Les établissements et entreprises publics demandent 16 MMDH de soutien à l'Etat
Sur les 16 milliards, 10 milliards de DH correspondent à des demandes de soutien financier dès cette année, sous la forme de garanties, subventions ou injection de capital.
Si on ne connaît pas le remarquable travail effectué par l'équipe de la DEPP (Direction des établissements publics et de la privatisation au ministère des Finances), le webinar organisé vendredi 19 juin par l'Ordre des experts comptables (OEC) a été une excellente occasion pour mesurer l'oeuvre effectuée. D'ailleurs, entre les deux institutions, existe depuis les années 90, une longue complicité; qu'une personnalité comme Abdelaziz Talbi à elle seule, peut résumer. Abdelaziz Talbi, ex-directeur de la DEPP, expert comptable et l'une des grandes figures de la profession et de l'ordre.
Le webinaire a été organisé par l’OEC, avec la participation de plusieurs grandes figures de la profession, Abderrahmane Semmar, directeur des entreprises publiques et de la privatisation (DEPP), Rabie Khlie, directeur général de l’ONCF ainsi qu’une personnalité historique de la DEPP et de l’OEC, Abdelaziz Talbi. Le thème en était la relance du secteur des EEP et la contribution de l'Expert -Comptable.
Demandes urgentes pour 10 milliards de DH
Les entreprises et établissements publics ont adressé à l’Etat des demandes de soutien financier dépassant 16 milliards de DH, dont 10 milliards de DH à caractère urgent et dès 2020, a révélé Abderrahmane Semmar, directeur de la DEPP, direction des établissements publics et de la privatisation au ministère des Finances.
Les soutiens demandés sont multiformes, allant de la garantie jusqu’à l’injection de capitaux ou de subventions.
C’est que le secteur, qui a contribué au Fonds Covid-19 par un apport de 9 milliards de DH, a subi en parallèle le choc de la crise. Un choc qui a provoqué parfois, l’arrêt total comme ce fut le cas de la RAM dont la perte mensuelle de chiffre d’affaires est estimée à 1.058 millions de DH.
Les EEP les plus impactées ont été justement celles du transport : RAM, ONCF (280 millions de DH de perte mensuelle de CA), ONDA (307 millions de DH), ADM (176 millions de DH). Pour l’ONEE, il s’agit de 442 MDH/mois.
D’autres EEP ont subi un impact dont l’ampleur n’a pas été révélée : SNRT et 2M-Soread (baisse du chiffre d’affaires publicitaire) ; Marchica Med ; SGPTV (société de gestion du port de Tanger ville).
Bientôt un protocole avec la RAM: "les actionnaires assumeront leurs responsabilités"
Pendant la crise, l’Etat a assuré un accompagnement ciblé des EEP à enjeux tout en identifiant les impacts et les besoins d’appui gouvernemental (prêt relais, emprunt obligataire, garanties, mobilisation des financements par les actionnaires, cession d’actifs…) : RAM, ONEE, ONDA, ONCF…
Dans le cas de Royal Air Maroc, M. Semmar annonce que les discussions se poursuivent avec la RAM. Ce qui est certain, c’est que les actionnaires, Etat et Fonds Hassan II, vont assumer leurs responsabilités, “soit par la garantie, soit par la dette, soit par les fonds propres“.
LA RAM aussi est invitée à “agir sur ses coûts, sa qualité, sa compétitivité“. Ces discussions ont pour objectif la finalisation d’un protocole entre la RAM, le Fonds Hassan II et les deux ministères de tutelle pour le sauvetage de la compagnie.
>>La présentation de Abderrahmane Semmar peut être feuilletée ou consultée ici
Dans le cadre de l’accompagnement et du soutien aux EEP, M. Semmar a rappelé la création du premier fonds de garantie dédié leur permettant de lever de nouvelles ressources financières nécessaires au renforcement de leurs financements permanents et leur assurer un développement soutenable et durable de leurs activités. Il annonce également une réforme institutionnelle du système national de garantie porté par la CCG, et dont le texte sera présenté avec le projet de Loi de Finances rectificative.
Fonds d'investissement public (PPP)
Enfin, il a rappelé la création du “fonds d’investissement public“ dont la création a été annoncée par Benchaâboun. Ce fonds constituera un instrument qui permettra, également, dans le cadre de PPP (partenariat public privé), de booster les investissements privés autour de projets viables économiquement et à forte valeur ajoutée avec une déclinaison sectorielle, régionale ou thématique.
Pour ce qui concerne les délais de paiement par les EEP, un nouveau mécanisme est en cours de finalisation. Il s’agit du paiement direct (aux TPME) par l’Etat des dettes de certains établissements publics subventionnés, “si nous considérons que les procédures de ces établissements publics ne sont pas efficaces“. Pour les EEP “qui ont des problématiques de dettes“, l’Etat pourra “procéder à des paiements indirects via un consortium de banques“. Ces deux nouveaux mécanismes sont “finalisés“ et seront présentés prochainement.
Enfin, autre bonne nouvelle : concernant la préférence nationale, “il y aura prochainement une annonce d’encouragement aux entreprises marocaines“.
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