L'enseignement à distance, pas aussi efficace que cela
Motivation des élèves, implication et satisfaction des parents... Voici ce qu'a relevé le HCP sur le télé-enseignement durant le mois d'avril, dans le cadre d'une enquête sur l'impact du Coronavirus au Maroc.
Le HCP a publié, ce mardi 19 mai, les premiers résultats d’une enquête portant sur l’impact du coronavirus sur la situation économique, sociale et psychologique.
Menée par voie téléphonique, compte tenu des circonstances actuelles, cette enquête a été réalisée du 14 au 23 avril, sur "un échantillon représentatif des différentes couches socio-économiques" de 2.350 ménages.
Elle porte sur 6 volets différents dont les rapports au système d’enseignement et de formation pendant le confinement.
"Les enfants ne suivent pas les cours à distance dans un ménage sur 5"
Depuis la suspension des cours le 16 mars 2020, à cause de l’état d’urgence sanitaire, les enfants scolarisés suivent leurs cours à distance, à travers les différents moyens numériques mis à leur disposition (plateforme en ligne, chaînes TV).
Les chaînes nationales de télévision dédiées aux cours à distance ne représentent pas le canal le plus utilisé par les élèves (du primaire au secondaire). Ce sont les réseaux sociaux qui détiennent la première place.
En effet, selon l’enquête du HCP "les réseaux sociaux sont les canaux les plus utilisés pour suivre les cours à distance : 40% des ménages avec des enfants au primaire, 44% au collège et 46% au secondaire". Les vidéos éducatives sont les moins utilisées.
L’enquête menée par le HCP révèle que tous les élèves et étudiants ne suivent pas les cours à distance, pour diverses raisons.
En effet, "dans un ménage sur cinq, les enfants scolarisés ne suivent pas les cous à distance ".
Dans 21% des ménages, les enfants scolarisés au primaire ne poursuivent pas les cours à distance et 31% les suivent de manière irrégulière.
Ce sont les élèves du secondaire qui sont les plus réguliers dans le suivi des cours à distance (pour 69% des ménages), suivis des étudiants de l’enseignement supérieur (56%).

Par ailleurs, le HCP soulève une différence entre le secteur privé et le public en matière de régularité du suivi des cours.
En effet, les plus réguliers sont les élèves du secteur privé, scolarisés au primaire (81%) et au collège (84%). Tandis que dans le secteur public, les élèves du primaire ne sont réguliers dans le suivi des cours à distance, qu’à 42% et ceux du collège à 48%.
Autre différence, 29% des enfants ne suivent pas les cours en milieu rural contre 13% en milieu urbain.
"Dans 25% des ménages, les enfants scolarisés au primaire ne sont pas assistés"
Le fait de ne pas suivre les cours durant cette période d’état d’urgence sanitaire, peut être expliqué de différentes façons. Il peut s’agir du "manque ou de l’insuffisance de canaux d’accès à distance" ou encore d’un manque d’intérêt ou d’assistance, étant donné que les élèves, désormais confinés, ne bénéficient pas d’un cadre éducatif comme en classe.
La première raison (manque ou insuffisance des canaux) est surtout invoquée par les ménages en milieu rural ainsi que "les ménages pauvres".

Quant au manque d’assistance, l’enquête du HCP a révélé que dans 25% des ménages, les enfants scolarisés au primaire ne sont pas assistés. Cela dit, parmi les parents qui assistent leurs enfants scolarisés au primaire, seuls 36% le font régulièrement.

Certains parents ont du mal à assister leurs enfants et cela contribue à leur insatisfaction quant à l'opération d'enseignement à distance. De plus, certains ménages déplorent le manque ou l'insuffisance des moyens TIC appropriés (23,4% pour les élèves scolarisés au cycle primaire, 28,4% pour le cycle collégial et 24,4% pour le secondaire).
Mais la raison d'insatisfaction la plus pointée du doigt est "le manque d'interactivité avec le corps enseignant".

Motivation des élèves chez la moitié des ménages
Malgré les difficultés d’adaptation et de concentration entre autres, la moitié des ménages, objet de cette enquête, "considèrent que leurs enfants scolarisés sont motivés par le suivi des cours à distance".
Certains sont désintéressés : 15% pour les élèves du primaire, 10% du cycle collégial et 7% du secondaire.

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