Ramid, relance économique, solidarité sociale, Samir: les positions de Damir
Le bureau exécutif du mouvement Damir a passé en revue les principaux sujets qui intéressent l’opinion publique nationale, notamment les questions relatives à la couverture sociale, les langues et la nouvelle carte d’identité nationale, la gestion gouvernementale de l’impact de la pandémie ...
Le bureau exécutif du 25 juin a abordé la question liée au cas de feue Jamila Bishr, ancienne secrétaire au sein du cabinet de l'avocat et ministre des droits de l'homme Mustafa Al-Ramid, ainsi qu'à des cas similaires. "Le bureau insiste sur la responsabilité morale à cet égard en général, et en particulier pour toutes les personnes qui exerce une responsabilité publique", indique un communiqué.
En effet, le bureau invite toute personne agissant dans l’espace public (membres du gouvernement, parlementaires, institutions politiques, syndicales ou associatives) à publier une déclaration sur l'honneur, par laquelle il est confirmé que tous les employés de leurs institutions, bureaux ou associations bénéficient d'une couverture sociale. Dans le cas contraire, ils doivent s'engager publiquement à les enregistrer dans un délai ne dépassant pas un mois, ajoute la même source.
Le Bureau exécutif a également examiné le projet de loi 04.20, relatif à la carte d'identité nationale, qui a été soumis devant la commission de l'intérieur, des collectivités territoriales, de l'habitat et de la politique de la ville, au Parlement. Celui-ci ne prend nullement en considération les acquis du texte constitutionnel de 2011. En effet l’article 4 du projet stipule l'écriture des données de la carte nationale en utilisant uniquement les langues arabe et française, en violation flagrante de la Constitution qui reconnaît l'officialisation de la langue amazighe. A cet égard, le mouvement Damir appelle tous les parlementaires à œuvrer à la modification du projet de loi susmentionné en y incluant la nécessité de l'écriture des données des cartes en langue amazighe en plus de l'arabe, comme stipulé par l'article 21 de la loi organique de la langue amazighe.
Gestion de pandémie
Enfin, la gestion économique et sociale de la crise du Covid-19 a été passée en revue dans le détail: à ce propos, le mouvement Damir note avec satisfaction les décisions prises par le Comité de veille économique en matière de soutien financier aux ménages les plus vulnérables et aux entreprises les plus fragiles, tout en attirant l’attention du gouvernement sur leur caractère limité et insuffisant par rapport à l’ampleur des défis qui attendent notre économie nationale.
Par ailleurs, le mouvement recommande de proroger le bénéfice des mesures sociales, fiscales et bancaires à la fin du mois de septembre 2020, au lieu du 30 juin 2020. "Le ministère de l’Economie et des Finances et Bank Al Maghrib doivent veiller à une application stricte par les banques, sans entrave ni bureaucratie, des décisions prises au sein du Comité de veille économique. Les moratoires aux crédits bancaires et les enveloppes supplémentaires ne feront que reporter la défaillance des entreprises touchées de plein fouet par la crise. A l’instar des décisions d’appui financier prises par d’autres pays, l’Etat doit soutenir directement les entreprises en les aidant à reconstituer leurs fonds propres à travers des aides et des subventions ponctuelles pour éviter la destruction irréversible de nos capacités productives, ainsi que la survenance de faillites en série et de licenciements massifs."
Selon la même source, des dispositifs d’urgence doivent être déployés pour empêcher les pratiques de prédation qui viendraient précipiter une chute irréversible des TPME en difficulté et les exposeraient à l’appétit gargantuesque de grands groupes, généreusement dotés de trésoreries, de facilités bancaires et d’entregents judiciaires.
A l’instar des grandes banques centrales étrangères, Bank Al Maghrib doit reconsidérer sa politique monétaire et macro-prudentielle, en réduisant drastiquement son taux directeur pour le ramener à un territoire proche de 50 pbs, en déployant des mécanismes dits non conventionnels à travers des rachats de dettes publiques et privées et en assouplissant les règles de Bâle III.
Enfin, la gestion financière de la crise du Covid-19 doit se faire dans le respect strict du principe de transparence, ce qui doit conduire la Trésorerie générale du royaume à publier régulièrement le détail par donateur des ressources collectées et des dépenses engagées au titre de ce fonds, ajoute le communiqué.
Dossier la Samir
Concernant le dossier de la Samir et des prix des hydrocarbures, Damir considère que le recours de l'Etat à l’exploitation de la raffinerie marocaine de pétrole, La Samir, à travers la location de ses capacités de stockage est une démarche positive de reconnaissance du rôle stratégique de la raffinerie dans le renforcement de la sécurité énergétique du Maroc. Prenant acte de la désignation discrétionnaire de la banque d’affaires conseil par le tribunal de commerce de Casablanca, le Mouvement recommande vivement que le redémarrage rapide de l’activité de raffinage à Mohammedia et la sauvegarde des emplois directs et indirects de la Samir, soient érigés en priorité par rapport à toutes autres considérations, notamment de valorisation.
En lien direct avec ce dossier, le Mouvement considère que le gouvernement serait bien inspiré de suspendre la libéralisation du secteur pétrolier jusqu'à ce que les conditions d'une concurrence réelle soient réunies, et de décider sans plus tarder du retour à la régulation et au plafonnement à la pompe des prix des hydrocarbures. Le retard pris dans la publication du rapport d’investigation du Conseil de la concurrence est plus que surprenant, et seul ce rapport sera en mesure d’éclairer l’opinion publique au sujet des soupçons d’ententes illicites sur le marché national des produits pétroliers.
La situation financière des entreprises publiques
"Le mouvement Damir observe avec préoccupation la dégradation de la situation financière de nombre d’établissements et entreprises publics, que la crise du Covid-19 ne fait que mettre en relief de façon plus apparente, après les alertes régulières de la Cour des comptes dans ses différents rapports d’audit."
Tout en rappelant la nécessité de repenser le mode de pilotage stratégique et opérationnel du portefeuille public et d’installer des règles de bonne gouvernance permettant de valoriser le patrimoine industriel et économique de l’Etat, le mouvement s’interroge plus spécifiquement sur l’ampleur des pertes enregistrées au terme du premier trimestre 2020 par la Caisse de dépôt et de gestion (-930 millions de DH ou -3.522 millions de DH selon les normes IFRS), ainsi que sur les critères et règles régissant ses choix d’investissement. A la lumière notamment des questionnements suscités par certains médias qui ont fait état d’un "sauvetage" d’une petite banque privée par le fonds de retraite RCAR qui y a injecté 200 millions de DH supplémentaires.
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