Boycott de 2018: Le CESE pointe l'incapacité d'encadrement des partis
Le rapport annuel du Conseil économique, social et environnemental de 2018 revient sur les principales observations et leçons tirées du boycott d’avril 2018. Le mouvement a démontré l’existence d’un malaise social partagé, mais également l’incapacité des partis politiques à encadrer les nouvelles formes de contestation collective.
Le CESE a tenu, mardi 29 octobre à Rabat, une conférence de presse où Lahcen Oulhaj, membre du Conseil, a présenté le rapport annuel de 2018 qui a consacré un focus à la thématique des nouvelles formes de protestation collective. Ce focus vise, selon Ahmed Chami, président du CESE, à intégrer les nouvelles formes de protestation dans le débat public afin d’attirer l’attention des acteurs concernés sur cette problématique.
Plus précisément, le rapport s’intéresse à trois aspects:
- L’usage des réseaux sociaux et leur impact sur les structures politiques traditionnelles,
- La nécessité d’une combinaison entre démocratie représentative et démocratie participative,
- Une analyse du mouvement de boycott d'avril 2018 et les leçons retenues.
L’usage des réseaux sociaux affaiblit les partis politiques et les syndicats
Les réseaux sociaux font désormais partie de la vie quotidienne de beaucoup de Marocains. Cet usage croissant du digital participe à une prise de conscience des Marocains de leur pouvoir de mobilisation. Depuis 2011, les réseaux sociaux sont constamment utilisés pour alimenter les mobilisations collectives. Ils permettent en effet une transmission rapide et anonyme de l’information.
Mais ces nouvelles formes de communication évitent aux participants aux mobilisations, de recourir aux structures politiques traditionnelles, comme les partis politiques ou les syndicats. Il en résulte un affaiblissement des partis et des syndicats qui se trouvent dans l’incapacité d’encadrer ou orienter ces nouvelles formes de mobilisation.
Pour y remédier, le CESE recommande aux partis et aux syndicats d’améliorer leur fonctionnement et leur communication, et d’adapter leurs discours en fonction de l’évolution des besoins et des aspirations des citoyens.
Le boycott a démontré l’existence d’un malaise social généralisé
Le mouvement de boycott de trois marques de grande consommation, déclenché en avril 2018, a constitué une forme nouvelle de mobilisation collective. Il s’est démarqué par rapport aux formes de protestation traditionnelles sur 3 plans:
- L’absence d’un porte-parole officiel ou d’un leader,
- Il a permis aux boycotteurs de se sentir en position de force,
- La mise en avant d’une revendication claire: finir avec les interférences entre l’argent et le pouvoir.
L’implication d’une large partie de la population dans ce mouvement est révélateur de l’existence de dysfonctionnements majeurs au niveau de la régulation des marchés. Ces dysfonctionnements ont facilité la persistance du mouvement pendant des mois. Son expansion rapide révèle également l’incapacité du cadre juridique actuel à protéger les droits des consommateurs contre les abus du marché.
Pour éviter la reproduction d’une crise semblable, le CESE recommande de:
- Faciliter l’accès au statut d’utilité publique pour les associations de défense des droits des consommateurs,
- Promouvoir une coopération efficace entre le Conseil de la concurrence, l’Onssa, et les associations de défense des droits des consommateurs,
- Renforcer le cadre législatif de régulation des marchés afin d’assurer une concurrence plus saine.
Nécessité de renforcer les mécanismes de démocratie participative
Le renforcement des mécanismes de démocratie participative semble être, selon les rédacteurs du rapport, le seul moyen pour résoudre la crise de confiance des citoyens envers les institutions. Il s’agit en l'occurrence de faciliter les procédures d’exercice de l’initiative législative et du droit de pétition. Les conditions d’exercice de ces droits sont actuellement très lourdes et ne permettent pas une réelle participation des citoyens à la gestion de la chose publique.
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