Covid-19 au Maroc. Le pic probablement fin avril ou début mai (Pr Berraho)
Mohamed Amine Berraho est un médecin épidémiologiste marocain reconnu. Il analyse ci-dessous les derniers chiffres de la propagation du Coronavirus au Maroc et, avec prudence, estime que le pic pourrait intervenir entre fin avril et début mai.
Médecin - Professeur d'enseignement supérieur en Epidémiologie Clinique.
Faculté de Médecine et de Pharmacie. Université Sidi Mohammed BenAbdellah - Fès.
Médias24 : Faut-il s'inquiéter de cette hausse du nombre de cas quotidiens ? On a l'impression qu'il s'agit d'une accélération ?
Mohamed Amine Berraho : A partir du 27 mars, nous avions constaté un ralentissement de la vitesse d’apparition des nouveaux cas. Ce ralentissement était directement lié à l’effet des mesures de distanciation sociale et de confinement instaurées au Maroc depuis mi-mars et il nous a permis de gagner du temps pour un renforcement des actions de lutte et de maîtrise de l’épidémie.
L’analyse des données épidémiologiques du 03 au 05 avril, montre une accélération de la vitesse d’apparition des cas. Cette accélération continuerait fort probablement jusqu’au 6-7 avril.
Cette accélération pourrait être liée, en partie, à un effet du confinement. En effet, le confinement permet d’observer un ralentissement de la vitesse de l’épidémie lié à une diminution de la transmission communautaire mais paradoxalement, on peut s’attendre pendant quelques jours à des foyers familiaux liés à l’augmentation du risque de transmission dans les foyers lié au confinement. Mais il n’est pas exclu que cette accélération, en partie liée à l’apparition de foyers familiaux, cacherait une vraie accélération de la vitesse communautaire liée à d’autres facteurs.
L’évolution de l’épidémie les prochains jours permettrait de vérifier cette hypothèse !
-Quand pensez-vous que nous atteindrons le pic ?
-Il est très difficile de prédire avec précision la date du pic pour plusieurs raisons.
En effet, le confinement au Maroc est partiel et progressif et on ne connaît pas avec précision la part de la population non confinée et la cinétique de ces déplacements et contacts.
L’évolution de l’épidémie dépend aussi de la nature et de l’efficacité des mesures misent en place. Ces dernières sont évolutives en fonction de l’évolution de l’épidémie. Autre élément à tenir en compte, l’adoption et le respect des mesures d’hygiène et des mesures barrière par la population qui sont difficiles à mesurer en cette phase de l’épidémie.
Ceci dit, selon les données épidémiologiques dont on dispose et selon les modélisations mathématiques de l’évolution de l’épidémie on peut prédire, avec un degré de probabilité raisonnable, qu’on pourrait observer le pic entre la dernière semaine d’avril et la première semaine de mai.
-Le nombre de décès n'est-il pas trop élevé au Maroc ?
-Ce qu’il faut interpréter, c’est la létalité et non pas seulement le nombre de décès.
La létalité est le nombre de décès liés au covid-19 (numérateur) rapporté au nombre de cas covid-19 (dénominateur) pendant une période de temps. Les différents taux de létalité, mesurés dans les différents pays où l’épidémie a commencé bien avant le Maroc, montre une grande variation.
Alors que le nombre de décès liés au covid-19 est précis, le nombre de cas covid-19 est très variable. En effet, cette variabilité peut être expliquée en partie par la capacité des différents pays à détecter les sujets malades covid-19 même en absence de symptômes. plus cette capacité est grande, plus le nombre de cas covid-19 augmente (dénominateur) et ainsi la létalité diminue.
D’autres facteurs pourraient expliquer cette variabilité : la part des sujets âgés dans la population, l’existence de comorbidité (maladies cardiovasculaires, diabète etc.) chez les patients covid-19, la gravité de la maladie covid-19 à la réception dans les structures de soins, etc.
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