img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

N'hésitez pas à saisir le Conseil de la concurrence, voici comment et pourquoi

La réactivation du Conseil de la concurrence introduit une donne nouvelle sur le marché marocain: voici pourquoi vous avez intérêt, en cas de besoin, à avoir le réflexe conseil de la concurrence. Et comment le saisir.

N'hésitez pas à saisir le Conseil de la concurrence, voici comment et pourquoi
O.B.
Le 21 novembre 2019 à 16h01 | Modifié 11 avril 2021 à 2h44

Réactivé en décembre 2018 après la nomination de ses membres, le Conseil de la concurrence est une institution constitutionnelle chargée d’assurer l’équité et la transparence dans les relations économiques. Plus précisément, le Conseil est chargé, par la loi 20-13, des missions suivantes :

  • Analyser et réguler la concurrence sur les marchés;
  • Contrôler les pratiques anticoncurrentielles;
  • Contrôler les pratiques commerciales déloyales;
  • Contrôler les opérations de concentration économique et de monopole.

Pourquoi saisir le Conseil de la concurrence?

Le Conseil de la concurrence est compétent au vu de la loi pour se prononcer sur les pratiques anticoncurrentielles de certaines entreprises. Formellement interdites par la loi, ces pratiques ont généralement pour objet de restreindre l’accès au marché au profit d’un nombre très réduit d’entreprises afin qu’elles puissent contrôler les prix. Cela a des conséquences néfastes sur le pouvoir d’achat des consommateurs, mais aussi sur les petites et moyennes entreprises qui ne deviennent plus compétitives.

Un environnement concurrentiel n’offre pas uniquement des avantages pour les consommateurs. Les entreprises bénéficient également de la concurrence parce qu’elles se trouvent dans l’obligation d’améliorer continuellement leurs produits ou services afin qu’elles ne soient pas trop dépassées. Cette situation encourage donc l’efficience, la productivité et l’innovation.

Les entreprises marocaines sont aujourd’hui appelées à avoir le réflexe Conseil de la concurrence afin de dénoncer des pratiques anticoncurrentielles qui peuvent menacer leur survie et qui sont loin d'être rares au Maroc.

Comment saisir le Conseil de la concurrence

Les saisines faites par les entreprises doivent être envoyées par courrier avec avis de réception ou déposées directement au siège du Conseil, contre délivrance d’un récépissé. Chaque saisine doit être accompagnée au minimum des éléments suivants :

  • L'indication des dispositions légales dont le requérant allègue la violation ;
  • Une description des comportements susceptibles de constituer des pratiques anticoncurrentielles ;
  • Coordonnées du requérant ;
  • Identité des entreprises auxquelles le requérant impute ces pratiques.

La recevabilité ou non de la saisine est délibérée au sein de la Commission permanente qui est composée du président et de 4 vice-présidents. Si la saisine est déclarée recevable, le rapporteur général du Conseil désigne un rapporteur pour diriger l’instruction. L’irrecevabilité de la saisine est rendue dans une décision justifiée du Conseil.

En 2016, le Conseil de la concurrence a déclaré recevable une saisine du syndicat national des professionnels du transport affilié à la CDT à propos des prix du carburant. L'objet de la saisine concernait une suspicion d'entente sur les prix à la pompe, ayant "entraîné une hausse des prix après la libéralisation" intervenue en décembre 2015. La décision du conseil n'a pas encore été rendue.

Le déroulement de l’instruction

L’instruction et la procédure devant le Conseil sont contradictoires. Dans un premier temps, le rapporteur général notifie les griefs aux intéressés et au commissaire du gouvernement qui peuvent consulter le dossier sous réserve toutefois de quelques restrictions liées au secret des affaires. Ensuite, les parties en cause doivent fournir aux rapporteurs tous les documents qu’il juge nécessaires à l’instruction. Enfin, ce dernier élabore un rapport contenant l’exposé des faits et le notifie aux parties concernées et au commissaire du gouvernement.

A la réception du rapport, les parties peuvent formuler au conseil leurs observations dans un délai ne dépassant pas 2 mois. Ces observations peuvent être consultées par toutes les parties et le commissaire du gouvernement 20 jours avant la tenue de la session du conseil. 

Durant la session du conseil, les parties sont autorisées à y assister et à se faire aider par des conseillers juridiques de leur choix. Elles peuvent également demander à être entendues par le conseil. Ce dernier peut donner la parole à toute personne qui lui paraît susceptible de contribuer à son information.

Sur le sujet des carburants, le conseil avait notifié aux opérateurs de distribution des griefs qui concernent notamment des soupçons "d'actions concertées" et des "décisions de coalition" ayant pour "objet et pouvant avoir pour effet de restreindre le jeu de la concurrence sur le marché".

Quelles décisions le conseil peut-il prononcer?

