une baisse conséquente des prix de vente et ce, même à Anfa supérieur. Il s’agit du quartier où le prix du mètre carré est le plus cher au Maroc. Dans certains quartiers de la capitale économique où le prix du mètre carré variait entre 19.000 et 20.000 DH, il est désormais possible d'acheter à 16.000 ou 17.000 DH au maximum", précise-t-il.

Coup de pouce? Peux mieux faire! 

Les dispositions de la loi de finances rectificative ont certes contribué à la relance tant espérée du secteur de l'immobilier, mais ne sont pas pour autant considérées comme suffisantes. 

En effet, il s'agit de mesures assujetties à des conditions qui en limitent l'application, notamment dans le temps. 

Pour Maître Hassan Slaoui, "ces mesures sont restreintes aux biens à usage d'habitation et ne dépassant pas 2,5 millions de DH. Beaucoup de gens en sont mécontents car ça aurait été plus courageux et plus ambitieux de les étendre à des opérations plus importantes, avec des prix plus élevés et ce, en incluant les biens à usage commercial et industriel". 

"Nous comptons réclamer au gouvernement la prorogation de ces mesures car tant que la crise sanitaire persiste, il faudra soutenir l'économie nationale", annonce Maître Yagou. 

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Tags : Immobilier
Sara Ibriz
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