La RAM se prépare à lever de la dette avec la garantie de l'Etat (Addou)
Dans un exercice nécessaire, le PDG de la RAM Abdelhamid Addou prépare le personnel de la compagnie à une période difficile "de ruptures" et de sacrifices. La compagnie a perdu 60% de son trafic en mars et 100% en avril.
Les pertes de chiffre d'affaires s'élèvent à 50 millions de DH par jour. Il faudra 3 ans pour revenir au niveau de 2019.
Addou annonce que pour faire face aux obligations du mois de juin et de la période suivante, la compagnie va lever de la dette, avec la garantie de l'Etat, à l'instar de ce qui se fait dans le monde.
Il annonce qu'un plan sera mis en place prévoyant "des sacrifices importants, et réduire la voilure de manière drastique. Nous devons aussi changer notre manière de travailler et revoir nos coûts et nos charges fixes de manière forte et pérenne, afin d’être plus compétitif et plus agile. Cette reprise nécessitera un plan clair."
Après la solidarité, vient le temps des sacrifices. Il en va de la RAM comme du reste de l'économie. Du Maroc comme du reste du monde.
Voici quelques extraits de la lettre de Addou au personnel de la RAM, publiée en primeur par Le Desk.
"[Extraits] Durant cette crise, ma préoccupation première a été votre sécurité. (...) Nous avons aussi lancé ensemble un plan d’austérité drastique, visant la pérennité des emplois sur le court terme. Grâce à ce plan, nous avons maintenu les fondamentaux de la compagnie, reporté des dépenses non essentielles, renégocié des contrats et des délais de paiement… Cela nous a permis de respecter nos engagements sur Mars, Avril et Mai. Juin nécessitera néanmoins un apport important, en termes de cash-flow. A l’instar de beaucoup de compagnies aériennes, nous pourrons lever de la dette garantie par l’Etat, pour faire face aux engagements du mois de Juin.
(...)
"Pour notre compagnie, la fermeture a concerné très rapidement l’ensemble du réseau, l’impact sur le trafic a été violent avec une baisse respective de 60% en mars et 100% en Avril, par rapport à l’année dernière, après une forte croissance à deux chiffres, entre Novembre et Février. Les pertes en chiffre d’affaires s’élèvent à 50 millions de dirhams par jour.
(...)
"La reprise se fera dans la durée, sur une période minimale de 36 mois, avant de retrouver un réseau comparable à 2019. La route sera donc longue et pleine de turbulences, notamment en termes de contraction de la demande mondiale et des financements. Nous serons dès lors amenés à faire des sacrifices importants, et réduire la voilure de manière drastique. Nous devons aussi changer notre manière de travailler et revoir nos coûts et nos charges fixes de manière forte et pérenne, afin d’être plus compétitif et plus agile.
"Cette reprise nécessitera un plan clair, basé sur les prévisions publiées par IATA ainsi que les cabinets de conseils mondiaux. Ceux-ci évaluent la demande sur les prochaines années sur la base d’hypothèses diverses, faute de visibilité concrète. Ces études ne sont en rien différentes de celles préparées par nos confrères, elles se basent sur les mêmes hypothèses, et proposent les mêmes plans de sortie de crise, avec l’implication forte des actionnaires et Etats.
"Un soutien matériel sera donc nécessaire pour redémarrer notre activité. Les discussions sont en cours avec l’Etat, depuis le début de la crise. Nous travaillons étroitement avec plusieurs membres du gouvernement, afin de préparer une ébauche de plan de reprise à même de garantir la pérennité de notre entreprise à long terme.
"Plusieurs scénarii sont sur la table, en termes de niveau et de délais de redémarrage de l’activité. Une direction sera validée par les actionnaires, à même de nous garantir leur soutien. Par la suite, nous mettrons en place des réunions de partage et de concertation avec les partenaires sociaux afin de finaliser au mieux le plan de reprise dans l’intérêt de nos employés et de notre entreprise, au service de notre pays. Nous chercherons à préserver au maximum l’emploi tout en garantissant la pérennité financière de la compagnie, et cela dans un environnement concurrentiel des plus agressifs, entre low costs européennes et compagnies aériennes africaines, face à une demande en fort repli.
"Nous devons mettre toute démagogie de côté, garder la tête froide et avoir l’humilité nécessaire pour finaliser ensemble le plan de sortie de crise. Chacun son rôle, son expertise, et sa mission."
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