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EDUCATION

L’école publique, réceptacle du mécontentement des parents d’élèves du privé ?

Les parents d’élèves des écoles privées sont nombreux à envisager de mettre le cap sur l’école publique, d’après la Fédération nationale des associations de parents d’élèves, qui reçoit de nombreux appels et courriers de parents excédés et à bout financièrement.

L’école publique, réceptacle du mécontentement des parents d’élèves du privé ?
Solène Paillard
Le 7 juillet 2020 à 16h24 | Modifié 11 avril 2021 à 2h47

Les parents d’élèves des écoles privées ne cachent pas leur mécontentement. Sur les réseaux sociaux ou lors de discussions entre parents, ces derniers sont nombreux à envisager d’inscrire leurs enfants dans des établissements publics pour l’année scolaire 2020-2021.

Contacté par Médias24, Mohamed Berazouk, premier vice-président de la Fédération nationale des associations de parents d’élèves (FNAPEM) et président du secteur de Fès, observe que les relations entre les parents d’élèves et les établissements privés, qui concentrent un million d’élèves, sont loin d’être au beau fixe. ''Elles sont mauvaises'', juge-t-il.

En cause, les écoles privées qui pressent les parents de régler les frais de scolarité pour les mois d’avril, mai et juin, c’est-à-dire toute la période de l’enseignement à distance, alors que de nombreux parents rencontrent actuellement d’importantes difficultés financières liées à la crise sanitaire et au confinement, quand d’autres ont carrément perdu leur emploi.

''Un faux débat'', estime l’Alliance de l’enseignement privé au Maroc

Conséquence : le mécontentement des parents envers les écoles privées va crescendo. Mohamed Berazouk nous dit recevoir ''énormément'' d’appels ou de courriers de parents qui, déçus du comportement de ces établissements, envisagent désormais de se tourner vers les écoles publiques. ''Beaucoup de parents nous contactent pour nous dire qu’ils cherchent des classes dans les écoles publiques. Ils peinent à régler les mensualités d’avril, mai et juin'', souligne Mohamed Berazouk.

En cas d’afflux vers les écoles publiques, le premier vice-président de la FNAPEM redoute de voir des classes surchargées à la rentrée. Une crainte qui n’est pas sans rappeler les propos du ministre de l’Éducation nationale, Said Amzazi, tenus le 2 juillet dernier lors d’une allocution devant les députés membres de la commission parlementaire permanente chargée de l’enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants. ''Une migration du secteur privé au public ne doit pas avoir lieu puisque cela voudrait dire que nous avons échoué tous à trouver une solution à cette crise. Pourquoi ? Parce que l’école publique n’est pas prête à recevoir des effectifs importants des écoles privées'', avait-il déclaré.

''Les écoles privées doivent taper à la porte du gouvernement, pas à celle des parents d’élèves, dont beaucoup sont dans une situation difficile'', grince Mohamed Berazouk, insistant sur la nécessité de mettre en place des facilités de paiement ou une réduction ''d’au moins 50%'' des mensualités pour les parents en difficulté, voire la gratuité pour ceux qui ont perdu leur emploi.

C’est pourtant déjà chose faite, rappelle auprès de Médias24 Anouar Himdi, vice-président de l’Alliance de l’enseignement privé au Maroc. ''C’est un faux débat'', balaye-t-il. ''Les écoles ont déjà ouvert les négociations avec les parents d’élèves et pris des engagements avec le ministère de l’Éducation nationale et les académies régionales. Elles ont notamment proposé un rééchelonnement pour les parents en difficulté'', souligne-t-il.

Début avril, l’Alliance de l’enseignement privé au Maroc a en effet annoncé le report, le paiement échelonné ou carrément l’exemption des frais de scolarité pour les familles en difficulté qui en font la demande et qui justifient leur situation. S’exprimant à la MAP, Abdeslam Ammor, président de l’Alliance, avait expliqué que "les écoles privées sont prêtes à tendre la main aux familles touchées par les répercussions de la pandémie, soit en reportant le paiement des frais mensuels, soit en les payant par tranches soit en les en exemptant totalement si les circonstances le nécessitent, à condition que les parents dans le besoin soumettent des demandes et des documents qui justifient la précarité de leur situation".

De plus, le 9 juin, lors d’une rencontre de médiation organisée par l'Académie régionale de l'éducation et de la formation (Aref) de Rabat-Salé-Kénitra entre les représentants des associations professionnelles de l'enseignement privé et les associations des parents et tuteurs d'élèves, il a été convenu de mettre en œuvre toutes sortes de flexibilité nécessaire et possible pour estimer la disposition des familles à payer les montants mensuels dus, en ces circonstances exceptionnelles.

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Solène Paillard
Le 7 juillet 2020 à 16h24

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