En cas de constatation d’une pratique anticoncurrentielle, le conseil peut d’abord demander aux parties concernées la cessation de ces pratiques dans un délai précis et en imposant certaines conditions précises. L’entreprise concernée peut également proposer des engagements de nature à mettre un terme aux pratiques anticoncurrentielles. Le conseil peut les accepter ou les refuser.

En cas de non-respect des injonctions ou des engagements de la part de l’entreprise, le conseil peut lui infliger une sanction pécuniaire. Le montant de celle-ci est déterminé en fonction de l’importance du dommage causé à l’économie et de la taille de l’entreprise. La sanction est donc déterminée individuellement pour chaque entreprise, mais elle ne peut dépasser 10% de son chiffre d’affaires. Si le contrevenant n’est pas une entreprise, le montant maximum de la sanction est de 4 millions de dirhams.

Par contre, si la partie concernée ne conteste pas les griefs adressés par le rapporteur général, ce dernier peut proposer au conseil de se prononcer sur la sanction en tenant en compte l’absence de contestation. Dans ce cas, le montant maximum de la sanction est réduit à moitié. D'ailleurs, après l'ouverture d'une instruction au sujet d'une suspicion d'entente sur les prix à la pompe, le Conseil de la concurrence a adressé 8 griefs à 10 opérateurs dont 3 ont choisi d'opter pour la procédure de non-contestation

Une exonération totale ou partielle des sanctions peut être décidée par le conseil si l’entreprise concernée apporte des éléments d’information nouveaux qui contribuent à établir la réalité de la pratique anticoncurrentielle et à identifier ses auteurs.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
O.B.
Le 21 novembre 2019 à 16h01

à lire aussi

AFDAL lance un agent IA vocal dédié au crédit immobilier et cible l’automatisation du parcours emprunteur
Actus

Article : AFDAL lance un agent IA vocal dédié au crédit immobilier et cible l’automatisation du parcours emprunteur

La fintech marocaine AFDAL annonce le lancement d’un agent conversationnel basé sur l’intelligence artificielle, capable de réaliser à la voix des simulations de crédit immobilier et de délivrer une pré-approbation en temps réel. Déjà déployée auprès de plusieurs banques marocaines, la solution ambitionne d’automatiser une partie du parcours de financement de l’habitat.

Forum Inde-Afrique : Modi adresse une invitation solennelle au Roi Mohammed VI
Quoi de neuf

Article : Forum Inde-Afrique : Modi adresse une invitation solennelle au Roi Mohammed VI

Reçu jeudi 7 mai 2026 par Nasser Bourita, l’ambassadeur Sanjay Rana a transmis le message officiel de New Delhi pour l’IAFS-IV, prévu du 28 au 31 mai 2026 dans la capitale indienne, onze ans après l’édition de 2015 à laquelle le Souverain avait pris part.

Officiel : le Japon décide aussi de se rallier au plan d'autonomie marocain
DIPLOMATIE

Article : Officiel : le Japon décide aussi de se rallier au plan d'autonomie marocain

Quelques jours après le Canada, la puissance asiatique prend position en faveur du plan marocain comme "une solution des plus réalisables" au différend autour du Sahara. Un nouveau cap franchi par la première cause nationale.

Maroc-Mali : une mission du groupe OCP et de l’AMCI à Bamako pour renforcer la coopération agricole
Quoi de neuf

Article : Maroc-Mali : une mission du groupe OCP et de l’AMCI à Bamako pour renforcer la coopération agricole

Une délégation marocaine a été reçue le 6 mai 2026 par le ministre malien Ibrahima Samaké, avec pour objectif d’approfondir les partenariats dans le développement durable, la sécurité alimentaire et l’accompagnement des politiques publiques.

Fatim-Zahra Ammor : “Nous avons trouvé la recette, il faut continuer à l'exécuter jusqu'au bout”
Le 12/13 de Médias24

Article : Fatim-Zahra Ammor : “Nous avons trouvé la recette, il faut continuer à l'exécuter jusqu'au bout”

La ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, était l’invitée du "12/13" de Médias24. Entre bilan record et chantiers encore ouverts, elle a répondu sans détour aux questions sur la montée en gamme, le tourisme interne, la formation et les ambitions du Maroc à l’horizon 2030. Pour 2026, la ministre table sur 21 à 22 millions d’arrivées.

Maroc-USA : la coopération militaire au cœur d’un entretien entre l’inspecteur des FAR et le chef de l’AFRICOM
Quoi de neuf

Article : Maroc-USA : la coopération militaire au cœur d’un entretien entre l’inspecteur des FAR et le chef de l’AFRICOM

Les différents volets de la coopération militaire bilatérale, notamment les entraînements opérationnels et l’exercice African Lion, ont été au centre d’un entretien entre le général Mohammed Berrid et le commandant de l’AFRICOM, Dagvin Anderson.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité