L'alliance des écoles privées annonce des mesures pour les familles affectées
L’Alliance de l’enseignement privé au Maroc annonce le report, le paiement échelonné ou carrément l'exemption des frais de scolarité pour les familles en difficulté qui en font la demande et qui justifient leur situation.
Une correspondance de plusieurs écoles privées adressée aux parents d'élèves leur rappelant de s'acquitter des frais de scolarité pour le mois d'avril a déclenché la colère des familles ayant perdu leur principale source de revenus, ou vu leurs ressources diminuer.
L'affaire fait polémique depuis le début du mois d'avril. Certains parents qualifient les écoles d'"insensibles", se préoccupant uniquement de leurs gains et estiment que ces établissements n’ont pas tenu compte de la situation difficile que traversent de nombreuses familles. D'autant plus qu'avec la dispense des cours à distance compte tenu de la fermeture des écoles et du confinement, les parents assurent l'essentiel de l'éducation de leurs enfants.
Dans un document en date du 7 avril, dont Médias 24 détient copie, l’Alliance de l’enseignement privé au Maroc annonce que les établissements privés sont prêts à mettre en œuvre des mesures adéquates au profit des familles les plus touchées par la crise, sur la base de documents justifiant leur situation.
Malgré nos nombreuses tentatives de joindre Abdeslam Ammor, président de l’Alliance, pour vérifier l’authenticité de ce document, ce dernier est resté injoignable. Toutefois, dans une déclaration à la MAP ce mercredi 8 avril, M. Ammor confirme l'information. Cela dit, on ne sait si toutes les écoles privées au Maroc appliqueront ces mesures sur le terrain.
S'exprimant à la MAP, M. Ammor a expliqué que "les écoles privées sont prêtes à tendre la main aux familles touchées par les répercussions de la pandémie, soit en reportant le paiement des frais mensuels, soit en les payant par tranches soit en les en exemptant totalement si les circonstances le nécessitent, à condition que les parents dans le besoin soumettent des demandes et des documents qui justifient la précarité de leur situation. L’essentiel c’est de poursuivre l’activité éducative pour finir le programme à la fin de l’année scolaire".
Ammor : la situation est difficile pour 70% des établissements privés
M. Ammor s’est également arrêté sur la fragilité du secteur de l’enseignement privé au Maroc, expliquant qu"'il existe environ 6.000 établissements scolaires privés dans le Royaume, parmi lesquels 70% considérés comme moyens à petits, avec des frais mensuels ne dépassant pas les 800 DH. Il est difficile pour ces entités-là de faire face à toute interruption de revenu ou problème financier susceptible de freiner leur fonctionnement normal".
Concernant les écoles privées qui réclament leurs mensualités tout en bénéficiant des compensations de la CNSS, M. Ammor a affirmé que "cette question ne se pose pas" ajoutant qu’"aucun recours à cette Caisse ne sera fait puisque les écoles et les enseignants continuent de travailler et les élèves continuent de recevoir leurs cours". Il a précisé, dans ce sens, que le gouvernement donne la possibilité de bénéficier des prêts "Damane Oxygène", qui vont permettre aux établissements scolaires de payer leurs salariés et de couvrir l’ensemble de leurs dépenses mensuelles.
Rappelant que la décision ministérielle de suspendre les cours a mis l’accent sur la continuité pédagogique à distance, il a souligné que "les établissements d’enseignement ont consacré tous les moyens possibles pour dispenser les cours à domicile. Ils ont été obligés de s’adapter à cette nouvelle réalité, en faisant recours, dans un premier temps à des outils comme WhatsApp et Facebook, pour ensuite développer d’autres mécanismes, qui utilisent des applications interactives et audiovisuelles, gratuites pour quelques-unes, payantes pour d’autres".
Pour conclure, M. Ammor a souligné la nécessité de ne pas licencier les employés de l’enseignement privé, mais de garantir la stabilité sociale du staff pédagogique qui poursuit son travail, ainsi que celles des employés dont les activités ont été provisoirement suspendues, notamment les chauffeurs et les femmes de ménage.
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