Pénurie de poisson sur le marché marocain à cause de l'épidémie Covid-19
L’épidémie de Covid-19 touche de nombreux secteurs d’activité, notamment celui de la pêche. Les pêcheurs ne sortent plus en mer depuis quelques semaines et le poisson se fait de plus en plus rare dans les marchés et les grandes surfaces.
Le secteur de la pêche est en souffrance à cause de l’épidémie de coronavirus. L'information nous a été confirmée par plusieurs sources du secteur de la pêche.
"La richesse biologique des eaux marocaines se compose des ressources pélagiques et des espèces démersales chalutables", nous explique une source bien informée du secteur.
Les ressources pélagiques représentent le principal potentiel halieutique du Maroc, puisqu'elles contribuent avec près de 80% à la production nationale et assurent l'approvisionnement des unités de transformation et du marché intérieur. "La pêche de ce type de poisson, qui regroupe entre autres la sardine, les anchois et le maquereau, se fait durant la nuit. Ce qui pose un grand problème aux pêcheurs".
"Il est à noter que la majorité des poissons au Maroc provient du sud du pays, où les ports de pêche se trouvent à plus de 30 km des villes. Il est donc difficile pour les pêcheurs de se déplacer le soir, avec les mesures d'urgence sanitaires et le confinement mis en place par le gouvernement. Il n'y a pas de transport et on ne peut pas mettre à leur disposition des autobus pour les transporter."
"Pour les espèces démersales, la pêche se fait durant la journée. Mais depuis le début du confinement, ces produits se vendent de moins en moins, surtout pour ce qui est du poisson noble. Ce type de poisson est destiné notamment aux grands restaurants, qui ont fermé leurs portes depuis quelques semaines. Il est également exporté à l'étranger par avion. Depuis la suspension de tous les vols au Maroc, les chalutiers vendent ces poissons à des prix inférieurs à la normale, ce qui ne permet même pas de couvrir leurs frais directs", ajoute notre source.
L'activité reprend progressivement
La pénurie de poisson nous a également été confirmée par le président de la Chambre maritime de l’Atlantique-nord, Kamal Sabri.
"Au début de l'épidémie, les bateaux sont restés aux ports et les pêcheurs avaient peur. Les gens ne savaient pas comment s’y prendre."
"A présent, l'activité reprend progressivement, et dans de bonnes conditions. On essaie d'encourager les armateurs à reprendre du service en mettant en place les mesures nécessaires de sécurité."
Parmi ces mesures: "la désinfection des bateaux et le confinement des marins à bord des navires. On essaie de diminuer la circulation des marins en ville ainsi que le contact avec les autres citoyens, pour éviter tout risque de contamination".
Concernant la disponibilité, M. Sabri nous confie que "les ressources sont disponibles en mer. Toutefois, l’exploitation doit s’organiser". Il y a également le retour des bateaux de la pêche hauturière, qui disposent de grands stocks de poissons congelés. Ces stocks, qui sont normalement destinés à l’export, seront à présent consommés localement."
Qu'en est-il des prix? D'après notre source: "il n’y a pas de flambée des prix. Les prix sont stables et il n'y aura pas de changement au mois de Ramadan. Les prix dépendent de l’offre et de la demande. Les ressources sont là, il n’y a donc aucune raison pour que les prix augmentent".
Fishop, une poissonnerie qui dispose de nombreux points de vente à Casablanca et qui propose un service de livraison à domicile, a pour sa part constaté une légère hausse des prix depuis le début du confinement, ainsi qu'une demande en hausse. "Avant les gens mangeaient dehors. Ce n'est plus le cas à présent. Tous les repas se font à la maison. En plus, avec l’arrivée du mois de Ramadan, les ménages font leur stock."
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