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Fitch révise à la baisse la note d'OCP en lien avec le contexte de crise

La notation d'OCP révisée par Fitch, principalement en lien avec la note souveraine et avec le contexte national et international Covid-19. Le marché international des engrais sera probablement plus résilient que les prévisions des analyses de Fitch.

Fitch révise à la baisse la note d'OCP en lien avec le contexte de crise
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Le 14 mai 2020 à 7h05 | Modifié 11 avril 2021 à 2h46

Après avoir révisé la note souveraine du Maroc en changeant la perspective de stable à négative, l'agence Fitch rating révise la note d'OCP de BBB- avec perspectives stables à BB + perspective négative. Les raisons invoquées sont liées aux liens avec l'Etat, au contexte de Covid et à l'engagement d'OCP dans l'effort financier général, aux perspectives du marché international tel qu'il est analysé par cette agence.

Fitch rappelle néanmoins, dans son rapport, que la note "reflète un profil business solide soutenu par l’intégration verticale du groupe OCP, sa compétitivité en termes de coûts, l’importance des réserves détenues ainsi que par sa position de leader sur le marché des phosphates".

Un seul ratio de crédit

La méthodologie utilisée par Fitch juge le bilan du groupe à la lumière d’un seul ratio de crédit, le levier ajusté FFO/Dette (Funds from operations). Fin 2019, le groupe OCP était en franchissement du seuil maximal de ce ratio en raison principalement des conditions de marché dégradées.
Cette dégradation a partiellement été compensée par le plan d’investissement contra-cyclique qui a largement renforcé les capacités de production du groupe et sa compétitivité en termes de coûts, lui permettant de consolider sa position de leader du marché des phosphates.
En outre, l’horizon de notation de Fitch se situe à fin 2023 et ne prend en compte que la phase d’investissement dans le creux du cycle et non le rebond engendré par les investissements continus du groupe.

Perspectives d’évolution à la baisse du marché des engrais

Dans un contexte global de bas de cycle, l’agence de notation Fitch projette une diminution de plus de 10% de ses hypothèses du prix de la tonne d’engrais à horizon 2022. La crise Covid-19 a pourtant révélé que l’industrie des engrais était parmi les secteurs à avoir démontré le plus de résilience. Cette hypothèse est en fait discutable.

Depuis le début de la crise, de nombreux gouvernements ont reconnu le caractère critique du secteur des engrais, mettant en oeuvre les politiques nécessaires pour
garantir le bon fonctionnement de la chaîne d'approvisionnement. Sans les engrais, la sécurité alimentaire mondiale est impossible. Citons à ce titre l’Argentine, l’Australie, la Belgique, la Chine, la Côte d'Ivoire, la France ou encore l’Inde. Ces pays représentent ensemble environ 60% de la consommation mondiale d’engrais et comprennent certains des plus grands producteurs et exportateurs de produits alimentaires au monde.
Selon nos sources, la demande auprès des clients d’OCP se maintient à un niveau normal et les différentes unités du groupe opèrent à pleine capacité pour satisfaire les carnets de commandes qui se remplissent à un rythme régulier.
Le secteur des engrais sort progressivement d’un bas de cycle du fait d’un déséquilibre offre/demande, qui devrait se résorber à moyen terme grâce à une croissance continue de la demande mondiale. Les prix des engrais devraient connaître une hausse progressive sur les années à venir. Cette hausse, combinée à l’augmentation de la capacité de production du groupe OCP, après la réalisation de la première phase de son programme d’investissement destiné à augmenter les capacités et à réduire les coûts, devrait permettre une hausse des performances commerciales et financières du groupe sur les prochaines années.

L’engagement d'OCP pour soutenir l’économie nationale

Fitch intègre dans son appréciation le soutien d’OCP à l’effort national contre le Covid-19, estimant qu’il ajoute à la pression sur ses ratios. OCP a versé 3 milliards de DH au Fonds Covid-19.

Evolutions des notations des autres émetteurs du secteur Agriculture & chemical

Depuis mars 2020, Fitch a dégradé de Investment Grade à sous Investment Grade près de 20 émetteurs concernant un montant total de dette de $150mds. L’agence estime de $200mds à $300mds la quantité de dette notée Investment Grade risquant d’être dégradée en sous Investment Grade au cours des prochains mois, conférant à la seconde vague de dégradation une magnitude plus forte que celle de la première.
En particulier, dans le secteur de la chimie, les agences de notations ont dégradé de nombreux acteurs depuis le début de la crise du Covid-19 : S&P a dégradé 20 émetteurs (30 émetteurs ont vu leur perspective dégradée en perspective négative), Fitch a dégradé la notation de 18 émetteurs et Moody’s a dégradé 34 émetteurs du secteur de la chimie.
Dans le secteur des engrais en particulier, OCP a été plus résilient que ses pairs. En effet, OCP a maintenu son rating BBB- depuis 2012 alors que ses concurrents ont connu une première vague de dégradation en 2016.

Notation Investment grade et résilience du modèle OCP

Le groupe dispose toujours d’une notation Investment Grade par Standard & Poor’s qui vient de confirmer la notation du souverain à BBB-, Stable.

Les investissements d’OCP dans ses capacités permettent d’avoir une flexibilité importante sur son mix produit, - roche, acide phosphorique, et engrais- et d’autre part, ils permettent au groupe de capter la demande additionnelle qui s’exprime dans certaines régions, notamment au Brésil et en Europe. En 2019, en dépit de conditions de marché peu favorables, OCP a enregistré une performance financière parmi les plus solides du secteur des engrais.

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Le 14 mai 2020 à 7h05

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