La crise du Covid a permis une prise de conscience environnementale (experts)
La pollution de l'air a significativement diminué avec le confinement mais le redémarrage de l'économie aura un impact environnemental. Quoiqu'il en soit, cette crise a permis une prise de conscience environnementale au niveau mondial.
Le sujet a été traité, vendredi 5 juin, par des experts lors d'un webinaire sous le thème "le temps de la nature", organisé par le groupe OCP à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement.
Aymane Cherkaoui, Strategic Development Officer à la Fondation Mohammed VI pour la protection de l'environnement, estime qu'"il est encore tôt pour mesurer précisément les effets du confinement sur l'environnement".
Pour sa part, Hanan Hanzaz, représentante Maroc de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), explique qu'"il y a eu un déclin de l'activité économique depuis le début de la crise covid-19. Plusieurs entreprises ont donc été contraintes de fermer leurs portes. Le redémarrage de l'activité industrielle sera accompagné par une grande consommation des ressources, notamment de l'énergie, et il faut s'attendre à un impact sur l'environnement".
"La crise du covid-19 a réinitié le débat sur la relation de l'Homme avec son écosystème naturel. Il y a une importante prise de conscience environnementale. Les industriels devront à présent trouver un équilibre entre leurs activités et la nature", a déclaré Hassan Belguenani de l'Agence française de développement au Maroc.
Hanane Mourchid, Senior Vice president Sustainability platform à OCP, a indiqué de son côté que "le covid-19 a été une occasion pour cogiter autour des business models". Elle a également relevé "la grande capacité de l'humain à s'adapter aux différentes situations".
Depuis le début de l'état d'urgence sanitaire, "nous avons assisté à la mise en place de plateformes de vente en ligne, à la reconversion de certaines entreprises dans la livraison à domicile pour relier un consommateur qui a besoin d'un produit sans pouvoir se déplacer et un vendeur qui ne peut plus écouler sa marchandise... Les gens sont donc prêts à s'adapter selon les situations."
La stratégie environnementale d'OCP
Ce webinaire a été l'occasion de dresser le bilan de la stratégie environnementale d'OCP. Cette stratégie peut servir d'exemple aux industriels pour réduire leur emprunte environnementale.
"Le groupe OCP a complètement modifié son business model pour réduire son empreinte carbone. Durant les six dernières années, notre empreinte carbone a augmenté de 17%, alors que notre production a triplé, passant de 4 millions de tonnes d’engrais à 12 millions de tonnes", a souligné Mme Mourchid.
"Aujourd'hui, 86% de l’énergie propre que nous consommons est essentiellement constituée de la cogénération, c’est-à-dire de la chaleur et l’énergie que nous récupérons dans nos installations de production et que nous transformons en électricité pour satisfaire nos besoins internes. Mais une bonne partie provient également de l’énergie éolienne qui alimente à 100% trois mines du groupe".
"L’énergie est l’une de nos priorités", poursuit Mme Mourchid. "Dans le cadre du programme de l’économie circulaire mis en place par OCP, notre but est d’arriver à 100% de consommation d’énergie propre d’ici 2030. Nos leviers sont la récupération de la chaleur, le développement de nouvelles unités de récupération, l’efficacité énergétique, la certification de nos installations, et surtout le développement des énergies renouvelables, notamment le solaire".
"En complément du volet énergie, nous travaillons sur l’adaptation aux changements climatiques, avec l'eau comme question principale. L'OCP a pour objectif d’arriver à couvrir ses besoins à 100% avec de l’eau non conventionnelle. C’est-à-dire que l’eau que nous consommerons ne viendra que d’eaux usées urbaines que nous traiterons et récupérerons dans nos installations. Actuellement, nous sommes à 30% de notre objectif. Nous avons construit trois unités de traitement d’eaux usées à Youssoufia, Benguerir et à Khouribga, et d’autres sont en cours".
"A tout cela s'ajoute le projet du pipeline qui a changé toute la logistique du groupe OCP. Pendant des années, nous avons acheminé les phosphates de la mine de Khouribga à la plateforme de Jorf Lasfar en utilisant le transport ferroviaire. Le pipeline nous a permis d’éliminer les trains et donc d’éliminer l’empreinte CO2 qui venait du transport mais aussi l’empreinte carbone qui venait du séchage des phosphates. Aujourd'hui l’eau que nous utilisons pour laver les phosphates est récupérée dans le pipeline et est réutilisée dans des installations de production".
"Le pipeline a permis d'éviter 300 mille tonnes de CO2 par an, et de récupérer 1,5 million de m3 par an. Lorsque le pipeline sera utilisé à 100%, nous arriverons à éviter jusqu’à 1 million de tonnes de CO2 par an".
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