Les Chambres de commerce entament leur mue pour devenir plus opérationnelles
Une étude en interne au département de tutelle devrait servir de base pour leur octroyer de nouvelles prérogatives. Des ressources budgétaires supplémentaires devraient suivre à terme.
Sortir les chambres de commerce, d’industrie et des services (CCIS) de leur léthargie et les transformer en instruments de développement régional dynamique, telle semble être la volonté du gouvernement. Le conseil de gouvernement vient d'adopter, dans cette optique, un projet de loi modifiant le statut de ces chambres pour leur attribuer de nouvelles prérogatives à même leur permettre d’avoir les coudées plus franches pour jouer un rôle dans le développement local et national.
Mais, avant même la modification de ces statuts, un travail de préparation a été entamé par le ministère de tutelle, concrétisé par la signature en 2018 d’une convention avec les 12 CCIS du pays. Convention qui s’articule autour de trois axes : l’amélioration en interne de la gouvernance, une offre de service et de prestations plus exhaustive et plus lisible, ainsi que l’élaboration de projets économiques structurants au niveau régional (parcs industriels, zones d’activité, et centre d’affaires...).
L’objectif avoué est de les rendre plus concurrentielles par rapport à leurs homologues étrangères présentes au Maroc qui sont plus entreprenantes.
De nouveaux services en cours d’amorçage
Le ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie Numérique, Moulay Hafid Elalamy, a tenu lundi 16 décembre 2019 une réunion avec les présidents de ces chambres au siège de l’OMPIC. Cette réunion fut consacrée à l’évaluation de l’état d’avancement du travail de chacune des 12 CCIS au niveau de l’exécution des termes de la convention signée il y a un an.
Au cours de cette réunion, le président de la CCIS de Casablanca-Settat, Yassir Adil, a annoncé que la CCIS de la capitale économique affiche un état d’avancement de 75% pour ce qui est de son plan de repositionnement.
En outre, explique le directeur régional de cette chambre, Abdelilah Tajmouati, nouvellement recruté pour piloter les transformations en cours et installer les structures opérationnelles attendues, la CCIS avait plutôt les mains liées en raison d’un budget minimaliste consommé pour 80% en salaires des employés et pour 20% pour le fonctionnement interne.
D’autre part, poursuit-il, toute action entreprise devait attendre l’aval et la validation du département de tutelle avant d’être mise à exécution. La chambre ne dispose pas par ailleurs de ressources propres pour mener ses actions, déplore-t-il. Au contraire des chambres étrangères qui soumettent leurs adhérents à une cotisation, et font payer les prestations qu’elles offrent, la CCIS est au service de tous les opérateurs sans contrepartie.
A cet égard, explique le Directeur régional, le ministre est conscient du fait que les CCIS doivent disposer de ressources propres. Il a donné des directives à ses collaborateurs pour lui soumettre une étude avant fin mars 2020 déterminant les prérogatives à donner aux CCIS qui devraient être considérées comme des antennes du département ministériel au même titre que ses délégations régionales. Ce qui devrait se traduire par l’octroi de ressources budgétaires plus consistantes à partir de 2021, espère le Directeur régional de la CCI de Casablanca Settat.
Selon Abdelilah Tajmouati, le ministre du commerce et de l’industrie entend s’inspirer de l’expérience italienne en matière de décentralisation de la décision, sachant que le tissu économique de ce pays est composé essentiellement de petites et moyennes entreprises.
En attendant, au niveau de la CCIS de Casablanca un certain nombre de chantiers de services sont en cours d’amorçage en direction des PME et PMI, des auto-entrepreneurs, des jeunes étudiants, etc. Ils s’appuieront sur des partenariats avec d’autres organismes comme l’ANPME pour l’accompagnement, Barid Al Maghrib pour l’enregistrement des auto-entrepreneurs. La CCIS de Casablanca-Settat est aussi en train de revoir sa politique de communication à travers les médias pour rendre ses actions plus visibles.
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