Les recrutements reprennent progressivement au sein des entreprises
Encore timides fin juin, les recrutements reprennent et concernent des postes à valeur ajoutée pour permettre aux entreprises d’assurer la reprise. Mais la saison estivale n’étant traditionnellement pas une période propice aux recrutements, le véritable redémarrage est attendu en septembre.
''Les entreprises ne sont peut-être pas totalement rassurées, mais elles sont plus confiantes qu'il y a quelques semaines''. Amina Ghazi, directrice du recrutement au sein du cabinet ORH Assessment, filiale du groupe LMS Organisation & Ressources Humaines, se montre bien plus optimiste qu’il y a trois semaines, lorsque Médias24 avait pris le pouls des recrutements au Maroc.
Décrit fin juin comme frileux, timide, le redémarrage des recrutements est aujourd’hui ''plus dynamique et plus rassurant''. C’est du moins ce qu’observe le cabinet ORH Assessment. ''Je n’irais pas jusqu’à dire que la conjoncture est revenue à la normale, mais il y a tout de même une reprise des recrutements sur différents secteurs d’activité, notamment l’énergie, l’industrie pharmaceutique, la grande distribution, les banques et assurances, l’enseignement et les nouvelles technologies'', explique Amina Ghazi, jointe par Médias24.
La reprise, voire le dynamisme des recrutements dans le digital n’est pas une nouveauté : ''Les recrutements ont repris discrètement et de façon stratégique. Ils se tournent surtout vers les fonctions indispensables pour l’entreprise, principalement le digital et le commercial, afin, justement, de maintenir cette activité'', nous avait confié Amina Ghazi fin juin. Mais cet attrait prononcé pour le digital ne se retrouve pas chez tous les cabinets de recrutement : ''Très sincèrement, les besoins en termes de nouvelles technologies ne se manifestent pas véritablement chez nous actuellement. Il y a quelques demandes dans le marketing digital et pour des développeurs, mais ce n’est pas la vague à laquelle on aurait pu s’attendre'', indique le cabinet Pluriel RH, contacté par Médias24.
Loin d’être des remplacements, les nouveaux recrutements viennent combler de nouveaux besoins et concernent des postes apportant une valeur ajoutée à l’entreprise. ''Il s’agit surtout de besoins qui avaient déjà été définis en début d’année par les entreprises et intégrés à leur plan d’action et budget annuels. Ces nouveaux postes ne sont pas hors contexte : ils sont nécessaires à la continuité des activités des entreprises'', explique Amina Ghazi.
A l’heure où la relance économique est sur toutes les lèvres, les entreprises qui n’ont pas les ressources nécessaires à leur redémarrage doivent donc aller les recruter. Cette directrice du recrutement estime à 30% le taux d’entreprises non impactées par la crise qui sont aujourd’hui dans une dynamique de recrutement. ''Nous recevons également beaucoup de promesses pour la rentrée de septembre, le temps de laisser passer l’Aïd et les vacances estivales'', ajoute-t-elle.
Une reprise ''pas franche et massive'' mais bel et bien là
Tous les cabinets de recrutement ne sont pas aussi enthousiastes. Certains, qui se veulent toutefois optimistes, dressent un bilan mitigé de la reprise des recrutements. Au sein du cabinet H&F Associates, dont les clients sont majoritairement des multinationales avec des filiales implantées au Maroc, le constat est le suivant : une première moitié des entreprises est toujours en crise. ''Certaines ne reprendront les recrutements qu’en janvier 2021 parce qu’il y a un contexte de groupe : nos clients marocains ne sont pas impactés, mais les groupes internationaux auxquels ils appartiennent, eux, le sont. Ils demandent donc à leurs filiales marocaines de se serrer la ceinture pour faire un effort commun et participer à l’amélioration globale du groupe'', explique Romain Férier, directeur associé du cabinet H&F Associates, contacté par Médias24.
Une seconde moitié concerne les sociétés qui continuent à recruter et sont à la recherche de profils pour assurer la reprise. ''Au niveau local, les entreprises marocaines sont plutôt optimistes. Les restrictions qui peuvent leur être imposées sont dues à des phénomènes plus larges : ce sont les groupes qui souffrent et qui demandent à leurs filiales marocaines d’être prudentes'', insiste Romain Férier.
La reprise n’est donc ''pas franche et massive'' mais, signe qu’elle est bien là, le cabinet H&F Associates dit avoir regagné 50% des missions qui lui sont confiées, tandis qu’il en avait perdu 70% fin mars.
La crise sanitaire conjuguée à l’été
Le redémarrage se fait aussi sentir chez les entreprises qui avaient initié leur processus de recrutement en tout début d’année, avant la crise sanitaire et le confinement. ''Ces sociétés avaient manifesté leurs besoins avant la crise ; elles avaient des postes à pourvoir urgemment. Les profils demandés concernent le commercial, la fonction comptable et le secteur des achats et de la logistique'', observe le cabinet Pluriel RH.
''Tout le reste a été mis en stand-by. A notre niveau, la reprise est globalement très timide. En toute honnêteté, la période actuelle n’est pas propice au recrutement'', nous dit ce même cabinet. Il y a bien sûr la crise sanitaire, mais elle n’explique pas à elle seule la frilosité des entreprises que constate ce cabinet de recrutement : ''L’été n’est traditionnellement pas une période durant laquelle les employeurs recrutent. Si reprise il y a, elle se quantifiera et se confirmera en septembre.''
D’autant que, à en croire le cabinet Pluriel RH, les candidats ne se pressent pas. ''On pensait qu’on recevrait beaucoup de candidatures, or nous n’en avons pas reçu tant que ça pour la simple raison que les candidats diffèrent leurs recherches en cette période estivale. La reprise est certes très timide, mais elle l’est encore plus pendant l’été.'' Et peut-être plus encore en cet été 2020 qui survient après trois mois de confinement.
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