Les parasites, un des principaux motifs de refoulement des poissons marocains
Une étude publiée en décembre 2019 révèle que le motif majeur des refoulements de poissons marocains, exportés vers les pays de l'Union européenne, est la présence de parasites.
L'étude a été réalisée par l'Institut agronomique et vétérinaire Hassan II de Rabat et le Centre spécialisé en pathologie des animaux aquatiques à l'INRH de Tanger. Elle est fondée sur une analyse des données historiques des notifications disponibles sur le portail RASFF, entre 1979 et 2019, en particulier les refoulements des produits de la pêche exportés du Maroc vers l’UE.
Le RASFF, pour rappel, est le système d’alerte rapide européen qui signale les problèmes relatifs aux produits agroalimentaires.
Le but de cette étude est d'évaluer l'ampleur du parasitisme des poissons dans le littoral méditerranéen et atlantique.
En effet, les résultats de l'étude ont montré que le motif majeur des refoulements des poissons marocains est la présence des parasites. L’ampleur du parasitisme est presque la même au niveau du littoral méditerranéen (31,1%) et l’Atlantique (32%).
Les nématodes (anisakis+acanthocéphales) occupent la majeure partie des parasites au niveau de l’Atlantique et de la Méditerranée, avec des prévalences respectives de 21,4% et 24,9%.
L'anisakis est un parasite qui peut infecter les êtres humains et provoquer l'anisakiase. Les symptômes de cette maladie comprennent généralement des douleurs abdominales, des nausées et des vomissements.
La larve plerocercoïde du cestode a été trouvée chez le sabre argenté, avec une prévalence de 8,3% au niveau de l’Atlantique.
L'analyse a concerné 1.678 pièces de poissons de différentes espèces dont 537 proviennent de l’Atlantique (port d’Essaouira et marché de gros de Casablanca) et 1.141 pièces de la Méditerranée.
En détail, au niveau du littoral méditerranéen, la recherche de parasites a concerné 1.141 poissons répartis en deux catégories d’échantillons, des poissons frais prélevés en 2019 et d'autres congelés, prélevés en 2018. Les échantillons à l’état frais provenaient du port de Tanger, Cap de l’eau et M’diq.
Au niveau du littoral atlantique, la recherche des parasites, effectuée entre février et juin 2019, a concerné 336 poissons, issus du port d’Essaouira. Au marché de gros de poissons de la ville de Casablanca, la recherche a concerné 201 spécimens appartenant à 29 espèces, pendant la période comprise entre mars et mai 2019.
Il est à noter que pour être contaminé, le poisson doit se nourrir de végétaux ou d'animaux porteurs de parasites. En effet, plusieurs espèces animales peuvent être porteuses de parasites et contaminer l’environnement du poisson par l’intermédiaire de leurs excréments qui contiennent parfois des œufs de parasite. Pour se développer, ces œufs infecteront le plancton, les petits crustacés, les escargots, etc. Si les poissons mangent de ces organismes, ils pourront être porteurs, à leur tour, de parasites.
Rappelons que le Maroc est l’un des plus gros producteurs de poissons au monde, et occupe la 13e place après le Chili, selon le rapport de 2018 de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture). Le volume de poissons exportés durant la même année, principalement aux marchés de l'Union européenne et au Japon, a atteint plus de 722.921 tonnes.
En 2010 et 2011, 82,8 tonnes de poissons en provenance du Maroc, sur un total de plus d'un million de tonnes de produits de la pêche débarqués dans 7 ports marocains, ont été refoulées.
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