Maroc: “Le virus ne peut plus être stoppé, mais on peut encore sauver des vies”
Un article très intéressant qui apporte un éclairage scientifique sur l'évolution de la situation au Maroc. Il est publié sur le portail de l'association Tafra. L'auteur de l'article est enseignant-chercheur aux Etats-Unis.
Le Marocain Youssef Oulhote, docteur en épidémiologie et biostatistique, enseignant-chercheur à l’Université du Massachusetts et à l’École de santé publique de l’Université de Harvard aux USA, suit de près l'évolution de la pandémie de Coronavirus ainsi que la situation au Maroc. Il publie une contribution sur le sujet sur le portail du Centre de recherche Tafra.
Oulhote estime que le nombre de cas réels au Maroc dépasse probablement de 10 à 100 fois le nombre de cas déclarés car ce dernier reflète plutôt le nombre de tests réalisés. Le facteur de 10 à 100 fois nous paraît très discutable en l'absence d'étude. Mais l'affirmation selon laquelle tous les cas réels n'ont pas été détectés est une évidence. Les seuls contrôles effectués jusqu'à il y a quelques jours ne concernaient que les arrivées aux frontières et les personnes qui se sont spontanément présentées aux services de santé et qui ont été déclarées positives.
Le plus important dans cet article n'est pas l'estimation chiffrée. A ce stade, elle est impossible. D'ailleurs, l'intervalle de 10 à 100 montre bien l'impossibilité de le faire.
Par contre, l'épidémiologiste souligne que "l’objectif n’est plus de contenir le virus, mais de retarder sa transmission". Il table sur une "explosion de cas dans les semaines à venir et estime qu'il y a déjà des transmissions communautaires. En d'autres termes, que les cas ne sont pas tous importés.
Voici quelques points de cet article:
- Le Covid-19 (nom de la maladie) est beaucoup plus dangereux que la grippe saisonnière.
- Si aucune mesure sérieuse n'était prise, la moitié de la population pourrait être affectée (bien sûr, ce ne sera pas le cas, au vu des mesures drastiques prises par le Maroc).
- "10% à 20% des personnes infectées devront être hospitalisées, selon les derniers chiffres venus de Chine et d'Italie". Jamais le système de santé marocain ne pourrait absorber un tel choc si des milliers de cas d'infection survenaient dans un laps de temps court.
- 10% des cas environ nécessitent une hospitalisation, dont "une partie significative aura besoin de soins intensifs et de ventilation". "Or, le Maroc ne dispose actuellement que de 30 000 à 40 000 lits d’hôpitaux", sans compter la pénurie de médecins et de personnels hospitaliers ainsi que l'insuffisance de matériel.
- "Les mesures préventives existent pour disperser la distribution des cas et ralentir (mais non pas stopper) la transmission".
Nous vous laissons découvrir par vous-même cet intéressant exposé.
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