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Débat : Comment répondre aux besoins sociaux à l'ère du Covid-19

Qu’est-ce que l’innovation sociale ? Quelle est sa place actuellement ? Pour quelles perspectives post-covid ? Voici les réponses de Adnane Addioui, président du centre marocain pour l'innovation et l'entrepreneuriat social.

Débat : Comment répondre aux besoins sociaux à l'ère du Covid-19
Sara Ibriz
Le 30 juin 2020 à 15h01 | Modifié 10 avril 2021 à 22h44

Le Policy Center for the New South a organisé, le 26 juin 2020, un webinaire avec la participation de Adnane Addioui, président du Centre marocain pour l’innovation et l’entrepreneuriat social et membre de la Commission spéciale sur le modèle de développement.

Selon ce dernier, il est possible de définir l’innovation sociale en alliant deux expressions clés. La première est « l’approche besoin » qui permet de savoir comment répondre de manière innovante aux besoins sociaux.

La seconde est celle du « changement systémique » qui a pour objet de répondre à ces besoins tout en transformant le système.

Pour simplifier le concept, M. Addioui a cité l'exemple de « Wikipédia » qui permet de partager l’information gratuitement et en temps réel. Mais aussi « le financement participatif, les énergies renouvelables et les énergies alternatives », qui représentent également "des formes d’innovation sociale, dont l’objectif est de transformer les modes et les codes d’utilisation".

Les deux autres intervenants du webinaire, Hajar Moujtahid et Yassine Ettayal, sont deux jeunes entrepreneurs sociaux, respectivement à la tête de « Healthcare Innovation » et « EduCall ».

Bien qu’elles aient été lancées avant la pandémie du coronavirus, les deux entreprises agissant dans les secteurs de la santé et de l’éducation, ont dû s’adapter durant cette période de crise en digitalisant partiellement leurs concepts.

La crise sanitaire a servi d’exemple

Selon Adnane Addioui, la crise sanitaire a servi d’exemple pour "le Marocain lambda qui, sans être directement concerné, a compris que les besoins sociaux sont des besoins transverses".

"En restant chez lui  durant la période de confinement, le citoyen se protégeait d’un risque de contamination, qui le concerne directement. De plus, il a pu protéger ses concitoyens d’un risque de propagation et limiter les conséquences de la pandémie sur le système de santé", explique M. Addioui.

Avant la crise sanitaire, les médecins n’entretenaient que rarement une communication avec leurs patients. Depuis le début de la pandémie, celle-ci s’est développée, à travers des vidéos de sensibilisation et d’explications publiées sur les réseaux sociaux. Cela dit, "il faut pérenniser cette communication", espère Hajar Moujtahid.

Dans ce sens, l’entreprise sociale « Healthcare Innovation » vise à implémenter la notion « d’approche communautaire » auprès des étudiants en médecine, en les préparant via des programmes éducatifs à être à l’écoute de leurs patients, en développant leurs « soft skills ».

Quant au secteur de l’éducation, Yassine Ettayal, fondateur d’EduCall, rappelle que le covid-19 a permis d’initier des professeurs et enseignants à la technologie.

"Cette dernière n’avait qu’une place minime dans le système éducatif, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui", affirme l’entrepreneur.

Les outils technologiques sont d’ailleurs mis à profit par l’entreprise « EduCall » qui a lancé, pendant cette période de crise, l’initiative « 9ra men dar » destinée à "accompagner les métiers de l’enseignement dans la création d’une, voire de plusieurs écoles virtuelles. L’idée est de permettre aux enfants d’accéder à des cours en ligne, qui complètent les supports publiés sur les plateformes du ministère de l’Enseignement".

"Il faut qu’on ouvre les portes"

L’impact de la pandémie sur l’aspect social de l’innovation est, selon les intervenants du webinaire, indéniable. Quelles sont donc les perspectives du concept de l'innovation sociale, dans un monde post-Covid ?

Pour Adnane Addioui, il est certain que plusieurs pays feront face à une montée du nationalisme :

"Cela supposera plus de supports pour les initiatives qui sont, à la base, nécessaires pour l’ensemble de la population et qui permettront de mieux répondre aux besoins sociaux. L’Allemagne, ou encore le Canada ont investi des millions de dollars pour favoriser l’inclusion et les projets impacts en termes de création de ventilateurs, de production et de partage de masques, etc."

Le Président du centre marocain pour l’innovation et l’entrepreneuriat social appelle les institutions telle que le "Policy center for the new south, à mettre en valeur les initiatives locales", car "il est temps qu’on ouvre les portes" estime M. Addioui.

Selon lui, le Maroc est à un moment historique et l’intérêt pour le Royaume "dans un environnement qui sera en transformation, est de libérer les valves et d’ouvrir les possibilités pour créer plus de collaborations. Ces dernières vont nous permettre de réduire les inégalités, générer plus de croissance inclusive et stabiliser les problématiques géopolitiques de la région".

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Sara Ibriz
Le 30 juin 2020 à 15h01

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