Le Maroc négocie discrètement pour atténuer les effets du Brexit
Le Maroc est contraint de gérer les effets du Brexit et de négocier un nouveau cadre juridique pour ses échanges commerciaux avec la Grande-Bretagne.
La Chambre de commerce britannique a organisé, lundi 22 octobre, une rencontre sur la question du Brexit : « opportunités ou menaces pour le Maroc ». A l’issue des interventions et du débat, il était évident que personne ne pouvait apporter de réponse claire à cette question complexe et qui tient en haleine la communauté internationale, dont le Maroc, depuis le référendum de juin de 2016 par lequel le peuple anglais a exprimé sa volonté de voir la Grande-Bretagne sortir de l’Union européenne.
La seule certitude est que la sortie négociée (ou pas) de ce pays de l’UE va provoquer des chamboulements importants au niveau du commerce mondial avec des gains de parts de marché pour certains pays et des pertes pour d’autres.
Pertes potentielles estimées à 97 millions de dollars pour le Maroc
Selon une étude récente de la CNUCED publiée en avril 2019, largement diffusée, le Maroc fait partie du groupe des 20 pays africains qui perdra des parts de marché à cause du Brexit, perte estimée pour le Maroc à 97,1 millions de dollars. Ceci alors que l’Afrique du Sud verra ses exportations s’apprécier de 2,4 milliards de dollars.
Dans l’ensemble, les échanges entre le Maroc et la Grande-Bretagne progressent de manière régulière même s’ils restent encore modestes en valeur absolue : de 10 milliards de dirhams en moyenne annuelle dans les années 2000, il sont passés à 14 milliards en 2015-2016 et en 2017-2018. Le flux a continué de croître avec des exportations marocaines vers la Grande-Bretagne totalisant 6 milliards de dirhams et des importations provenant de ce pays atteignant les 10 milliards.
Le Maroc est de ce fait le 7e client pour le marché britannique et la Grande-Bretagne se classe au 7e rang des fournisseurs du Maroc. Les effets potentiels du Brexit sur les échanges entre les deux pays sont ainsi craints de manière forte par les opérateurs marocains et par les pouvoirs publics.
Le Maroc cherche un cadre d'association amélioré
En effet, le Brexit implique pour le Maroc dont le commerce avec la Grande-Bretagne est régi par l’accord d’association avec l’UE, de changer son fusil d’épaule et de négocier un autre cadre avec la Grande-Bretagne tout en conservant ses acquis et visant à les améliorer.
De son côté, la Grande-Bretagne est en train d’anticiper sa sortie en proposant aux pays tiers associés à l’UE de signer des accords commerciaux de continuation comme ce fut le cas avec la Tunisie il y a quelques mois.
A première vue, le Maroc ne semble pas vouloir se contenter d’un accord similaire. D’où les contacts qui vont bon train, même si c’est de manière discrète, pour aller vers un nouveau cadre juridique régissant les échanges entre les deux pays.
Des pistes sont explorées dans cette optique. A titre d’exemple, le Brexit va permettre au Maroc de se libérer de certaines contraintes imposées par l’accord d’association avec l’UE. C’est le cas pour ses exportations de produits agricoles soumis à des quotas. La visite à Londres du ministre marocain de l’Agriculture et de la Pêche maritime, en avril 2018, est interprétée par les observateurs comme un premier pas pour améliorer ce débouché pour les produits agricoles qui constituent l’essentiel des exportations marocaines vers ce pays.
Effets négligeables ou considérables ?
Les négociations pourraient aussi porter sur l’accord d’open-sky signé avec l’UE qui impose au Maroc un certain nombre de contraintes tout en constituant un levier pour les arrivées de touristes.
D’aucuns n’ont pas manqué de souligner pour rassurer les opérateurs marocains que tout compte fait, les effets du Brexit sur les échanges commerciaux entre le Maroc et la Grande-Bretagne demeurent partie négligeable au regard de leur volume. En outre, le Brexit négocié sera assorti d’une période de transition qui laisserait aux pays associés à l’UE le temps de renégocier leurs contrats commerciaux en cours et à venir. Mais ce qui parait négligeable pour les uns peut être vital pour les autres. Le Brexit n’est pas seulement une affaire de commerce.
À découvrir
à lire aussi
Article : Lahjajma : la future salle omnisports confiée à Inter Tredim et Optimaco
La SDL Casa Aménagement a fixé à 24 mois le délai d’exécution de cet équipement, intégré à un programme plus vaste comprenant notamment une piscine couverte, un marché et un parking souterrain. Ce marché de travaux tous corps d’état s’élève à 127,3 millions de dirhams.
Article : Ravitailleurs : le maillon manquant de l’aviation marocaine
Pilier discret mais essentiel de la doctrine de défense nationale, cette capacité conditionne la portée et la charge de combat des Forces royales air au-delà du territoire. Du Boeing 707 acquis en 1982 au kit KC-130H désormais hors service, jusqu’aux pistes de conversion d’appareils civils de RAM, retour sur les solutions envisagées.
Article : Stellantis lance la production de la plateforme Smart Car à Kénitra
Stellantis franchit une nouvelle étape dans le développement de son dispositif industriel au Maroc. Le groupe vient de lancer la production de la plateforme Smart Car dans son usine de Kénitra, qui accueillera notamment la fabrication des futurs Fiat Fastback et Grizzly. Leur lancement commercial est prévu à partir du dernier trimestre 2026.
Article : Blé tendre : la collecte cale, les importations attendront
Moins de 12 millions de quintaux avaient été engrangés au 15 juillet, contre un objectif compris entre 15 et 20 millions. Face à ce retard, la prolongation de la campagne est envisagée. L'ONICL tranchera le 24 juillet.
Article : Été : l’AM3D alerte sur les nuisibles et espèces venimeuses
Après 20.583 piqûres de scorpions et 405 morsures de serpents recensées en 2025, les professionnels appellent à éliminer les eaux stagnantes, les déchets et les amas de pierres autour des habitations.
Article : Export : les priorités de la nouvelle ASMEX
Réuni pour la première fois à Casablanca depuis l'élection de Sonia Mezzour à la présidence, le conseil d'administration de l'ASMEX a validé une feuille de route centrée sur l'élargissement de la base exportatrice marocaine, aujourd'hui limitée à 6.000 entreprises. Trois membres du nouveau bureau détaillent, dans le 12/13 de Médias24, le constat qui a guidé cette première réunion et les chantiers prioritaires du mandat.